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PÀTAG01«I£, TERRE-DU-FEU ET ILES MALOUINES

dont se compose la provision dliiver de chaque famille, rend ces dégoûtantes demeures à peu près inabordables aux étrangers.

Un are. des ndebea armées d*on eaillou barbelé, et une fronde, sont leurs armes de prédilection. Ils tirent de Tare avec une adresse merveilleuse.

Mais Tusage qu'ils font de la fronde est vraiment extraordinaire. Ils frappent, avec une pierre, un but placé h une grande distance sur une branche d'arbre. King raconte qu'ayant demandé à un Ftiégîen de lui montrer la manière dont il se servait de la fronde, l'Indien ramassa une pierre grosse coRime un œuf; puis, ayant marqué un canot comme but, il se tourna et lança la pierre dans une direction opposée, contre un tronc d'arb? r ; le projectile rebondit, passa par-dessus sa téte , et tomba dans le canot. Il parait, dn reste , qu'ils n'emploient leurs armes qu'à la diasse , car on o*a pas remarqué qu'ils se livrassent à ces guerres de tribus à tribus, qui semblent destinées à occuper l'oisiveté des peuplades du continent et des grandes ties voilines.

Quand ils veulent fnire du feu, ils frappent d'un caillou un morceau de nmiUe, en tenant par-dessous, pour noeroir les étincelles, un peu de mousse ou de duvet mêlé nvpf une terre blanclvltre, qui, foriruie de détritus végétaux entièrement desséchés, ismid feu comme ramadou. Le mondie dont ils se servent indique, dans les montagnes où ils le ramassent, et qui iODt principalement situées au nord , reiiafaiice de mines d'étain , et peut* être de métaux plus préciem.

Ils naviguent dans des canots qui ont une quinzaine de pieds de long •ur trois de large , et autant de profeodear. Ces embarcations, plus vastes, mais moins artistement confectionnées

3ue celles des Samoïèdes, sont faites B petites branches courbées en arc , st unies entre elles avec des tendons d'animaux et des bandes de cuir.

Les femmes ont le pénible soin de ramer sur mer, et les lioninies ne les remplacent que quand elles sont exté*

nuées de Mgoe. A elles sont dévolues toutes les occupations du ménage. Ce sont elles , par exemple , qui , munies d'un panier et d'un oâton pointu , un sae de peau de goanaque sur le dos, vont détacher des rochers et des bri« sants découverts par la marée descendante, les coc|uiIlages qui composent le nœts principal de ce peuple.

Les Fuégiens, dont rappétit n*est pas facilement rassnsir , mangent aussi de la chair de phoques et de cétacés , comme l'a prouvé la présence de plusieurs ossements de ces animaux dans leurs wigvams. Le |K)isson cru est aussi pour eux un véritable régal. En fait de végétaux, ils n'estiment pour aliment que les baies d'un chétif ar* buste , et un fungus de couleur jaune, gros comme une petite pnnuue, et croissant en grande quantité sur l'écorce des hêtres. L'extérieur de ce champignon , d'une espèce à part , offre une multitude de cellules profondes, et ressemble, sous ce rapport, à une ruche irrégulière. Les indigènes le mangent cru lorsqu'il a acquis , par la maturité, une saveur lé«renient sucrée • et un parfum analogue a celui du mousseron.

Les ofQciers du Beagle avaient ^uelaue raison de soupçonner les Fuégiens de cannibalisme. Ces soupçons furent confirmés par les déclarations de quelques-uns de c^s indigènes qui avaient été conduits à Londres, et qui, familiarisés avec la langue anglaise, don* nèrent au commandant Fitz-Roy des explications positives et détaillées sur cette horrible coutume : d'après cela, M. Fits-Rov n*hésîte pas a affimar que les Fuégiens sont cannibales , et

3ue, notamment, ils sont dans l'usage p tuer leurs plus vieilles femmes, pour les dévorer, lorsqu'ils craignent de manquer de vivres. Ce trait donnerait a la physionomie de ce peuple un caractère tout particulier, et le distinguerait essentiellement des autres oafions de Textrémité méridionale dfl l'Amérique.

