LETTRE-PREFACE
liberté de tous. Le droit commun doit être notre guide et notre force. Tout ce qu'il est permis de faire sans violer les principes qui sont la sauvegarde de l'honneur et de l'intérêt des citoyens, doit être largement pratiqué. Les Assemblées de 1789, de 1791, de 1793 même ont reconnu à tous les Français des droits qu'ils doivent revendiquer légitimement, en se soumettant aux devoirs qui y correspondent, car il n'est pas de droits sans devoirs.
Mais qui dit « devoirs » ne dit pas « contrainte » , ne dit pas « despotisme ou tyrannie ». Nous acceptons des lois équitables et non des mesures arbitraires, prises en vue des circonstances. De même, quand nous invoquons la liberté, nous ne voulons pas de la licence qui n'en est que la déformation brutale et devient non seulement un trouble pour l'État, mais un danger pour les citoyens eux-mêmes, car il les conduit fatalement tôt ou tard à la servitude.
Depuis quarante-cinq ans que je suis de près nos affaires politiques, j'ai entendu souvent de part et d'autre, hélas ! bien des appels éloquents à la liberté, et je dois reconnaître que nous sommes encore à l'apprentissage de ce droit sacré, droit qu'on ne peut méconnaître ou violer sans la plus criante injustice. « Quand la liberté a disparu, il