L'Univers
ne pas reculer, en de rertninrs rircon?^- • tances, devant les destinées auxquelles il se croit appelé ! Depuis trois siècles qu'ils se sont établis au Chili, les Européens y ont vu passer, tour à tour, les ^'(jerres de la conquête, cpIIps de l'Araucanie et celles de la révolution; et, depuis trots siècles encore, leurs champs ont été bouleversés et leurs habitations détruites, clinque année, par des tremblements de terre périodiciues, triste mais inévitable conséquence ae la présence de plus de vingt rolcans en continuelle fermentation. Cette guerre de tous les moments, que la nature leur déclare, n'a cependant jamais inspiré aux haJiitants du Chili le d^ir de mettre on terme à leurs discordes. Sans cesse on voit éclore ici de nouvelles scènes de violence, non-seulement entre les indigènes et les étrangers, mais encore entre les diverses nations de la même race.
Placé à une grande distance de ce théâtre politique, n'y attachant aucune crainte coinnie aucune espérance , nous entreprenons aTecoonfiance d'en écrire rhistoire, que nous allons fidre pré-
l'* lAvraUon, (Onu.)
céder de queli^ues détails indispensables sur la géographie et l'état physique du pays.
GÉOG&APUIE PHYSIQUE.
Topographie. Le Chili forme une des subdivisions les plus naturelles de rAmérimie du Sud. Borné au nord par la république de Boiivia , dont il est séparé par le Rio-Salado et le grand désert (l'Atacama, il confîne au sud ave^ la Patagonie, et occupe le revers occidental des Andes, entre les 26" et 44* degrés de latitude australe. Sa largeur se déroule, depuis le sommet de la Cordillère jusqu'au grand Océan , sur un espace qui varie de vingt à soixante* dix lieues; sa longueur est de cinq cents lieues communes, et sa superficie de treize mille uuatrc cent trente-siîr. Son aspect est celui d'une bande étroite ou d'un parallélogramme divisé obliquement par des groupes de hauttt montagnes et de profondes vallées qui s'ab.iissent graduellement et descendent sur le bord de l'Océan.
ÊTYicoLoeiB. Il existe trois opinions sur Toriglne du mot c/iUi, que les Espagools prononcent fekUé. Sdoo
Zmrate, ehiU Tient de ehil, oui , dans
la lanc;ue péruvienne, signifie froid; ce nom aurait été donné a ]a contrée aui fiait Tobjet de cette notice, à cause otÊ montagnes neigeuses qui Tentovrent : cette opinion est peu satisfai- 'sante. D'autres font dériver chUi ou tchilé de quUey nom indien du Rio- Quillota, un des principaux fleuves du pays. Enfin, selon les indigènes et d'après Topinion du savant Molina, ce nom vient de celui de certains oiseaux de la famille des grives, très-comrauns id, et dont le ortrcifemMa Ml son da mot tehU ou (chM {iunku ater, turdut tMhts).
GOLFBS, FLEUVES Kl £iVlkB£S. La
eftfo du Chili, baignée par le grand Océan austral, offre de nombreux enfoncements protégés par des promontoires , de simples langues de terre en . saillie, ou des îles. Les plus importanUi sont: le golfe de Coquimbo, la baie de V Almenaral f près Valparaiso, le polfe de Talcahuano, près la Conception, et celui que les Espagnols nomment jineud, entre la Patagonie d'un odté, et les archipels de Cbiloé et de Chonos de l'autre.
