ACTION CHIMIQUE DE U LUMIÈRE
trouvé que la première valeur était à peine le tiers de la seconde ^ Les rayons chimiques existent en plus grande proportion dans les étincelles électriques des machines ordinaires, dans la lumière émise par les charbons polaires d'un courant voltaïque, et dans les flammes qui accompagnent les combustions très- violentes. Un fil de magnésium brûlant à l'air et se transformant en magnésie, nous offre le foyer lumineux le plus vif après la lumière électrique ; il équivaut à une surface solaire ayant un diamètre égal à la grandeui* apparente du fil, lorsque cet astre est à 9^ de hauteur audessus de l'horizon. Mais les propriétés chimiques et éclairantes de cette flamme sont loin d'être proportionnelles. En effet, l'éclat du soleil est à celui de la flamme du magnésium : : 325 : i , tandis que le rapport des actions chimiques de ces deux sources est seulement de 57 : 1 ; réciproquement, la lumière électrique est très-riche en rayons chimiques comparativement à celle du soleil ; le degré thermométrique de cette lumière est évalué trèsdifféremment ; M. Becquerel lui donne 2070''; mais comme le platine fond en masse considérable et coule très-bien entre les pôles, opération qui demande au moins 2500 à 3000^, nous pouvons admettre qu'une forte pile normale développe une température bien supérieure. Cependant elle est bien encore inférieure à la température minimum supposable dans le soleil*. D*après nos propres expériences la température solaire ne peut être inférieure à cent mille degrés. La lumière électrique d'une forte pile de 30 éléments Bunsen, grande dimension, égale la lumière solaire à 12 centimètres de distance au midi du mois d'août, Ainsi, elle est bien peu de chose.
Bunsen et Roscoe ont montré que la lumière solaire qui arrive aux limites supérieures de notre atmosphère est capable dans chaque minute de temps de transformer en acide chlorhydrique une colonne d'un mélange hydrochloré, ayant pour base la surface éclairée et 35 mètres de hauteur ; mais de ces rayons chimiques, un tiers seulement arrive jusqu'à la surface terrestre ; le i e^te est absorbé par l'atmosphère. Il nous serait facile de déterminer l'équivalent mécanique de celle force, sachant que la chaleur dégagée
* Philos, trans., 1859, p. 890.
- bcuiuciel, Ann. ch. et pk., III" sérif, vol. LWII, j>. 1 W.
Absorption (Irs rayons
chimiques
pour
lalmosphcrc
terrestre.
DE LA LUMIËRK.
Action
de la lumicro
sur les
végétaux.
Elle:»
animaux.
Opposition entre les
deux règnes
animal et
Tégétal.
par la combinaison de 1 centimètre cube d'hydrogène avec le chlore peut élever 1 gramme d'eau de 2^,08; sans faire le calcul, on voit facilement que le résultat serait un nombre énorme et constitue une énergie comparable à celle des rayons thermiques.
Depuis longtemps, les botanistes avaient reconnu que la lumière est nécessaire au développement de la chlorophylle dans les plantes, et que, grâce à cette action, elles peuvent croître et se reproduire. La lumière exerce donc une influence considérable sur la végétation, et il est admis désormais que les climats botaniques ne sont pas exclusivement déterminés par les lignes isothermes, et dans leur délimitation, il faut tenir grand compte de la distribution de la lumière solaire. Les nuages, en diffusant les rayons du soleil, agissent d'une manière très-efficace pour porter la fertilité dans tous les points qui, privés du rayonnement direct, seraient complètement stériles'.
L'action chimique de la lumière ne se borne pas seulement aux phénomènes de la végétation et aux opérations de la photographie. Chacun a pu reconnaître combien était grande son influence sur la coloration de la peau des animaux, comment elle détruit un grand nombre de couleurs, tandis qu'elle favorise le développement de certaines autres : ainsi, les anciens préparaient la pourpre en avivant par l'exposition au soleil la teinte légère que présente la matière organique de certains mollusques, tels que les Murex trunculus et le M, Brandons, On peut donc s'étonner en voyant un phénomène aussi général complètement ignoré pendant très-longtemps, et en présence d'un fait semblable, il est permis de soupçonner l'existence d'un grand nombre d'autres forces encore complètement ignorées par nous, tant est grande l'imperfection de nos connaissances en philosophie naturelle.
Il est intéressant de rappeler ici la double série de phénomènes diamétralement opposés que présentent les deux règnes des êtres vivant sur la terre, c'est-à-dire les animaux et les végétaux.
Les manifestations biologiques chez les animaux sont toujours accompagnées par des phénomènes d'oxydation, si bien que par le fait des combinaisons lentes, accomplies au sein de leur organisme,
* Bunsen el Roscoe, PhiL tram,, 1859, loc. cit.