‹ L'UniversChapitre 48 sur 60 · ILES GALAPAGOS · texte numérisé non relu

ILES GALAPAGOS

L'archipel des Galapagos se compose d'une quinzaine d îles, dont cinq sont incomparablement plus jirandes que les autres. Il est situe dans Tooéan Pacifique, à cinq ou six cents railles à l'ouest de la cote du continent américain, immédiatement sous la ligne équatoriale. Explorées par Dampier, en 1684, et, pendant ces dernières années, par les compagnons des c;ïpitaiti(\> Parker -King et Fitz Roy, ces iles sont inliubitées, à l'exception d'un« seule, et ne sont fréquentées que par les navires baleiniers, gui Tiennent v renouveler leur provision d*eau et de vianfie. Quoique les fraités de géographie ne leur accordent aue quelques mots, on nous permettra de donner un peu plus d'espace à la description de ce groupe interessnnt , qui, sous certains rapports, mérite tout autant d'être connu que d'autres parties du globe.

Les principales Iles de cet archipel sont, par ordre de grandeur, AIdcniarie, Narboiough, James, l'île Infatigable, i'iic Chatliam, Tile Charles, lifeHood, Barri ngton, Donean, Jervls, Abingdon et Bindloes.

t'olcana. La coîistiuition de l'archipel tout entier est volcanique, ii l'exception de quelques fragments de sranite qui ont été vitrifiés et altérés de la façon la plus bizarre par l'ardeur des feux souterrains; tout y est lave et pierre a sablon résultant du broiement de cette substance. Les îles les plus liantes , c'est-à-dire celles qui atteignent une élévation de trois ou quatre nulle pieds, ont généralenif^nt un ou plusieurs cratères dans leur partie centrale, et leurs flancs offrent des orifices plus petits. On peut évaluer à deux mille au moins le nombre des bouches de volcans qui existent dans ces iles. Ces ouvertures sont de deux sortes : les unes sont tapissées de scories et de laves ; les autres de pierres à •ablonvoksaoiqaemagiûfiquemeiitstra-

tifiées. Ces dernières sont presque tout( s de forme admirablement sytnétrique : elles ont été produites par l'éjection de l'espèce de boue composée de cendres et aeau sans lave qui sort ordinairement dans les éruptions.

Rien n'est plus sauvatre et plus horrible que l'aspeci des courants de lave les plus récents. On les a compares avec raison à une mer qui aurait été tout à coup immobilisée et pétrifiée au nn'Iieu d*une tenjpète. Il faut dire cependant que la mer n'offre ni de^i ondulations aussi irrégulières , ni des ouvertures aussi ()rofondes. vue de cette espèce de chaos ferait croire que l'on foule la terre où les cyclopes de la MXt avaient établi leur séjour.

Tous les cratères dorment aujonrd'hiii. et (pioique Tàge des différents courants de lave soit facilenient appréciable, il est à présumer que ces orifice^ sont depuis plusieurs sièdet dans Tetat où on les voit actuellemeot. Aucun ancien voyageur ne dit avoir vu de volcans en activité dans cet archipel. Cependant, depuis l'époque où Dampier te visita, il doit y avoir eu

accroissement de végétation, autrenieot

un écrivain aussi consciencieux ne se serait pas exprime ainsi : « Quatre ou cinq des ties les plus orientales sont rocailleuses, nues, montagneuses, et ne produisent ni arbre, ni plante, ni herbe, à l'exception de quelques dlldos ( espèce de cactus ). » Cette description n*est aujourd'hui applicable ou'aui fies occidentales, parce que là les forces cachées des voicans sont encore

ener;^iqups. * CliinuL Les iles Galapagos jouissent d*un climat moins cbaufiqu'oo ne le supposerait d'à près leur situation sous l'équatenr. Cette circonstance tient prubablenient a la température singulièremenl basse de la mer qui les bai-

§ne. Les pluies y sont rares, excepté urant la mauvaise saison, qui est fort courte; toutefois il est à remarquer

DES iL£S D£ L'OCÉAN.

que (es noages y sont génératemeot bas

et lourds. Il résulte de ces particularités que les jiartips inférieures de-ces îles sont extrêmement nrides, tandis que leurs plateaux, élevés à mille pieds et plus, sont couverts d'une végétation vigoureuse. On remarque surtout l'abondance des arbres et des plantes dans la partie de ces sommets située du côté du vent . cette partie recevant la première rnumidité de Tatmosphère qui y reste quelque temps condensée.

