DE L'ÉCHANGE DU CALORIQUE ENTRE LES CORPS
dans leur mouvenient. Donc, dans la détermination des percussions réciproques des atomes en rotation, on peut rapporter celles-ci à cet axe spontané et faire complètement abstraction du mouvement de translation.
2!" Le choc d'un corps en rotation se fait avcc toute la force qu*il possède mxv, dans le seul cas où la ligne de percussion passe par le centre de gravité, et, au contraire, toutes les fois que la percussion s'exercera d'une autre manière, on n'aura daulre percussion que celle qui est équivalente à une fraction de la
masse V
Celte fraction est fonction de la quantité nommée en mécanique moment d'itierlie du corps^ laquelle dépend essentiellement de la figure même de ce corps. Donc, si dans un mobile animé d'un mouvement de rotation, le moment d'inertie vient à varier, l'intensité de la percussion produite par un point donné de ce corps variera
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nécessairement. Élucidons ce pointa Taide d'un exemple, fig. il : supposons une verge en rotation dans un plan horizontal autour d'un axe vertical ; sur cette verge peuvent glisser très-librement deux boules traversées par elle, et retenues par un fil de façon à ce qu'elles restent en un point déterminé de la longueur de la verge ; le tout étant disposé comme on a coutume de le faire pour les expériences relatives à la force centrifuge. Si, pendant la rotation uniforme de Taxe, on coupe le (il réunissant les deux sphères, leur distance augmentera aussitôt, en même temps la vitesse angulaire de la verge diminuera, le moment d'inertie du système variera, et un corps frappé par un même point de la verge métallique avant, puis après la rupture du fil, aurait dans les deux
• Y(»yiz Poinsol, op, cit., p. 16 el OC, où il démonlrc que le choc innximiim a lieu lorsqu'il »*cxercc à une dislance de l'axe sponlanu égale au brns d'inertie du corps eslimc par rapport à ce même axe spontané.
ItCCHI. — FOUTES Pllf^^IQUES. — «* ÉDITION 0
ras reçu une impulsion différente. Supposons maintenant que les boules soient parfaitement libres d'abandonner la verge en rotation ; elles s^échapperont suivant la tangente, et le choc que pourrait produire la verge mobile sera encore autre que celui observé dans les deux cas précédents. Donc, afin d'obtenir le même effet de percussion dans les trois cas, il aurait fallu dépenser une quantité différente de travail pour mettre le système en mouvement, et on peut véritablement dire que dans ces diverses circonstances la capacité du système pour la force n'a pas conservé une valeur constante. On sait très-bien, dans la pratique, comment on obtient dans les machines une grande régularité de mouvement à l'aide du pendule conique, lequel, pour recevoir une vitesse de rotation déterminée, absorbe une quantité de force variable avec l'écartemcnt des boules et le changement du moment d'inertie. Appiiratioiib. Ainsi donc, Fintensité du choc exercé par un corps en rotation dépend non-seulement de la masse et de la vitesse, mais encore du moment d'inertie par rapport à Taxe spontané de rotation ; de même, l'intensité calorifique est fonction de la masse des molécules, de leur vitesse et enfm de la chaleur spécifique, ce dernier élément dépendant très-probablement et selon toute apparence du moment d'inerlie par rapport à l'axe spontané. Si les considérations développées présentement ne peuvent être regardées comme une explication complète des phénomènes observés dans les combinaisons chimiques et dans les changements d'état , elles jettent cependant un certain jour sur les particularités offertes par les diverses substances à mesure que leurs molécules acquièrent une plus complète liberté, ou tout au moins à mesure que faiblissent les liens qui les réunissent les unes contre les autres. Nous ne cherchons pas actuellement quelle est la nature de ces liens ; cette question sera examinée ailleurs. Dans tous les cas, on doit admettre comme évident que si les distances entre les atomes changent, les moments d'inertie des molécules changeront, et par suite il en sera de même de l'intensité des chocs qui produisent le calorique. Nous ne pouvons aller plus loin, car nous ne connaissons pas la forme des molécules, ni celle de leurs groupes. On voit par là quelles diiiicultés rencontre l'application des principes généraux de la mécanique aux cas particuliers de la constitution des corps. Hai^
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s'il ne nous esl pas donné de traiter acluellement des questions aussi délicates, il ne faut pas cependant en conclure que la mécanique nioiéeulaire des corps soit impossible à établir.
Jusqu'à présent, nous avons laissé de côté l'hypothèse de Texis- inaueiict» tence d'un milieu dans lequel les molécules du corps seraient im- ciuérée mergées, et dont elles entraîneraient une partie dans leurs mouvements, suivant les partisans des tourbillons moléculaires. Si Ton admet l'existence de ce milieu, son action pourra être regardée comme équivalente au travail passif attribué aux forces moléculaires dans la théorie ordinaire. Lorsque plusieurs tourbillons se réuniront en un seul, le moment d inertie, et, par suite, la rotation du système, seront évidemment modifiés. On voit donc que les considérations développées plus haut sont vraies pour tous les systèmes. À présent, il n'est pas à propos d^examiner ces suppositions, car la théorie mécanique est complètement indépendante des hypothèses causales qui ont été suggérées par des phénomènes d'un autre ordre.
Donc pour nous résumer et conclure nous pouvons reconnaître né»um<î. comme une loi limite naturelle que les différents atomes matériels, présentent une égale capacité pour la chaleur, mais que néanmoins les chaleurs spécifiques des systèmes moléculaires peuvent être différentes. Les variations éprouvées par ce coefficient lors des changements d'état et des combinaisons chimiques, peuvent résulter d'une simple modification du moment dMnertie des molécules composées et du travail 'nécessaire pour vaincre les liens qui unissent leurs atomes constitutifs, on peut même admettre que ce travail est employé à donner une nouvelle disposition aux diverses atmosphères distribuées autour des molécules.
Tout ce qui a été dit dans ce chapitre suppose la matière formée d'atomes distincts, fait surabondamment démontré parla chimie; et, s'il y avait encore quelque doute sur ce point, il suffirait de remarquer que les lois exposées plus haut ne pouvant se comprendre en dehors de cette supposition, suffisent pour démontrer la vérité de l'hypothèse |)remière.