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MATÉRIALITÉ DE L'ÉTHER

rayonnement relatif et la termochrose des gaz, avait déjà formulé cet énoncé dont l'exactitude a^ait été reconnue, pour le cas des solides, par la Provostaye et Desains.

La conclusion à tirer des faits précédents est évidente : 1® l'é- conciubion. Hier peut propager toutes les vibrations des corps, quelles que soient leur espèce et leur longueur, et si les vibrations d'un corps sont en nombre déterminé et limité, il en sera de même pour les ondulations éthérées correspondantes ; 2^ toutes les fois que les molécules du corps pesant peuvent accomplir un mouvement semblable à celui dont l'éther est animé, la force vive de Téthcr sera absorbée, car elle se communiquera à la matière pondérable elle-même. Or les particules d'un corps ne peuvent pas vibrer à Tunisson de toutes les ondes éthérées, et cette faculté se rencontre seulement en celles qui ont une masse et une élasticité déterminées, de telle sorte que l'éther communiquera sa force vive à celles-là à l'exclusion des autres qui ne participeront nullement au mouvement. Ces phénomènes sont tout à fait comparables à ceux observés par les musiciens sur les instruments à cordes, qu'on a appelé phénomènes de résonnance. Si dans le voisinage d'une harpe, on produit un son, aussitôt celles des cordes de l'instrument qui peuvent résonner à l'unisson entrent en vibration, et les autres restent silencieuses. Dans ce cas, les cordes ébranlées ont reçu la force vive nécessaire à leur mouvement de l'air qui propageait les ondes sonores.

Le fait dont nous nous occupons actuellement étant d'une impor- Théorie tance fondamentale dans notre théorie, doit être analyse avec soin. ^^J^àiltT Prenons pour exemple l'inversion par la flamme du sodium dans spectres. le spectre fourni par les charbons polaires d'une batterie voltaïquc. En superposant les deux flammes, nous développons deux mouvements ondulatoires sur une même ligne droite ; dans le premier, c'est-à-dire dans celui qui émane du sodium en ignilion, les ondes éthérées ont la longueur de celles qui correspondent à la raie D obscure dans le spectre solaire, soit 0°*",0006. Désignons par Mf' la force vive de cette oscillation. De leur côté, les charbons électriques émettent desondes de même longueur, mais d'une intensité différente, soit MV*. Lorsqu'elles traversent la flimme du sodium, les molécules de ce métal étant susceptibles de vibrer à l'unisson,

Conclusion.

Innuenre

lie

la structure

moléculaire.

seront mises en mouvement en empruntant aux ondes existantes dans Tcther la force vive nécessaire, quantité qui sera généralement une partie aliquote de la force vive de Tonde lumineuse émise par les charbons, car dans le sodium la masse d'une molécule est notablement plus grande que dans Téther. Représentons cette fraction par KMv*. Alors la somme des forces vives appartenant aux molécules sodiques en vibration est Mu* (1 H- K). Si cette somme égale MV*« il n'y aura ni augmentation ni diminution de l'intensité lumineuse ; mais quand la somme des deux termes sera moindre que MV, il y aura diminution de lumière; toutefois Textinction ne sera jamais totale , car la molécule du sodium ayant toujours une certaine vitesse, produira de son côté une excitation résiduelle dans Tétlier. Ainsi, dans le soleil, les raies D ne sont pas absolurrent noires et peuvent être renforcées par nos flammes artificielles ; mais si la couche est très-épaisse, le noir paraîtra complet. On comprend alors pourquoi les raies d'absorption peuvent être nébuleuses, c'est-à-dire incomplètement noires. Ainsi se présentent les raies atmosphériques, terrestres et plusieurs autres qui se voient dans les spectres stellaires.

Ces faits démontrent l'inertie de l'éther, par conséquent sa matérialité. Ils nous fournissent également un principe pour expliquer l'absorption des rayons par un grand nombre de corps, et Tégalité des pouvoirs absorbants et émissifs d'une même substance, car nous admettrons désormais que les molécules absorbent la force vive des ondes dont le rhythme vibratoire est le même que celui de leurs propres oscilktions.

A ce principe général, il faut ajouter une autre cause très-puissante, l'irrégularité des molécules des corps. Cette influence nous semble démontrée par les beaux travaux de Tyndall : il a établi que le pouvoir absorbant des gaz augmentait d'intensité €i mesure que la structure moléculaire devenait plus compliquée. Ainsi la vapeur d'eau absorbe soixante fois plus qu'une masse égale d'hydrogène cl d'oxygène*. De même le pouvoir

' Tyonall, Philos, trans.^ 18C2. ^Jngnus a contesté Teiaclitude de ce nomhreôO, et d'après lui le pouvoir absorbant de la vapeur serait 5 à 6 fois celui de Tair atmosphérique. Mous nous sommes livré à quelques recherches pour éclaircir ce point douteux, et à la suite d'expériences i'ailes en été et en hiver sur l'absorption de la chaleur polaire, nous aommes arrivé aux conclusions de M. Tyndall. Le prof. Gtribaldi, de Géoe$,

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