Les torrents qui proviennent de la fqnte des neiges et les eaux de la Cordillère alimentent une centaine de ri* vières, et quarante fleuves environ, indépendamment d'un grand nombre de ruisseaux obscurs et sans nom. Les princinaux fleaves sont, en prenant du nord, le /(fo-5a/aûîo, qui sépare le Chili de la Bolivie : ses eaux sont salées, ainsi que son nom l'indique; le Copiapo, le ffuaseo, le Càqubnbo, qui ont donné leurs noms aux villes qu^ls baignent; le I.imari, le QuiUoiay également nppelé Àconcagiia ou Rio- QiUie, du uom Ue deux bourgades qu il trarerM dans sa ooorse. Nous avons déjà dit qu'il existait une opinion qui faisait dériver le nom du Chili , en espagnol Chilef de celui du (^Ue. La YsHée du Hio-Quile est fiche et pittolesque (Toy^/. 4); le Maypo, dont le
firincipal afïiuent est le M:i nocho , qui laigne Santiago, capitale du Chili; le iifat4/e. ancienne limite de l'empire des Ineas^leirateftdio, Vltata, qui reçoit
le Cbtllan, le Quiérino et le Gémiblé;
son lit est large et profond , mois les rochers qui encombrent son embouchure le rendent innavigable; le Bio- BU), qtii sert de limite entre le CUli espagnol et le Chili indépendant: il est nnvîi^able l'espace de deux milles environ; le Cauten, le Tolien, navigable pour de ^ros vaisseaux , et le FcUdwia , tous trois sur le territoire indépendant (*).
Lacs. LeCliili possàledes hirs d'e-au douce et des lacs d'eau salée. Parmi kn preroiers, on peut mentionner le Nahuel-IIuapi , qui a Quatre-vingts milles de circonférence, le Laioquerif qui en a soixante-douze, tous deux sur le territoire Indien; fJeuléOy près de Saiitiago , qui a trois lieues de long sur deux de large ; le Pudahuel et le Tagua- Tagua. Tous ces lacs entourent plu* sieurs petites îles boisées.
Les lacs salés sont situés dans les endroits marécaf^eux , entre les 33" 30' et 34° 30' de latitude. Les plus considérables sont ceux de Bucalémo, tahuU ét Boyértiea,
Eaux HiNÉaALBS. Celles de Cauqnpnt^Sy dans la province de Maule, sont les plus renommées ; elles coulent dans un ravin profond de la Cordillère.
Iles. Les îles qiri dépendent du Chili sont : 1* celles de Cl. ' et de Chonos y ui forment, à l'extreinitc méridionale e cette contrée, un groupe de plus de quatre-vingts tk» ou tlots; 3* la ilfocha, sur la côte de TAraucanie» dont elle est séparée par un canal de six lieues de large. C^tte île offre aux navigateurs deux beaux ancrages ; elle «t fertile et abonde en chevaux, chèvres et porcs sauvages; la p^che des phoques» y attire un grand nombre de marins ; ou y voit quelquefois des baleines ; S* nie de Santa^Mariaf, qui a deux
(*) Pami lei affloMiti lus n<Mik« det
fleuves que nous venons dp meniionner, oti peut citer le Aio-Laxa, le Âuscue, lo CaJia- Calia et le Toféido, près d*ADtueo,maar<r quable par les montagnes basalliqiics, les précipices et la sauvage majesié de sa vallée ( Toy. les pL a et 3). Dans cette dn nièrr, oa remarque un fort palioad?.
GHILI.
baies; 4*» les Coquimbanes, fies inhabitées, nommées AfugUhn, Totoral et Pajaro^ 6" le groupe de Juan- ferntmde*y oompoté de deui tlet, a-Tierra et M(U-a-Fuera; 6« enûo, les petites îles de San- 'lmbrogio, San- Feiice et de P<isqua, situées à deux cents lieues environ de la cdte chilienne, vers le 28** de^ré de latitude et le 83»* de longitude. Celle de Pasqua, qui a sept lieues de lon^, est habitée par UQ millier d'indigènes de coaleur daine et portant la barbe lome.
Nous consacrerons, plus bas, une sucrinrte notitt à Jiiaii*f emoiiffei et à ChUoé.
^ BlONTAGNES. Les Andcs du Cliili, Tues de loin, présentent le tableau d'une série de montagnes majestueuses, parlaitement dégagées sur l'horizon, et dont l'élévation dépasse de beaucoup celle des Alpes européennes.
Leurs bases sont recouvertes par de riches tapis de verdure, leurs lianes nus sont diaprés des plus vives couleurs du granii, et leurs têtes sublimes se cachent sous une neige éblouissante.