Ce que Dampier dit du climat des Galapagos est exact. Colnett, qui a aussi donné une bonne description de

cet archipel peu connu , considère ce climat comme un des plub délicieux du monde entier, quoiqu'on ne se trouve qu*à quelques milles de Téquateur.

Hhtoire naturelle. L'histoire naturelle de cet archipel est très-intéressante. Les lies Galapagos semblent former à elles seules un monde tout entier, tant est grand le nombre des végétaux et des animaux qui y vivent; monde priuutif assun'nu'ul , car les oiseaux y suut si ueu liaijitues u la vue des hommes, qu'ils viennent voltiger autour d'eux et ne s'inquiètent en aur?ine façon des pierres qu'on \cnr Innée. Plusieurs vovageurs ont pu abattre avec un bdton d^es milliers de ces confiants animaux.

Le rèfine vcizét.il offre plusieurs espèce-^ nouvelles, uiais peu iiilcrcssantes. Parmi les végétaux utiles qui croissent dansi|4ielmies-unes de ces ties, notamment à l'île Charles , ou peut citer le plantain, la citrouille, le manioc, l'oraniicr, le pnhna-chrisli , le melon, la banane, la canne a sucre et les patates.

Parmi les animaux , nous citerons d'abord une espèce de souris qui , par la lartjeur de ses oreilles et d'autres caractères distinctifs, forme une section du genre particulier aux régions stériles de l'Amérique du Stul. Les oiseaux y sont petits et d'un plumaj^e triste. On y trouve les tortues en quantité innombrable (*). Comme les moeurs

(*) Le mot Galapagos, qui eif «spagnol,

de ce reptile offrent des détails ca-

rieux , nous donnerons In traduction

exacte du passage que M. Darwin consacre a ce sujet dans le S" volume de la Relation du voyage du capitaine King :

Ces animaux habitent la plupart des îles de cet arcbipel, si ce n'est toutes. Ils sont si nombreux que, suivant Dampier, cinq ou six cents hommes pourraient subsister de leur chair pendant plusieurs mois sans avoir d'autre aliment. Ils fréquentent de préférence les lieux élevés et humides. Quelques individus atteignent une grosseur prodi||ieusc; M. Lanaon, sujet anglais qui, 5 l'époque du voya^re du Benglr ^ avait la direction de la colonie de l'ile Charles, nous dit qu'il en avait vu * quelques-uns si énormes, que sept on huit hommes suffisaient, à peine pour les enlever de terre , et que plusieurs ont dooué jusqu'à deux cents livres de chair. Les vieux mâles sont les plus gros; les femelles restent généralement plus petites Les premiers peuvent être facilement distmgues des seconds par la longueur de leur queue.

Les tortues qui vivent dans les terrains privés d'eau ou dans les parties basses et arides de ces îles , se nourrissent principalement de la substance succulente du cactus ; celles qui fréquentent les plateaux élevés et humides mangent les feuilles de différents arbres, une baie acide nommée (juaya^ vita. et un lichen Ulamenteux qui pend en longues guirlandes le long des arbres.

« Ta tortue aime beaucoup l'eau; elle eu boit d'énormes quantités et se plaît beaucoup dans la vase. Comme les îles les plus grandes renferment seules des sources, et comme ces sources sont toujours situées sur les sommets les plus élevés des parties centrales, les tortues qui vivent dans les districts inférieurs sont obligées, quand elles ont soif, d'accoiii[>lir de longs voynqes pour se désaltérer. Aussi a|)crçoit-on dans toutes les directions, à partir du bord de la mer, des sentiers larges et bien battus conduisant dans l'intérieur des lies; c'est en suivant ces cbemini

^ les Espa^ls découvrirent les ai-

cuades des rialnpaîios. Quand je débaniuai à l'île Chntlmin, je ne j)oijvais comprendre quel était rauimai qui voyageait si méthodiquement. En arrivant près des sources, faperçus un curieux spectacle : de nombreuses tortues, eéants de leur espèce, ent(»tirniiMit les réservoirs d'eau douce ; Tune s'avançait avec ardeur et le oou tendu vers* le bassin, Tautre s'en retournait satisfaite après avoir bu largement.

