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LA TRADITION POLITIQUE CONTRIBUTION DES DIVERS REGIMES

Les régimes politiques par lesquels la France a passé sont singulièrement divers, et volontiers on n'y verrait que des oppositions ou des contrastes violents :' royauté absolue et dictature Conventionnelle, Restauration censitaire et République plébiscitaire.

Ces différences sont pourtant superficielles, les régimes politiques n'étant que la forme extérieure

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de révolution sociale que nous avons suivie, les cadres où elle s'accomplit et qu'elle brise quand ils ne lui conviennent plus. Ainsi la royauté absolue fut détruite pour avoir voulu défendre les privilèges de sa noblesse, de son clergé, contre la bourgeoisie mûre pour le pouvoir. La royauté de Charles X retomba dans la même erreur et le paya du même sort.

C'est pourquoi, malgré leur diversité apparente, tous nos régimes politiques ont contribué, naturellement, et comme inconsciemment, à la formation de l'unité nationale, et la tradition politique qu'ils représentent s'est moulée forcément sur la tradition sociale que nous avons définie.

D'où il résulte qu'il ne faut pas attribuer aux révolutions une importance décisive; il est rare qu'elles marquent de profonds bouleversements politiques et sociaux. On les représente quelquefois comme des catastrophes, comme des cassures dans la tradition, et on s'applique à les creuser par l'analyse de façon à séparer éternellement les tenants de chaque régime, de façon à diviser la France en partis ennemis, à la bien écarteler, pour qu'elle en meure.

Mais c'est la théorie de Lamarck et non celle de Cuvier qu'il faut appliquer à l'histoire des hommes et des sociétés. Il n'y a pas de catastrophes, de discontinuité dans l'histoire des hommes pas plus que dans l'histoire de la terre ; il y a continuité beaucoup plus que révolution ; et si nous admettons jusqu'à un certain point l'action de certains indi-

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