CHALEUR DÉGAGÉE DANS LES ACTIONS CHIMIQUES
produire, par leur double décomposition, deux autres sels neutres; en outre, il est bon de la rapprocher d'une troisième, celle qui nous a appris que les équivalents ont la même capacité calorifique. En un mot, il y a équivalence constante de travail de même qu'il y a équivalence de masse (Favre). Avec le calorimètre on mesure l'énergie, et la balance sert à mesurer la masse.
Suivant Topinion reçue, la chaleur absorbée lors de la di'com- Chaicur de position d'un composé chimique est égale à celle dégagée pendant eTdc llélûml*. sa formation. Nous avons déjà vu un exemple d'absorption de ••''*"'^" chaleur accompagnant une décomposition, en parlant de la dissociation de l'eau. Si, pour se décomposer, certaines substances demandent une température très-élevée, cela tient à ce que nous devons leur donner la chaleur nécessaire pour changer d'état, c'est-à-dire que nous devons leur fournir une vitesse moléculaire suffisante pour surmonter non-seulement les liens physiques, mais encore les liens chimiques qui les retiennent en combinaison. De plus, en sortant d'une combinaison chimique, un ou plusieurs des élémentsdela combinaison ne conservent pas lemémeétat physique ; donc, en déterminant la quantité de chaleur nécessaire à un corps pour se décomposer, il faudra tenir compte du nombre positif ou négatif de calories résultant de cette dernière transformation.
11 n'est pas rare d'observer des décompositions accompagnées chaieur «ian^ d'un dégagement de clialeur ; le plus souvent alors la chaleur po^ifu!! I. s'explique parce que, pendant la décomposition, qui regarde un des éléments, d'autres combinaisons se sont opérées entre corps doués d'une grande affinité (circonstances dans lesquelles la chaleur est produite en grande abondance comme nous l'avons dit plus haut) ; d'autres fois on peut attribuer l'élévation de tempéralure aux changements d'état survenus. Le premier cas se présente principalement pendant les décompositions des substances organiques donnant naissance à des composés plus fixes. Citons un exemple : la combustion du coton-poudre semble a première vue une décomposition, et elle en est une en effet, eu égard à la substance elle-même , composé assez complexe d'hydrogène , d'oxygène, de carbone et d'azote ; mais en examinant les produits de la réaction, nous les trouvons formés par des corps très-stables, tels que Teau, l'acide carbonique.
i3n DU CALOniQUE.
Toxydc de cnrbone, dont la formation détermine le dégagement d'une quantité de chaleur notablement supérieure à celle absorbée par la mise en liberté de Tazote et la destruction du groupe moléculaire primitif. Les substances explosives sont comparables en quelque sorte à des masses gazeuses considérablement comprimées par l'effet des forces moléculaires elles-mêmes ; or ces gaz peuvent contracter ensemble des combinaisons [)lus intimes sous l'influence de causes déterminantes spéciales ; à ce moment , l'équilibre instable des molécules étant troublé, elles abandonnent Tétat forcé dans lequel elle se trouvaient pour occuper une position plus stable. Le plus ordinairement, ces transformations sont excitées par l'élévation de la température d'un point de la masse. Le même raisonnement s'applique à la combustion de la poudre à canon, avec cette particularité que dans ce cas deux substances élémentaires, le soufre et le carbone, d'abord simplement mélangées et retenues par de faibles influences physiques, entrent en combinaison pendant l'explosion ; il faut même tenir compte^de l'hydrogène qui occupait les pores du charbon végétal employé à la fabrication de la poudre. Ces réactions supposent à la vérité la décomposition du nitre, mais elle absorbe une quantité de chaleur beaucoup inférieure à celle produite par la formation deTeau, des sulfates, des carbonales, des sulfures decarbone etde potassium, etc. La difTérenrc pourrait même être connue en calculant les équivalents calorifiques de chacun des composés (chose qui n'a pas encore été faite, à ma connaissance).
Chaleur due Passons au secoud cas ; quelquefois, en l'absence de toute action ciiangenicnts chimiquc, il sc produit dans les corps un dégagement de chaleur sous la simple influence du passage d'un état moléculaire à un autre. Le fait se présente pour le phosphore, le soufre, et d'autres corps semblables. Le soufre en particulier, lorsque de prismatique il devient octaédrique, manifeste une élévation de température de 12*^. Dans plusieurs décompositions chimiques, la chaleur dégagée peut être rattachée à un effet de ce genre, telles sont les décompositions de l'oxyde d'argent et de quelques oxydes métalliques, de Teau oxygénée, etc. Cette façon de voir paraîtra encore plus exacte si Ton se rappelle que l'oxygène se présente sous deux formes, l'oxygène ordinaire et Tozone. Enfin, dans les phéno-
aux
igen
moléculaires.
des» comlii nai:ions.