Malgré cet usage, qui contraste avec l'amour de la famille, sentiment trèsdéveloppé chez les Fuégiens, ils ont

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rhumeur assez douée; et, après le

tremier moment de surprise causé par i TO0 d*uD étrai^er, ils aecueillent

bien !• voyageur. Leur intelligence paraît très-bornée ; cependant pins d'une observation , et notamment l'exameu (thrinologique fait par un officier an- ^aii BUT plusieurs d*entre eux , prouve qu'ils sont susceptibles d'uoo cerUiine éducation.

On sait encore peu de chose de leur religion, si tant est quMls eo aient une. II est probable que lotirs croyances se bornent, couiine celles des Patagons, à quelques superstitions plus OU noins «xtravagantes. Quoi qu'u eo soit t on n*a pas remarqué qu*Us eussent Hucnn culte extérieur.

Tels sont les traits et les caractères distinctifs des Fuégiens en général.

L'OttmgedeMM. King, Fitz Roy et Darwin nous fournit quelques détails spécia(i!( à chaque tribu en particulier. Voici comment le premier de ces savants divise les indigènes de la Terre*

du- Feu :

La tribu des Yacana-Kunny habite la partie nord est de ce vaste groupe dites : elle est peu connue, et se compose, ace qu'on croit, de cinq ou six eents individus, les enfants exceptés.

Par delà une haute chaîne de montagnes, au sud-est des Tacana, habite la tribu des Tekinica, aotrèfois nommée Kyuhué, les plus pauvres Indiens de la Terre-du-Feu. Ils vivent sur les bords et dans le voisinage du canal dtt Beagle. Le nombre des jeunes gens, dans cette tribtt, peut s'éteverà

cinq cents.

A l'ouest, entre la région occidentale du ctnâl du Beagle et le détroit de Magellan , est une tribu appelis JiikhouHp, et qui con^ enviiOft quatre cents individus.

Les parties centrales du détroit sont habitées par une horde de deux cents Fuégiens, auxquels Bou<2;ainville , et après lui d'autres navigateurs , ont imposé le nom de Pécherais, par analogii me vm eselwnation rarniHêreà ces sauvages.

Les Yacana-Kunny ressemblent aux Patagoas pour la taille, la couleur de

la peau et la manière de se vêtir. Ils paraissent être aujourd'hui dans la aitttation où étaient les Patagons atant qu'ils eussent des cbcv.'iux. Avec leurs chiens, leurs arcs et leurs flèches, leurs bolas, leurs frondes, leurs lances et leurs massues, ils tnent des guana-

3ues, des phoques, des autruches et 'autres oiseaux. Du reste, les indigènes de cette région sont plus heureux , sous certains rapports , que leurs voisins du continent; car la portion nord-est de la Terre-du-Feu est placée dans des conditions physiques meilleures que la Tatagonie. On ne trouve plus ici les montagnes boU sées des îles occidentales, niais des

Êlateaux peu élevés et couverts d'arres en partie seulement ; au nord de ces plateaux , on voit de vastes espaces presque découverts et offrant de précieux pâturages. AjoHtfms que le climat tient le milieu entre les extrêmes d'humidité et de sécheresse, qui sont le partage des pays environnants. Il est donc à présumer que si jamais on tonde un établissement dans le pays des Yacdna, particulièrement appelé par Narborough terre méridkmtUe ^ roi Charlesy on aura plus d'onê chance de réussite.

Les Tekinica sont petits et mai faits; la couleur de leur peaU est celle da Tacajou le plus vieux, ou plutôt entre le cuivre et le bronze. Les jambes sont minces et en (iispro|K)rtion avec le butte; leurs cheveux, noirs, sales et grossiers, cachent une partie de lew ngure et rendent encore plus hideux le caractère de leur physionomie. La fumée au m'^ieu de laquelle ils vivent eonstammem, Tusage de nniilê dont ils oignent leur corps, les substances dont ils se barbouillent, les aliments malfaisants et quelquefois putréfiés qu'ils engloutissent dans leur avide estomac, tootoela produit sur leur personne des aMs qQ*il est fêôÈê d'apprécier.

On peut expliquer jusqu'à un certain point r&t de sti^iïdité et dft squalidité physique de cette tribu, par le climat dont elle subit rinfluence.

iic pays qu'elle habite est découpa

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