‹ L'Unité des forces physiquesChapitre 86 sur 162 · ACTION CHIMIQUE DE U LUMIERE · texte numérisé non relu

ACTION CHIMIQUE DE U LUMIERE

ils produisent 8 080 calories pour chaque kilogramme de charbon converti en acide carbonique. Il en résulte donc une force mécanique disponible, utilisée, par eux pour travailler. Dans le végétal, au contraire, il se produit une succession de]désoxydations, et, par conséquent, chaque kilogramme de carbone, mis en liberté, doit absorber une quantité de travail égale à celle qu*il absorberait cntse combinant à l'oxygène. Toute cette force vive lui est donnée par le soleil. La plante isole l'oxygène à l'état de pureté, mais il n'en est pas de même pour le carbone ; ce corps, s'unissant à d'autres substances, donne naissance à des combinaisons généralement instables. Les composés ainsi formés sont brûlés par les animaux et transformés en d'autres d'une plus grande stabilité, en oxyde de carbone et acide carbonique, par exemple ^ Les radiations obscures du côté le moins réfrangible du spectre Radiations

j 1 j £ • -4 1 ' â- i • • obscures.

et des corps chauds peuvent aussi exciter les reactions chimiques, mais généralement il est impossible ou tout au moins très-difficile d'obtenir des rayons chimiques sans que les corps soient rendus incandescents. Ces faits nous montrent que pour donner naissance à des rayons chimiques, la matière doit être amenée à Pétat de molécules complètement isolées et libres. Nous trouvons donc encore ici la confirmation d'une loi déjà indiquée, à savoir que toute action chimique suppose une préalable atténuation de la matière, car pour vibrer de manière à engendrer des ondes tellement courtes, qu'elles puissent exciter les combinaisons et les décompositions chimiques, il faut des molécules matérielles amenées aux dernières limites de la ségrégation. Anciennement on avait refusé toute activité chimique aux rayons rouges et jaunes, mais celte proposition est inexacte, et les photographes savent parfaitement que ces rayons peuvent au moins continuer une réaction commencée par d'autres. Tyndall, ayant isolé les rayons calorifiques obscurs des rayons lumineux en leur faisant traverser une dissolution d iode dans le sulfure de carbone, n'a obtenu aucun effet chimique et seulement des phénomènes d'incandescence.

> Un grand problème social réclame l'altcnlion des observateurs. La consommaliou du charbon comme combuslible esl énorme, les machines à vapeur seules jettent chaque anuéc dani l'atmosphère 16 milliards de tonnes d'acide carbonique. Les forcis, qui de jour en jour disparaissent devant les progrès du dérrichein'!nt, sont-elles capables deréduic cette masse éuormo d'acide carbonique ?

DK LÀ LUMIÈRE.

Pho»pboresoencc .

Principe

de ce

phénoméoe.

Les ondes très-courtes jouissent encore d'une autre propriété : elles peuvent exciter dans les corps des ondes secondaires, suffisantes pour leur permettre de rester lurpineux après la disparition du foyer dont ils recevaient les rayons. Ce phénomène est connu sous le nom de phosphorescence. Tous les solides, les métaux exceptés, sont phosphorescents à un degré plus ou moins prononcé ; certaines substances sont très -remarquables sous ce rapport : ainsi, le phosphore de Bologne, celui de Canton obtenu par la calcination du soufre avec des écailles d'huîtres, le spath-lluor, certains diamants, etc., brillent dans l'obscurité pendant un temps considérable. Avec la plupart des autres corps, le phénomène est encore sensible, seulement il dure un temps très-court. La phosphorescence fut regardée par les newtoniens comme une preuve très-concluante de la matérialité de la lumière, « car, disaient-ils, ce fluide est d'abord absorbé par les corps, puis il s'en échappe peu à pcu^ » Mais cette supposition était erronée; en effet, à supposer qu'elle fût vraie, la lumière émise par les substances phosphorescentes devrait avoir la même couleur et la même nature que celle dont elles ont subi tout d*abord Tintluence; or il n'en est rien, car chaque substance est inégalement impressionnée par les différents rayons du spectre. L'effet maximum est obtenu avec les rayons violets, et même avec les ultra-violets, c'est-à-dire à l'aide des rayons chimiques obscurs, et en outre la teinte émise par les phosphores correspond à des rayons d'une moindre réfrangibililé que ceux de la lumière active.

Un corps peut donc avoir été soumis à Tinfluence d'ondulations éthérées appartenant à un type déterminé, et ses molécules rester animées de vibrations d'une autre espèce ; de même un corps sonore, alors que toute excitation à disparu, nous fait souvent entendre des notes étouffées, véritables échos harmoniques du son fondamental. Nous avons en acoustique une analogie frappante. En pariant devaot un piano vertical, un grand nombre de cordes se mettent en vibration, et parmi ces cordes il y en a plusieurs de ton plus bas que celui de la voix de la personne qui parle : la vibration des cordes dure assez longtemps après qu'on a cessé de parler. Nous rappellerons encore que la phos-

» PriesUey, op. cit., Ter. VI, cap. ii.

ELUORESCENCË. 20O

phorescencc est plus vive et de plus longue durée lorsqu'elle se manifeste dans des espaces contenant seulement une matière très-raréfîée, et par suite sous une pression bien inférieure à c€Ue de l'atmosphère : dans les tubes de Geissler, par exemple, les molécules jouissent alors d'une plus grande liberté. Cependant, rien ne prouve que dans ces circonstances d'autres forces, et spécialement l'électricité, ne jouent pas un certain rôle, d'autant plus que, chose remarquable, les phosphores sont constamment mauvais conducteurs de l'électricité, et d'un autre côté, la moindre trace d'humidité suffit pour empêcher la phosphorescence mêftie dans les corps doués de cette propriété à un très-haut degré. L'action très-puissante de la lumière électrique pour exciter la phosphorescence, pourrait bien tenir à sa très-grande richesse en rayons chimiques, et même nous serions assez porté à croire que par son action directe la lumière est capable de produire l'électrisation des corps, aussi bien que peuvent le faire les actions mécaniques les plus légères ; de récentes expériences sont très-favorables à cette manière de voir, nous les citerons plus tard.

Les physiciens modernes ayant reconnu, par les faits précé* Théorie dents, que les molécules de la matière pesante pouvaient vibrer ^.îciTOni*!"^ sous l'influence du mouvement de l'éther, ont adopté une nouvelle théorie de la coloration permanente des corps. Pour eux, la couleur d'un corps serait due à ce que ses molécules prendraient un mouvement vibratoire plus ou moins analogue à celui du rayon incident; aussi repoussent-ils la théorie Je Newton, fondée sur les phénomènes des lames minces.

La phosphorescence se rapproche beaucoup d'une autre classe de phénomènes dont nous allons dire quelques mots.

Les rayons chimiques obscurs n'exercent ordinairement aucune puioaction sur l'œil ; mais en tombant sur certaines substances ils deviennent visibles; tel est le fait appelé fluorescence^ qui se manifeste d^ns les solutions de sulfate de quinine, de cyalinc et dans certaines préparations tirées des hydrocarbures ordinaires. Alors les rayons deviennent visibles indirectement, car leur réfrangibilitéest changée par l'action de la substance, comme l'on peut s'en assurer en regardant à travers un prisme une bande

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