On croit que le Titpungato, à l'ouest de Santi.igo, s'élève aussi haut que le Chimborazo(*); c'est le géant du systftme diilien. Après lui, les pics les plus remarquables sont le DescahezadOj qui a, dit-on, di\-nrut mille pieds d'élévation, le Limari, lo }fah' fias, le Lonaavi, le Coquirnbo, le ChUlan, le ukoapa et le Cuanahuea.
Leur masse se compose d'un granit quartzeux, entremêlé gneiss, de schistes, de basaltes et de porphyres.
Les cimes principales sont désignées SOUS le nom générique de eumbre, que, dans plusieurs localités, on donne spécialement à ct^taines montntines.
Les Chiliens apf)ellent sierras les échelons inférieurs de la (Cordillère. Le passage des Andes offre souvent du dang«r et toujours de iirniulcs fatigues. Les passes les plus fréquentées par les péons sont celles de la DeJiesafUtès Tupun-
Êato, qui conduit à l'est de Santiago; I passe de l'afos. au nordd*Aconcagua; celle du PorUUo, la plus courte^
EuviruQ ao,ooo pieds.
mais la plus redoutée des muletiers, à cause de la fréquence des ouragans; celles enlin à Uspailata ou de la CumàMf de Pianekim ét ^jémtneo.
Passage db la CoaniLLÈBB. Ces
fiasses, auxquelles on ne saurait donner e nom de routes, sont à peu près impraticables pendant six mois de Tannée.
C'est depuis novembre Josqu'à la fin de mai que les voyageurs peuvent se conlier aux muletiers (arrierot) pour effectuer ce trajet redouté.
Les muleS) nue Vùn choisit mdinalrement de preftrenee «m cbevaux, justifient parfaitement la réputation dont elles jouissent dans les pays montai^neux. 1^ voyageur n'a rien de mieux à taire que de leur permettre de se guider selon leur instinct. Pour lui, il s'efforcera d'être maître de lui-niënie et de ne pas se laisser dominer par la crainte dans les moments où il se voit suspendu et en équilibre sur un aUme, pendant que sa monture s'arrête pour reprendre haleine ou pour consulter le terrain. Les muletiers et les péons qui accompagnent le voyageur ont en soin d'emporter les vivres et les meubles, nécessaires à la caravane pendant la durée présumée du voyage, car ici riiomme n*a aucun secours a espérer qne de lui-même; il court la diancede porter la peine que mérite son audace, puisqu'en franchissant cette barrière il a fait ce que la nature croyait imoossible. Parvenu au front de la ContUière, et souffrant de cette oppression douloureuse connue dans le pays sous le nom de pu7ia , causée à la fois par la rareiuclion de l'air et la marche ascendante, il jette un dernier regard sur les plaines du Rio de la Plata qui se déroulent dans le lointain; il les regrette alors et se repent de sa témérité; mais il n'est plus temps , le désert est devant lui avec sa neige éblouissante et son silence éternel ; il faut te traverser, il faut jeter la bride sur le cou des mules, il faut suivre les péons, et, comme eux, saluer en passant les croix de bois qui rappellent sans cesse des accidents auxquels on voudrait ne pas songer. S'il survient un ouragan {tampcn ale) i la caravane se bâte de
L'UMIV£AS
gagner, quand elle le peut, une de ces mitérables huttes que les péons ont
élevées en de certaines localités, et là elle attend la fin de la tempête, souvent pendant plusieurs jours, épuisant ses vivres, ses forces et son courage.
La passe A'IJspallaUiy que choisis* sent ordinairement les commerçants, a une étendue de deux cents miires depuis la frontière du Ciiiii jusqu'à Villa- Vioencio, dans la province de Mendoza. On fiiit cg trajet en six ou sept jours. La hauteur de la maison dite de la CumbrCj où s'arrêtent les voyageurs , est de nulle neuf cent quatre-vingtsept toises «a-dessus du niveau de la mer.
