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PLURALITÉ DES RADIATIONS

La lumière, considérée pendant très-longtemps comme un agent destiné exclusivement à mettre les êtres animés en relation avec l'univers, par Tintermédiaire du sens de la vue, est aujourd'hui comptée parmi les forces les plus puissantes de la nature. Sa faculté éclairante étant ordinairement accompagnée d'une production sensible de chaleur, tantôt on a admis une identité entre la lumière et la chaleur rayonnante, tantôt on a soutenu qu*il existait deux agents parfaitement distincts. Les botanistes avaient depuis plus d*un siècle constaté Tinflucnce de la lumière sur les végôtaux ; ils avaient reconnu que la lumière agissait non comme chaleur mais comme une force paiticulière, lorsque Daguerre réussite fixer l'image éthérée observée par J.-B. Porta, le premier. Cette action fut alors mieux étudiée et mieux isolée, et à l'inDiience du soleil se rattacha toute une classe nouvelle de phénomènes. L'homme est ainsi arrivé peu à peu à reconnaître dans les radications émanées de Tastre central de notre système planétaire, une force énergique qui incessamment modifie la matière pondérable, et dont il peut tirer d'innombrables et merveilleuses applications.

En effet, si nos vaisseaux sillonnent les mers sous l'impulsion des vents, la cause en est au soleil, dont les rayons maintiennent notre atmosphère en mouvement ; si les cours d'eau animent nos usines et entretiennent la vie des végétaux dans nos prairies, ils le doivent à la radiation solaire qui, par l'évaporation, élève dans les airs la vapeur d'eau des océans, laquelle va se condenser dans les hautes régions de l'atmosphère pour venir couler dans nos rivières; si le feu réconforte nos corps, et nous rend tout-puissants

La lumière

lurce multiple-

Exemples

de cette

puissance.

Limilrsdc notre traité.

Trois former

des

radiations

solaires.

à Taide de nos machines à vapeur, il tient cette faculté de la lumière qui a décomposé l'acide carbonique et l'a transformé en dépôts de force. Le moyen le plus énergique dont la science pendant longtemps disposa exclusivement pour fondre, volatiliser et décomposer les corps extrêmement réfractaires, fut la concentration des rayons solaires au foyer des lentilles et des miroirs. Aujourd'hui le physicien emploie très-souvent un rayon de lumière pour analyser les corps, pour découvrir leur structure intime. L'importance du rayonnement lumineux s'accroît encore lorsqu'on envisage ses rapports avec les autres forces de la nature, et nous devons reconnaître à la cause qui lui donne naissance une influence de premier ordre dans le mécanisme de la création ; ainsi se confirme cette notion vaguement exprimée par Kepler dans les premières pages de son livre sur l'optique, où il dit : « Tous les phénomènes de la nature doivent être rapportés au principe de la lumière. »

Il n'entre pas dans notre plan de faire un traité complet sur la lumière, nous voulons seulement esquisser les faits indispensables pour reconnaître la nature de cet agent, et nous mettre à même d'étudier plus à fond les problèmes laissés sans solution dans le chapitre précédent.

Les trois formes de la radiation, lumineuse, calorifique et chimique sont rendues évidentes dans Texpérience de la dispersion de la lumière, c'est-à-dire de sa décomposition par le prisme triangulaire en cristal. En effet, le spectre obtenu impressionne l'œil par ses vives couleurs, échauffe un thermoscope, et noircit un papier imprégné de chlorure d'argent ; mais ces actions diverses n'ont pas la même énergie dans toutes les régions du spectre. La figure 12 nous montre l'étendue et la courbe d'intensité de ces radiations. La lumière est à son maximum dans le jaune ; la courbe AMH traduit la loi de l'intensité bimineuse ; le maximum de chaleur est situé dans la partie obscure située au delà du rouge ; avec la lumière solaire, la courbe calorifique est RDN, et, pour la lumière électrique, elle est représentée par PRN. L'action chimique a son maximum dans le violet et plus encore dans la région obscure confinant au violet ; la courbe JKL figure la variation de lintensitc chimique. Il ne faut pas cependant imaginer que ces trois acli-

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