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nées, le culte sincère et fervent de la patrie. Cette union si naturelle et si indispensable, je n'ai cessé de la préconiser dans tous mes écrits et je ne puis en conséquence qu'approuver énergiquement votre dessein. Il m'apparait clairement dans la devise qui orne la première page de votre premier chapitre et ainsi exprimée : « Michel de l'Hôpital aux États généraux d'Orléans, en 1560, disait : « Ostons ces mots diaboliques, noms de parts, factions et séditions : luthériens , huguenots, papistes, ne changeons le nom de Ghrestiens ! » Et vous dites sagement, en conseillant, vous aussi, de supprimer parmi nous toutes dénominations offensantes : « Ne changeons le nom de Français ! » Voilà donc votre but nettement défini : « Plus de factions, plus de divisions, rien que des Français dévoués à leur pays ! »
Dès le début de votre ouvrage, vous faites bien de rappeler qu'au moment du dernier conflit franco-allemand, la France était déchirée par les querelles des partis, par les grèves, les questions de défense laïque, de monopole de l'enseignement, de réforme financière ou électorale, etc. Tout à coup une canonnière allemande, le Panther, se présente audacieusement devant Agadir et, en un clin d'œil, les divisions s'effacent, les querelles se taisent, il n'y a plus que des citoyens prêts à dé-
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fendre les intérêts de leur patrie... Grand et beau spectacle qui montra à tous que la France avait vraiment repris sa place au premier rang des nations !
Peut-elle oublier, comme vous le remarquez vous-même, les prodiges opérés sur son sol admirable : le mystère ineffable de Jeanne d'Arc, l'œuvre superbe de nos Rois à qui la reconnaissance publique a décerné les titres glorieux et inoubliables de Forts, de Bons, de Braves, d'Augustes, de Hardis, de Pieux, de Sages, de Justes et qui, véritables Pères du peuple ,ont réparé les désastres des guerres civiles et des guerres étrangères ? ce sont eux qui ont réuni de magnifiques provinces à la Couronne, et ont ainsi, en forgeant et en constituant l'unité française, étendu notre influence à travers le monde ébloui, obtenu Tassentiment unanime des Français à la doctrine et à la foi monarchiques pour ne former qu'un faisceau inébranlable de volontés et d'énergies devant l'étranger, enfin conquis les frontières naturelles, équilibre nécessaire de l'Europe et . qui, rompu momentanément par la dernière guerre, est la cause de toutes les convulsions dont nous sommes les témoins inquiets et attristés. Cette tendance à l'unité, continuée parla Révolution française ellemême, comme l'a démontré si péremptoirement son
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grand historien Albert Sorel, est irrésistible. Elle s'impose, elle est, elle doit être, ou c'en est fait de nous.
Vous avez considéré comme un devoir de conscience de reconstituer, en des pages lumineuses de clarté et de bon sens, la contribution historique de tous les Français, petits et grands, pauvres et riches, à la formation de notre grande patrie ; vous avez prouvé avec science et loyauté que c'était tout ensemble l'œuvre de l'Église et de la noblesse, de la bourgeoisie et des campagnes, de toutes les classes de la société unies à leurs princes et à leurs chefs. Vous avez établi que cette œuvre admirable, continuée de tout temps, malgré les périls, malgré les tempêtes qui ont secoué notre pays, formait la vie même de ce pays et constituait la plus forte unité qui soit au monde. Ne rompons donc pas follement par des querelles mesquines, par des violences stupides, par des mesures criminelles cette œuvre de salut ! Autrement, on pourrait dire de nous ce que le poète latin disait avec tristesse de Rome :
Suis et ipsa Roma viribus mit 1
Le moment est venu de faire ce que j'appellerai une croisade en faveur de l'union sociale et de la