Volcans. Vinfît volcans, rangés 5 la file les uns des autres, jalonnent la limite occidentale de cette contrée; les plus importants sont ceux de Chiilan , Copiapo, .iJituco, f'illarica, Pétéroa, jnconagua , Lwiari , Tucapel et Osomo. Parmi les éruptions les plus désastreuses, riiistoirementionnecetles du Viilarica en 1040, et du Pétéroa en 1762(*).
'i llEAlbLKMEiNTS DE lEBilE. CliaqUC
année le Chili est, périodiquement,
(h'solé par trois ou quatre trcinlilrnients Je terre {lerremoios) ^ qui entr'ouvrent le sol et causent les plus grands dommages aux édifices, 8*ils ne les renversent pas entièrement. Les tremblements de 1822, 1824, I82î) et 1834 , marquent parmi les époques les plus néfastes du Chili. La seule ville de Santiago a été renversée quatre fois depuis quatorze ans; celle de Copiapo a été deux lois entièrement détruite; d'autres n'ont jamais été relevées : de ce nombre est PeneOf dans la province de Conception. Les simples secousses, que les hal>itniits désignent sous le nom de teniJjlores, sont tellement fréquentes, qu'elles se renouvellent à peu près tous les mois, quelquefois plusieurs jours de suite, et même plusieurs fois par jour. (!e,s commotions sout, le pJus souvent, accompaiinees d'un roulement souterrain, qui ajoute
(*) Voyez à la I , une vue du volcan d'iîutuco.
encore à Teffroi que cause le phénomène. Dans tes montagnes, les secousses font crouler des masses da rociiers qui, quelauefois, n*ont pos moins d'une lieue de large.
Ce prodigieux renouvellement du fléau a détenniué le mode de structure des villes chiliennes. Les maisons, construites en bois, ou en briques cuites au soleil, appelées adobes, n ont qu*un res-de-chaussée; les rues sont larges, alignées et fréquemment interrompues par des places publiques , lieu de refuse pour les habitants pendant Texplosion des tremblements*
Dbsbbts. Le désert qui s*étend entre Copiapo et Atacanca, l'espace de qua* tre vingts lieues, est, sans contredit, une des plus affreuses solitudes du nouveau monde. Celui qui sépare Copiapo et ('oqu:nd)0, et qui a cent lieues de longueur, est clairsemé du moins de quelques métairies.
CLIMAT. Le climat du Chili est , généralement , tempéré , sain et agréable.
Cependant on conç(>it qu'un pavs dont la longueur, du nord au sud , embrasse environ vingt degrés, et dont la surface comprend à la fois une grande étendue de rivage, des plaines intermédiaires et des élévations colossales, doit olirir une grande variété de température. Les provinces du centre ont une assez grande analogie avec les parties méridionales de l'Europe. Les chaleurs de l'été commencent en novembre et finissent en mai ; elles sont tempérées par les vents du sud , et le tber- • mometre de Reaumur flotte entre dixhuit et vingt-deux degrés, s'élevant rarement a vingt-quatre (*). Les moisde janvier et de lévrier sont les plus chauds de rannce; ( eux de juin et juillet en sont les plus froids; les mois d'aodt, septembre, octobre et novembre, offrent la température la plus douce et la plus saine. La sécheresse est le seul inconvénient de ce beau climat; mais une abondante rosée y sup-
(*) Il ne faut pas perdre de vue que, dan» rhemisphere austral, le %m\ est In partie qui se rnjtpruclif le pin* d^i pôle, laridis (|ue le nord e.>l Celle qui m.' dirigr vers l'étiualeuà»
CHILI
plée souvent aux pluies. De novembre en mars, on ne voit pas un seul nua&e depuis l'extrême frontière du Chili, vers le nord , jusqu'au territoire de la
Conception, c est à-dire, sur une zone de trois cents lieues en longueur; c'est surtout vers le nord qu'on éprouve les effets de cette sécheresse. La pluie, la grêle, la neige et les oracos , sont renlermés dans la région des montagnes.
Les maladies épidémiques, grâce à la salubrité du climat , sont très-rares au Chili.
Minéraux. Ce pays abonde en métaux précieux; on y trouve des mines d'or, d'arçent, de fer, de cuivre, de plomb, d'etain, de pierres précieuses, de vif-argent et de charlwn de terre.
