MATÉRIALITÉ DE L'ËTHER. SOI
absorbant de l'ammoniaque vaut cent cinquante fois celui des gaz qui entrent dans sa composition. Enfin le gaz oléfiant, les principes odorants des fleurs, les vapeurs des divers alcools et éthers, sont des corps dont le pouvoir absorbant est porté à un très-haut degré, et le savant physicien n'hésite *pas à attribuer cette propriété à la complication de leur molécule chimique. On peut, jusqu'à un certain point, expliquer ce résultat; il est facile aux ondes de l'éther de contourner les molécules des gaz indécomposables à cause de la forme de ces molécules qui, très-probablement, est une forme sphérique ou, tout au moins, celle d'un solide géométrique très-simple. Au contraire, dans les corps d'une structure compliquée, les molécules sont anguleuses, polyédriques, et des lors les mouvements vibratoires s'éteignent rapidement, de même que les corps mous et filamenteux assourdissent le son, et que les écueils forment obstacle à la propagation des vagues de l'Océan et les brisent.
Lorsqu'une onde lumineuse s'éteint, sa force vive ne s'anéantit travail
■^, . . . , Tuit par Tonde
pas, mais il y a transformation de travail : une vibration plus absorbée. lente est imprimée à toute la masse du corps pesant et se traduit au dehors soit par une élévation de température, soit par une désagrégation des molécules composées, dont les atomes élémentaires sont dissociés. On dit alors que la lumière opère une décomposition chimique ; ces décompositions photogéniques sont très-remarquables et elles doivent nous arrêter un instant. Nous en ferons l'objet du chapitre suivant ; pour le moment, nous présenterons quelques réflexions intéressantes ayant trait au sujet dont il vient d'être question.
Le spectroscope nous fournit une des preuves les plus splen- identité dides de l'identité de la matière dans l'univers : car il nous permet dans de soumettre les astres à l'analyse chimique la plus délicate en examinant simplement, suivant des procédés spéciaux, la lumière qu'ils nous envoient. On a reconnu ainsi qu'il y a unité de composition chimique entre les diverses parties du monde céleste. Au point de vue de l'analyse spectrale, toutes les étoiles peuvent êlre ramenés à quatre types principaux ^
a aussi mis hors de toute contestation le résultat de Tyndall, et pour Tean en vapeur, il a trouvé une force absorbante 1393 fois plus forte que pour Tair à pression égale. * U ne faut pu confondre ces types avec ceux de IJ. Rutherfurd : ses types étaient
Tunivers.
Analyse Premier type. — Les étoiles blanches, telles que Sirius et a de
'^é^uJ^' la Lyre, les brillantes p, y, 8, e, Ç de la grande Ourse, etc. Le spectre de ces astres est presque continu, cependant on y distingue trois raies noires assez larges : l'une est dans le rouge au niveau de la raie solaire C, l'autre dans le vert bleu et coïncide avec la raie solaire F ; la troisième, située dans le violet, est voisine de la raie solaire G. Ces trois raies sont les raies principales renversées de riiydrogcne. Les étoiles très-brillantes donnent une quatrième raie dans le violet un peu plus loin que la précédente et qui appartient aussi à l'hydrogène. Il existe aussi des raies très-fines dans le vert et le jaune, appartenant au sodium, fer et magnésium, mais on les distingue avec peine. Toutefois, si le spectre parait continu, cela tient à l'insuffisance du grossissement sous lequel on peut l'observer. En effet, la lumière des étoiles étant très-faible, il est impossible de voir ces détails sans recourir à de puissants instruments ; et si cette difiiculté n^existait pas, très-probablement on observerait de nouvelles raies qui nous échappent à cause de leur finesse. On en conclut que ces astres sont enveloppés d'uue atmosphère très-dense d'hydrogène.
Deuxième type. — Les étoiles jaunes, exemple : Pollux, la Chèvre, Arclurus, etc. Ces étoiles donnent un spectre identique à celui de notre soleil ; les raiv s sont aussi distinctes et en nombre égal, de plus elles occupent les mêmes positions relatives.
Troisième type. — Les étoiles rouges, parmi lesquelles se trouvent a d'Orion, a d'Hercule, 8 de Pégase et d'autres. Leur spectre, présente deux sortes de raies parfaitement distinctes. Les unes ne sont que les raies ordinaires du spectre solaire, seulement elles ont une plus grande largeur, et sont mieux accentuées, circonstance qui fait croire à une absorption plus énergique des substances caractérisées par ces raies. Les raies du fer en particulier sont très-intenses. Outre ces raies ou lignes fines, on remarque des zones ou bandes sombres semblables à celles qui sont produites dans le spectre solaire par l'atmosphère terrestre et sont nommées bandes nébuleuses; vraisemblablement elles sont de
seulement disposés selon les couleurs apparentes et non sur les raiei spectrales oooinie les nôtres. M. Schellen, dans la traduction de notre ouvrage U boleil, & fait erreur sous ce rapport.
HATÉRULITÉ DE L'ÉTHER.
même nature que ces dernières, car elles ne peuvent être décomposées en lignes fines. Ces deux classes de raies sont parfaitement distinctes, et il ne faut pas confondre les zones ou bandes avec les raies ou stries.
Quatrième type, — Quelques étoiles rouges présentent un aspect différent de celui des étoiles appartenant au troisième type, si bien que ces astres forment réellement un nouveau groupe. On observe dans le spectre qu'elles fournissent un petit nombre de stries lumineuses assez vives et séparées par de larges espaces colorés. Ordinairement il existe trois zones très-distinctes : une dans le rouge, l'autre dans le vert et une troisième dans le bleu. Les limites des couleurs coïncident avec les lignes noires du carbone. On est par là porté à croire que les zones noires de ces étoiles sont produites par une absorption énergique exercée dans leur atmosphère, principalement par cette substance. Il est bon de rappeler que les étoiles rouges sont ordinairement variables. Ainsi 0 de la baleine, dite Mira la merveilleuse, dans son état brillant, appartient au troisième type, mais lorsqu'elle est petite, elle présente seulement quelques lignes brillantes isolées.
Les nébuleuses donnent un spectre complètement ditTérent de Ncbuieu:»es. celui des étoiles. Il se réduit à trois lignes brillantes : Tune d'elles, qui est la plus vive, appartient au système du gaz azote ; une autre occupe la place de la raie solaire F, laquelle se rapporte à l'hydrogène ; la troisième est inconnue.
Le spectre des comètes est tout spécial; il est formé de trois zones une verte vive, l'autre violette, la dernière jaune. Il a été difticile jusqu'à présent de déterminer au juste la nature de ces raies : elles se rapprochent suffisamment de celles des nébuleuses ou plutôt des étoiles de quatrième type (sans toutefois coïncider avec elles ) pour que l'on soit autorisé à regarder les comètes comme de véritables nébuleuses ; et à leur attribuer une lumière propre. La comète de Winnecke, en 1868, présentait le spectre du carbone dans le carbure CH, or le carbone ayant été trouvé dans plusieurs aérolithes, ces découvertes montrent que la matière qui existe aux confins de l'espace ne diffère pas en nature de celle que nous manions chaque jour. En diffèrc-tcllc par Tétat moléculaire? C'est là ce dont il est difficile de se faire une
Comètes.
idée exacte. Nous avons déjà , dans un chapitre [irécédent, dit quelques mots sur Télat de dissociation dans lequel se trouve probablement la matière des comètes : les résultats fournis par l'analyse spectrale confirment la vérité de nos assertions.