Lorsque l'aniinal nrrive à la source, sans s'inquiéter des objets ni des gens qni Tentourent , il plonge sa tête Jus u*aux veux dans la fonta*

tants de 111e Charles se trouvent daM

les basses terres, et sont tourmentés pnr la soif, ils sont dans l'nsagf de tuer une tortue, et si, par l)onbeur, la vessie est pleine , ils en boivent le contoiu. J ouvris un de ces animaux . et j'y trouvai l'e in parfaitoinent limpide, elle avait seulement contracté une saveur légèrement amère. Disons toutefois que les colons boivent d'abord Teau contenue déns lepéricaide, parce qu'elle est plus pure.

« Les tortues, lorsmi'elles se dirit^ent vers un point déterminé, marebent le Jour et la nuit, et atteignent le but

Qu'aux yeux dans la lontaine, et aspire de leur voyage beaucoup plus tôt qu'on e grandes gorf^ées d*eau (dix par ne le croirait. T. es bnhitnnts, d'apr^ minute ). Les habitants disent que le des observations faites sur des indivlreptile reste trois ou quatre jours dans dus marqués d'un signe spécial , ont le voisinage des fontaines et retourne calculé que ces lourds animaux peuvent ensuite aux terres basses; mais ils ne parcourir un trajet d'environ huit milsont pas d'accord sur le nombre et la les en deux ou trois jours. .l'ol>servai fréquence des voyages; il est probable moi-même une tortue qui marchait « que l'animal se déplace plus ou noolns et je trouvai qu'elle cheminait à raison souvent, selon la nature de- son ait* de soixante yards par dix minutes, ce bientation. Cependant il est certain que qui fait trois cent soixante par heure, les tortues peuvent vivre même sur et quatre milles par jour, en distravant les îles où ToH ne trouve d'autre eau le temps nécessaire pour preudre quelque celle qui tombe pendant les quel- que nourriture en chemin.

ques jours pluvieux de Tannée

« Il est, je croîs, bien constant que la vessie de la grenouille sert de réservoir pour conserver le liquide nécessaire & l'existence de l'animal. La tortue semble être douée du même privilège , car la vessie de ce reptile reste distendue par le fluide, même un certain temps après un voyage aux sources, et l'eau diminue graduellement en devenant liioins pure (*). Quand les babi-

« Pendant la saison de la ponte . le

mâle pousse un cri rauqne qu'on dislingue h plus de cent yards. La femelle reste toujours silencieuse , et le mâle ne fiiit entendre sa vois que dans cette occasion ; de sorte que qnand les colons entendent ce oruit bien connu, ils savent que le counle est réuni. C'est dans le mois d'octobre qtR la ponte a lieu. La femelle, dans les endroits sablonneux, dépose ses op!ifs tous ensem-

ble et les couvre de sable ; mais la ou

(•) M. Phi-Roy, dans le volume du journal le sol est rocailleux , elle les met tout

delà in*me expédition qui porte «on nom, simplement dans un trou. t*ceuf est

donne sui les tortues des Galapagos des de- bi^^^ spllérique; fen mesurai un

laiU qui taooordent en tous poinu avec j ^^.^j^ ç-^^,

ceux que ww» devons à son compagnon de ^„„f^3rcnee. Les petits , dès qu'ils sont

Toya«e M. Darw.n et X 17 édos, devieimeot uour la plupart la

chose. Au siiu't df la aruUe dont jomsseal les » 'j t. j Sr ^^2ill.i

lorlue. de œniei ver iongtempi dans leur P«>»« des blizards tes vleilfcs ^rtues

estomaeouIfliir^erewaconniTeàleur' paJ'aissent généralement mounr par

uibaislaiioe,ilditqiie,d*aprwle»aMerUons nrrulents , tels qu'une chute dans tjn

des gens du pays, ces animaux iwuvent précipice. Plusieurs colons mont dit

rester six mois el plus sans renouveler leur "'en avoir jamais trouvé de mortes qui

proviwob iniériettre de liquide, et saut le- ne portassent les marques de quelque toaiiMr à raîjîiiade. ^ coup violent.