Les principales mines d*or sont celles àePétorca, de (,uascOf de CoqvimbOf de Uffua. de TUtiiy de Puiaendo, de Careriy de Hancagua^ de Mauley de Pataçua et de Here. Il y en avait autrefois un plus grand nombre : celle de Peldehué, qui a été inondée par une louroe d'eau , produisait ehaqoe jour
auinze mille livres tournois en or. Inépendamment de ces mines, le nombre des ruisseaux qui charrient des parcelles de ee précleus métal est immense. Les Kspcicjnols en tiraient des sommes consi<Jeral)les avant que les Araucans n eussent assure l' indépendance de leur territoire. On nrélend que Vaidivia tirait des lavaxes de Cuadallemqué vin.;t-rinq mille écus par jour. La quantité d'or envoyée annuellement du Chili au Pérou éiait, dutre- Ibis, de six cent mille piastres, indépendamment de trois a quatre cent mille qui passaient en fraude. Le produit actuel des mines d'or est, annuellement, de cinq mille marcs, estimés six cent quatre*vingt mille dollars. ^
Les mines d'argentdu Coquimbo rapportent dequaranle a soixante marcs par caxon de cinquante tonneaux , tandis que celles de Potosi {Nrcu) n'en don« nent que vingt à qunrante. Hall estime à vingt mille marcs le produit armuel de.s mines d'argent, représentant cent quatre-vingt mille dollars. Rn 1832, on en a trouvé cinquante veines nouvelkt dans la mémo province, et toutes
d'une qualité supérieure; celles du CerrOy fïUspaUata et de Guatco sont très-renommées. En 1803, selon M. de Humboldt , le revenu des mines d'or et d'argent du Chili s'éleva à deux millions soixante mille piastres. Le nombre des mines de fer et de celles de cuivre est très-considérable, notamment entre les villes de Copiiipo et de Coqiiîmbo, connne entre celles de Santiago et de la Conception. On trouve à Payen des dianteaux de cuivre pur qui poent do cinquante à cent quintaux. Les mines de Gvasco donnaient, annuellement, dix-huit à vinçt mille quintaux par an. Celles iX'lUapelj près Conuimoc, en donnent encore soixante mille. Le Chili fournit aujourd'hui quarante mille quintaux de cuivre d'une valeur de quatre cent quatre- vinet mille dollars. Le produit total des mines est donc de un million trois cent quarante mille dol* lars.
C'est auprès des ruines de Penco, dans la province de Conception, que l'on exploite la houille. Ce charbon est de bonne qualité et fort recherché par les marins etrnn<,'ers qui fréquentent la baie de la Conception.
Copiapo ($ementera de tmnpiesas) signifie, en langue chilienne, pépinière de turquoises. Toute wtte province abonde en pierres précieuses.
Les mines, pour la plupart, sont ^ tuées au-dessus de la région d^ végétaux , dans la partie stérile de la Cordillère. Les procédés d'extraction sont peu dispendieux, mais passablement grossiers; cependant les Chiliens, au rnp[)<)rt de Miers (*), sont (i'h:!l)iles mineurs. Le miiœroy ou propriétaire de mines , s'associe ordinairement avec un bailleur de fonds , nommé halbUUador, et leurs droits respectifs sont déterminés par la législation du pays. Les barreterosy ou mineurs , s'introduisent dans la carrière par une galerie inclinée; d'autres ouvriers, nommés capaekeroi, portent le-minerai à Tenicée
(*) Mien TraveU in Chili and la Plaia, includiiig acreuatt rtipeirting tbo geogra* phy , geology. statistÎM, ele., «le» Loaaosi» a voll ia-S,
L'UNIVBES.
la giMe . oi^ m te chaire rar daf ttiultts, qui le traniportent aux lieux où se pratiquent tas opératiOQsdefootê
et de rat'Unage.
VÉGÉTAUi. La flore du Chili offre, en plusieurs localités, une appareote analogie avec celle de TLiirope. Le sud est, incontestablement, ia partie la
{)lus pittoresque de cette région. C est à que se trouvent de grandes forêts et des arbres aux proportions colossales.
