‹ L'Unité des forces physiquesChapitre 64 sur 162 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

INTRODUCTION

L'intelligence des phénomènes de la nature sera toujours impossible si nous ne nous faisons pas une idée des causes les plus prochaines qui les produisent. De celle-ci on pourra ensuite remonter aux causes éloignées, et enfin (si toutefois cela est chose permise) nous pourrons arriver à comprendre le mécanisme de l'univers. Mais parmi ces causes les plus proches, il y en a qui échappent à nos sens mis en œuvre à la manière ordinaire ; procédé qui au fond se réduit à expérimenter sur les résistances mécaniques produites par ces causes. Ce critérium manquant dans un grand nombre de cas, les phénomènes restent complètement inexplicables. Citons un exemple et des plus familiers: Tinlluence de Fair dans Téconomie du monde n'est-elle pas restée inconnue pendant de nombreuses années? son existence même n*était-elle pas ignorée, bien qu'elle soit très-facile à constater? Or, sans connaître les différents modes d'action de ce milieu, il était impossible d'expliquer aucun phénomène relatif à la météorologie et à la vie elle-même. D'où la croyance chez les peuples ignorants à des causes mystérieuses, à des forces surnaturelles et l'origine de nombreuses superstitions.

Aujourd'hui une semblable ignorance règne dans la science relativement au milieu général qui remplit l'univers, milieu nommé éther, au sein duquel sont plongés et agissent tous les corps.

Imporlancc du sujet.

L'éther méconnu jusqu'ici.

La présence et Tinfluence de ce milieu, se manifestent à nous de mille manières, mais il semble que la science humaine se soit appliquée bien plus à le méconnaître qu'à le mettre on évidence, tant sont nombreuses les difficultés et les objections que Ton a soulevées autour de cette question ; on a été jusqu'à conclure à la non-existence de Téther. On peut même s'étonner de voir certains savants, les plus éminents du reste, faire tous leurs efforts pour restreindre les cas dans lesquels il faut recourir à Tinfluence de ce milieu universel et ne Tadopter que lorsqu'il est impossible de faire autrement. Pour notre compte, nous pensons que de même qu'il serait impossible de rien comprendre en météorologie sans admettre la présence de Tair, il en est de même pour les autres phénomènes matériels lorsqu'on repousse rinfluence de l'éther. En effet on arriva bien vite à comprendre que le vide absolu ne pouvait exister dans l'espace céleste, mais on admit seulement que l'éther enveloppait les corps, et on ne voulut pas le regarder comme un principe essentiel de leur constitution intime, de sorte que Téther devint plutôt un obstacle à la production des phénomènes qu'une cause d'action. En définitive on fit de l'éther un véhicule passif, et par suite un obstacle aux mouvements des corps, et on n'arriva pas à l'envisager comme une des puissances les plus actives de l'univers.

soninfluenrc Nous croyous quo l'on doit tenir compte de cet agent aussi largement que possible, toujours en restant dans le principe de l'action mécanique. Or un fluide ou un milieu peut subir deux espèces de modifications mécaniques. Dans l'une ses déplacements ne dépassent pas la limite ordinaire de l'élasticité ; en prenant ce mot dans le sens le plus étendu possible, que les mécaniciens lui donnent aujourd'hui, c'est-à-dire en désignant sous ce nom toutes les forces qui retiennent la masse dans un état d'équilibre donné de telle sorte que cet équilibre venant à être momentané- Sous ment troublé il se rétablit complètement à l'état primitif. L'autre

"aspect "^ espèce de mouvements est celle dans lequel le milieu est poussé hors de ces limites, et par cela est obligé à prendre un nouvel équilibre avec disposition moléculaire différente du premier.

La première classe de phénomènes embrasse les mouvements vibratoires qui dans l'éther constituent la lumière et les autres

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