ACTION D£S MÉTAUX SUR U LUMIÈRE
positions qu'on leur a fait occuper; il y a quelques exceptions, l'acier trempé, par exemple; mais alors interviennent des influences étrangères. Dans les corps transparents, au contraire, les déplacements moléculaires sont seulement possibles dans des limites excessivement restreintes, et si on parvient à maintenir les molécules dans un état forcé, au moindre effort le corps se brise ; donc, d'une manière générale, leur élasticité est plus parfaite, bien que moins développée ; aussi ne sont-ils ni ductiles ni malléables.
3*^ Les corps métalliques sont opaques, à moins qu'ils ne soient en lames très-minces ; les corps non métalliques sont généralement transparents quand ils sont parfaitement purs. Si quelquesuns de ces derniers sont opaques, cela résulte de ce qu'ils agissent à la façon des métaux sur certains rayons ; ainsi, dans les cristaux, cet effet est dû, comme nous l'avons vu, à l'élasticité qui n'est pas égale dans toutes les directions. Le fer pligiste, la cartliamine, présentent l'opacité métallique pour certains rayons et sont parfaitement transparents pour d'autres, preuve évidente que l'absorption de la lumière par un corps ne dépend pas de sa nature chimique, mais de sa structure moléculaire. Ajoutons encore que par réflexion les métaux polarisent la lumière en ellipses assez larges et les corps transparents en ellipses très-étroites.
En résumé, nous voyons que les vibrations transversales peuvgit s'éteindre en traversant un milieu parfaitement perméable aux mouvements d'une autre nature, et que ces différences sont dues à la disposition moléculaire. Tel mode d'agrégation des atomes produit une substance diaphane, et tel autre la rend opaque ; la première sera isolante, la seconde conductrice.
Deux questions se présentent naturellement ici : 1° en quel Oucsiions. genre de mouvement se transforme la vibration lorsqu'elle est maiioa dii» absorbée? se transforme-t-elle en chaleur, c'est-à-dire en mouvc- ^'"^r»»»»»*ment de la matière pondérab'e, ou bien en une autre espèce de vibration? La réponse n'est pas difficile : d'abord il est hors de doute que le mouvement ne s'anéantit pas, l'observation journalière nous le prouve ; un métal exposé au soleil ne s'échauffe-t il pas fortement; par contre, dans les mêmes conditions, la tempcralure des corps transparents varie à i^ciiic. Pc plus, dans les
métaux, il se produit un autre genre de mouvement intérieur, le mouvement électrique, sur lequel nous insisterons plus tard. i* Origine de 2^ Pourquoi les propriétés des métaux sont -elles si opposées à celles jnéuîîîquc. appartenant aux corps diaphanes? Sur ce point, les conjectures seules sont possibles. Qu'il nous soit donc permis de soumettre à l'appréciation du lecteur les quelques aperçus suivants. En étudiant les formes cristallines des métaux, on les a trouvées toutes voisines du cube ; d'où Ton pourrait conclure que leurs atomes sont très-probablement sphériques, ou peu s'en faut. D'une manière plus générale, leurs moments d'inertie présentent une égalité parfaite ou assez près d'être parfaite. Dès lors les molécules, dans rintérieur des masses métalliques, seront d'une grande mobilité et pourront facilement obéir aux moindres impulsions ; par conséquent, en se déplaçant pour occuper de nouvelles positions pen- . dant un temps plus ou moins longs, elles absorberont la majeure partie de la force vive communiquée à ces masses. Inversement dans les corps diaphanes (qui, pour la plupart, sont des corps composés), les molécules, primitives ayant leurs axes d'inertie assez inégaux, sont moins facilement écartées de leurs positions d'équilibre pendant la transmission d'un mouvement à travers leur substance. Donc, ces mouvements passeront facilement en contournant les molécules ^ Ainsi voyons- nous les ondes développées à la surface de l'eau s'éteindre au contact des corps mous et flexibles, et si par contre un corps dur se présente, elles le contournent et continuent leur progression.
On peut donc ajouter aux causes d'absorption de la lumière l'imparfaite élasticité des substances métalliques qui empêche la propagation du mouvement dans leur intérieur.
^ On pourrait cilcr des exceptions, nous le savons. Ainsi, le chlorure de sodium, l'alun, le diamant, ont des axes é^aux ; mais nous proposons des hypothèses et non des démonstrations ; encore fuut-il dire que ces corps (le diamant excepte) sont composés, cl dès lors il peut arriver que, par une compensation de formes clcmcnlaires hien dillérentes, il résulte celte forme à axes égaux (t orthogonaux.