La végétation au nord est riche dans ses détails, mais d'un aspect moins agréable. Plusieurs plantes chilieont-s âont cultivées en France; de ce nombre est le fraisier dioT(|ue. Les myrtes abondent dans les belles forets de l'intérieur; mais c'est surtout dans le fond des vallées humides que le règne végétal déploie ici une grande mai^nificence.
Parmi les plantes les plus dignes d'attention , nous nous bornerons à citer Téclatante lapagerie, Talgabona, les amaryllis t la violette ariwrescente, le galliet à ftaurs bleues, Pélégante fuchsie, la snrmienta charnue aux corolles vermillon, le datura, dont les fleurs sont blanches , le melocactus aux craodes corolles jaunes, les cactiers i petites fleurs couleur d'or, et In verveine nuancée de pourpre. Plusieurs plantes utiles méritent également une mention
SrUciilière s la Jueuâ mtarcficut de ïamisso, qui sert de nourriture aux habitants de la cote du sud(*); les feuilles du psoralea-confen , qui donnent une boisson capiteuse; le fruit de VariiêotelkhmiUfuiy dont les CbilianB tirent leurs boissons appelées cici et theca; le mayten^ Tarbre à savon, le tabac, le pehuen {pinus araucanus de Molina); la valériane, dont les racines servent de oombustibie aux voyageurs qui traversent les Andes; les' crnnds myrtes qui donnent un fruit succulent; et enfm plusieurs espèces de grands arbres (]ui fmnisaant des bois 4e oom* truction.
ZooLOGTS. La variété si remarqua* ble qu'affecte la surface dn territoire cbiiiea dooue a celte contrée, plus
(•) Chom, Voyage {pittoresque tutoiirdtt «ewto. CtUe |iy^|ilute j eit repréNotée.
Miit*ékre qu'i nulle autre 'partie A»
rAmérique du Sud, la physionomie d'une nature à part. Comment le règne animal ne serait-il pas aussi riche gue varié dans un pays qui offre à la rois de sombres valfi^s et des hauteurs colossales, des prairies humides et des plateaux desséchés, des déserts arides, de grandes forêts, et cinq cents lieues décotes marines! Dans les mammifères ' on remarque (luelques grandes espèces de chat : le felia puma de Molina , appelé paggi par les naturels. Ce qiiiidrupéde est improprement désigné nar Molina sous le nom de lion du Chtlis c'est une insulte uratuite faite au roi des déserts africains, le pagui étant un animal aussi pusillanime que teroce; le nBrgay {/elU tigrina); Tocelot, qui se tapit pendant le jour dans les fourrés, et ne citasse que dans les nuits sombres, lorsque la tempête proiide; le yaguarondi, autre espèce de forban nocturne. Parmi les autres genres, nousdterons le chinche fétide (riverra mephitis)^ espèce qui pnrnît être identique avec la moutlette du ('hili décrite par Buffon. Cet animal exhale une odeur tellenMnt fétide, qu*on a va des personnes en être crnvpinent incommodées : c'est surtout dans les moments de dancer qu'il met en usage ce moyeq de dérense; le diinchitla {mus Aviser), mammifère de Tordre des rongeurs, qui tient le milieu entre le lièvre et la gerboise. Il est un peu plus
Setit qu'un lapin de garenne, et vit ans des terriers creuses au milieu des champs ou dans le fond des vallées humides. Sa précieuse fourrure le garantit suilisamment du froid. Les Espagnols le nommeut n/fnsUla. Comme les ' écureuils, il se sert de ses pattes de devant poiir nmnger, et s'assied sur celles de derrière, qui sont deux fois plus longues que les premières. Il est doux, craintif, et mie à apprivotsef.
Les Chiliens le chassent avec des chiâis dressés à le prendre sans endonimaper sa fourrure. On voit aussi le cliiiichrila dans le Pérou; mais celui-là est moins estimé. Le renard tricolor semble éb^ le même que celui qui se retroiivedaDi r Amérique du fiord; le.cbUi-liuèqttt