‹ L'UniversChapitre 22 sur 60 · PATAGOME , TERRE-DU-FEU ET ILES MALOUINES. M · texte numérisé non relu

PATAGOME , TERRE-DU-FEU ET ILES MALOUINES. M

dans tons les sens par une infinité de bras de mer, et offre de hautes montagnes dont le sommet est chargé de neiges éternelles, tandis que leur base est couverte de bois épais et humides.

Les beaux jours sont rares dans cette région, sur laquelle fondent, comme

f)ar prédilection, les nuages, les brouilards et les tempêtes formés à l'extrémité delà Terre-du-Feu.

• Les Alikhoulips sont les plus grands et les mieux faits dt-s Fuég.ens; leurs femmes ont la physionomie beaucoup moins hideuse que celles des autres tribus. Toutefois, ces indigènes sont inférieurs aux Yacana, et bien plus encore aux Patagons. La contrée où ils résident a beaucoup d'analogie avec le pays des Tekinica, mais Tes vents y régnent plus souvent et avec plus dé force.

Les Pécherais sont de pauvres et cliétifs Indiens d'un aspect repous* sant. Comme ils occupent la partie centrale du détroit de Magellan, ce sont eux qui ont la visite des marins qui naviguent dans ce passage. En général, les Européens n'ont jamais eu à se plaindre de leur caractère.

Les Fuégiens du havre de Merci ont le corps chétif, les membres difformes et peu musculeux ; leurs cheveux sont noirs, roides et épais ; leur barbe, leurs moustadies et leurs sour-

cils extrêmement courts et soigneusement arrachés ; ils ont le front bas, le nez assez proéminent, avec des nannes dilatées. Leurs veux sont bruns et de grandeur ordinaire ; leur bouche est grande, la lèvre inférieure épaisse; les dents petites, régulières, mais de couleur terreuse. Leur physionomie est sans expression.

Nous dépasserions le cadre de cette notice si, nous laissant entraîner sur lés traces des auteurs qui nous servent de guide, nous entrions avec eux dans les mille détails de mœurs qu'ils ont enregistrés dans leur curieux journal de voyage; toutefois,. il nous reste un point important à traiter ou du moins a indiquer : c'est la langue des fuégiens.

Le vocabulaire que nous donnons ici est un document presque original, en ce sens qu'il n'existe encore que dans la relation de M. Fitz-Roy.

En publiant en abrégé ce tableau de deux langues jusqu'ici entièrement inconnues, nous devons prévenir le lecteur que la lettre h indique une aspiration gutturale très-forte. Les sons gutturaux sont bien plus prononcés dans les idiomes fuégiens que dans la langue patagone. On peut m^me comparer certaines intonations des premiers aux efforts que Ton fait quand on a dans la gorge un corps étranger dont on veut se débarrasser.

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