‹ L'Unité des forces physiquesChapitre 69 sur 162 · PHÉNOIIËNES DUS AUX RADIATIONS LUMINEUSES · texte numérisé non relu

PHÉNOIIËNES DUS AUX RADIATIONS LUMINEUSES

invisibles^. » Celte façon d'envisager les rayons chimiques est parfaitement conGrmée par une expérience curieuse : la reproduction photographique de dessins invisibles.

Ainsi il est évident que la nature d'un des éléments constitutifs pr^f^rence du 'spectre une fois connue, il en sera de même pour tous les ppur raciion

* * ' ^ * , lumineuse.

autres, et par suite le mot lumière nous servira souvent à désigner l'ensemble de ces trois radiations. Les rayons qui produisent la lumière ont été mieux étudiés que les autres, cela à cause de la facilité avec laquelle Torgane de la vue, grâce à sa délicatesse extrême, se prête à Texamen de leurs plus légères modifications, et les notions acquises à leur sujet ont permis de rechercher la nature des autres parties spectrales ; mais assurément on aurait pu commencer ces recherches sur Tune quelconque des trois variétés de radiations, si notre œil avait pour les rayons chimiques et calorifiques, la mcme sensibilité que pour les rayons éclairants.

La lumière étant envisagée à ce point de vue très-général, Malgré son r importance accordée jusqu'ici à son action sur Torgane visuel a J^^^*^^ beaucoup diminué. En effet, non seulement la lumière existerait en Tabsence de tout organe animal impressionné par elle, mais elle continuerait à jouer un rôle considérable dans la nature en déterminant les effets calorifiques et chimiques. Le phénomène de la vision, grâce à Tinlermédiaire de la lumière, est admirable en ce que Tauteur de la nature a établi ainsi la communication des êtres animés avec le reste de la création par un moyen des plus simples et des plus ingénieux : la formation d'une image au fond de l'œil. Ce fait est pour nous de la plus haute valeur, car nous lui devons une très-grande partie de notre bien-être, et cependant le physicien doit regarder le pouvoir éclairant de la lumière comme une propriété secondaire d'un agent qui tient sous sa dépendance des phénomènes plus nombreux. Il en est de même des sons ; ils sont dus au fait général de la vibration des corps, laquelle peut agiter le sable étendu sur une plaque, et mettre des cordes en mouvement alors même que notre oreille ne perçoit aucun son. L'impression plus ou moins lumineuse d'une radiation sur la rétine est complètement indépendante des autres effets physiques qu'elle

^ Melloni, loc, cit. à la fin.

SKCCBI. rOBCBS PHYSIQUES. — t* ÉDITION. H

imporlauti

est apte à susciter, et rien n'empêche d'admettre une inégale impressionnabililé à la lumière chez les divers animaux. Bien plus, à Tappui de cette hypothèse on peut citer le fait très-connu du daltonisme, anomalie de la vision dans laquelle les sujets affectés sont incapables de percevoir certaines couleurs, ou bien, si la perception existe, ils ne les distinguent pas les unes des autres, le rouge est confondu avec le vert, etc. Or Melloni fait remai*quer à ce propos que si la vision des couleurs dépendait d'une propriété inhérente au rayon et non d'une modification spéciale de l'œil, on arriverait à cette conclusion absurde d'un rayon visible et invisible en même temps.

Corollaire On voit aiusi combicu il est dangereux d'établir sur la nature des agents physiques des théories ayant nos sensations pour base, et sous ce rapport nulle histoire n'est plus instructive que celle de l'optique. Combien de systèmes ne furent pas proposés à seule fin d'expliquer la vision ! Les uns admettaient une force visuelle spéciale à l'organe de la vue : de l'œil partaient des rayons qui allaient en ligne droite se mettre en contact avec les objets, Les autres disaient que la vision s'opérait à l'aide de petites images lancées dans tous les sens par les objets; ceux-ci regardaient la vision comme instantanée, ceux-là comme successive, puis on supposait tantôt qu'elle s'opérait dans une certaine partie de Tœil, tantôt dans une autre. Toutes les incertitudes s'évanouirent lorsque le mécanisme de l'œil fut connu et que Scheiner fit voir l'image des objefs extérieurs se dessinant sur le fond de l'œil des animaux de même que sur le verre dépoli d'une chambre obscure. A la vérité un vaste problème psychologiquerestait à résoudre : comment la sensation est-elle extériorée? et alors on se demanda si la vue seule, sans le secours du toucher, suffisait pour nous donner une notion exacte des objets extérieurs ^ mais malgré ces difficultés d'ordre métaphysiijue, l'hypothèse d'une force spéciale produisant

' Lisez, dans les Trans. philos., 1841, p. I, robservalion d'un aveugle par calaracle congonialc, habitué à rbconnaitre les solides géomélriques an toucher, qui, ajanl recouvré la Yue à la suite d'une opération, ne sut point distinguer un cube d'une sphère lorsqu'ils lui furent présentes pour la première fuis, et, aprùs les avoir louches, fut lui-même trcs-élonnc de ne pas les avoir reconnus. Part illement une jeune fille, habituée à manier les ciseaui [forbici], ne les reconnaît pas après avoir été opérée de la cataracic.

EXPÉRIENCES DE GRIHALDI. lOS

ia vision disparut pour toujours. La question rentra ainsi dans la série des faits connus. Les théories sur la nalure de la lumière pouvaient varier dorénavant, la vision restait expliquée sans qu'il fût nécessaire de recourir 5 une force d'une espèce nouvelle. Puisque nous reconnaissons à la lumière une influence des plus considérables ; il devient très-important de rechercher en quoi elle consiste; tel est le sujet que nous allons examiner actuellement.

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