‹ L'unité françaiseChapitre 120 sur 178 · LA MISSION DE LA FRANGE · texte numérisé non relu

LA MISSION DE LA FRANGE

ayant entrepris d'organiser en Europe les forces de liberté en face des principes usés de Fancien régime monarchique, de fonder en Afrique une harmonie de culture et d'intérêts avec les merveilleuses races de l'Atlas, sur un domaine plus vaste que l'Empire romain; que, bien loin d'abdiquer toute ambition, elle n'a jamais tant agi, et depuis cinquante ans beaucoup plus que l'Allemagne qui n'a pas su conquérir l'empire économique nécessaire à sa production ; qu'en un mot, la France a beaucoup à faire encore avant de se reposer comme la vieille de Démade, que l'héroïque pucelle de Valmy et d'Iéna a encore forte cuirasse et cœur plus vaillant, et qu'il n'est pas temps d'escompter son héritage.

Que s'il faut aux Allemands une image pour y comparer la France d'aujourd'hui, ou un symbole pour se la représenter, qu'ils regardent tout simplement sur nos monnaies d'argent la jeune et forte Semeuse de Roty, à la lourde besace, semant malgré le vent, dès les premiers rayons du soleil, — car elle s'est levée matin, — la bonne graine qui donnera le bon pain de l'humanité laborieuse.

C'est dans cette foi que les Français communient unanimement. Au delà des polémiques quotidiennes, ils gardent la vision claire du noble passé qui les oblige ; ils se souviennent que contre l'invasion anglaise toute la France monarchique a suivi Jeanne d'Arc, que contre la coalition des rois de l'Europe, la France républicaine et impériale a conquis l'Europe; ils ont conscience que la France actuelle, repu-

blicaine ou monarchique, a d'incomparables, d'inépuisables ressources matérielles et morales.

Certes, il y a parmi les Français, comme il y a toujours eu, des partis en ardente lutte, des convictions chez les uns et les autres sincères, fortes, passionnées. Mais il faut s'en féliciter : l'avenir de la France, comme son passé, est fait de ces rudes combats de la liberté, où l'unité nationale se trempe, plus vivante, étant faite de vigueurs tumultueuses, en constante élaboration d'une valeur et d'une énergie croissante.

Et que, parmi ces fougueuses batailles, aux aspects multiples et si riches d'impressions variées, la France soit un jour en danger, qu'on lui dispute le Maroc, ou qu'on la menace elle-même dans son indépendance et dans la mission qu'elle tient de l'histoire, il n'y a plus de partis, il n'y a plus de conservateurs ou de radicaux, de jésuites ou de francsmaçons : pour son salut et pour sa grandeur, on l'a déjà vu naguère et on le reverra demain au besoin, nous ne changeons le nom de Français.

Les divisions des partis et l'union des Français, 2. — Différences d'intérêts, de conception religieuse, 3. — Différences régionales, 4. — L'unité du cadre territorial, 5. — L'unité historique et morale, 6.

La querelle des provinces fondue dans le senlimenl patriotique.

La guerre civile des Armagnacs et des Bourguignons, 7.

— Les ambitions rivales et les massacres, 7. — La France

anglaise, 9.

Le « Mystère de Jeanne d'Arc », 9. — L'union refaite par le

patriotisme, 10. — Le ralliement de la Bourgogne, 10. —

Un siècle de prospérité, de victoires et d'expansion, 11. —

La Renaissance de la France, 11.

La querelle religieuse fondue dans la liberté de conscience.

La guerre civile des catholiques et des protestants, 13. —

Les ambitions rivales et les massacres, 14. — La France

espagnole, 15.

La Renaissance du bon sens national, 15. — L'Édit de Nantes,

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