BES ILES DE L'OCÉAN

0 « Let Inbitaitts croient ces animaux

comiiiétement sourds ; ce qu'il y a de certain; c'est qa*ils n'entendent pas une personne marchant immédiatement dernère eux. Je m'amusais toujours, lorsque je surprenais un de ces monstres suirant tranquillement son chemin, à le voir, aussitôt qu'il m'apercevait, pousser un fort sifflement, cacher bruflq[uement sa téte et ses pattes , ' et se laisser tomber lourdement à terre avec un bruit sourd, comme si la mort l'avait subitement frnppé. Je montais souvent sur leur dus , et , en donnant quelques couf» sur la partie de Técaille TOisine de la queue, ils se levaient et marchnieiit ; mais j'avoue que j'avais beaucoup de peine a garder l'équilibre sur cette étrange monture. .

• La cbair de la tortue est très-recherchée, fraîche aussi !)ien que salée, et s:i liraisst' fournit une huile cxtremeniLUt pure et transparente. Quand on prend un de ces animaux , on lui fà\i une incision à la peau près de la queue, de locon à voir dans l'intérieur de son corps, et à vérifier si In couche de graisse qui s'étend sous l'écaillé dorsale est épaisse. Si elle ne l'est pas, la tortue est délirrée, et l'on dit qu^elle se remet très promptement de cette singulière opération. Pour empêcher ces reptiles de s'échapper , il ne suÛit pas de les renverser sur le dos, car ils parviennent souvent à rqirendre leur position naturelle.

•> Celle espère de tortue, connue 50us W nom de tt;>tudo indicua^ se trouve aujourd'hui dans plusieurs autres parties du monde. Suivant plusieurs savants qui ont étudié les reptiles, il est à présumer que ces animaux tirent tous leur origine de l'archipel des Galapagos. Du moment où l'on sait combien ces îles ont été fréquentées par les boucaniers, et que les tortues étaient enlevées en vie et en très ;;rand nombrepar ces aTenfuriers, il y a toute raison pour supposer qu'elles ont été distribuées dans différents pays lointains. »

La tortue n'est pas le seul reptile qui vive dans les tiés Galanagos. On f tnuve aussi deux espèces oe iézards,

Pune terrestre , l'autre marine, et quelques espèces de serpents non venimeux. (!e qu'il y a de surprenant, c'est qu'il ii"y ait ni crapauds ni grenouilles. Ce fait Cbt d'autant plus étrange, que les bois humides des plateaux élevés de cet archipel paraissent convenir merveilleusement aux habitudes de ces animaux. Ceci nous rappelle que M. Bory de Saint-Vincent, dans sou voyage aux lies d'Afrique, dit qu'aucun animal de cette famille ne vit dans les îles volcaniques des grands océans. Cette observation n'est assurément oas sans fondementi et elle acquiert plus d'intérêt quand on la compare avec celle qu'on a faite sur les lézards, qui se trouvent toujours au nombre des premiers habitants des plus petits ttoU* Cette différence ne viendraît-elle pas de ce que les œufs des sauriens, protégés par une enveloppe calcaire, peuvent être sans inconvénient transportés d'un lieu dans un autre, par les flots de la mer, tandis que le frai visqueux des batraciens ne peut supporter i' immersion prolongée dans 1 eau salée ?

Une dernière observation complétera ce que nous avions à dire sur l'histoire naturelle des Galapagos. Ces îles sont moins remarquables par le nombre des espèces de reptiles qu'elles renferment, que par le nombre des individus. En voyant les sentiers tracés par des milliers de tortues monstrueuses, les garennes des lézards terrestres, et les groupes nombreux du saurieu aquatioue étendus au soleil sur les rochers au rivage, on est forcé d'admettre que dans aucun autre espace du globe cet ordre d'animaux ne remnlace les mammifères av^ une abonoance aussi extraordinaire. II ne faut pas perdre de vue que cet nrchipel, au lieu de sid)ir l'innuerjci' d'un climat humide et de posséder une végétation vigoureuse, doit élve considéré comme généralement aride et très-tempéré, eu égard à sa position sous la ligne équatoriale. Ce spectacle ne peut-il pas ranpeler au géologue l'époque de la création, où rs sauriens acquéraient des dimensiona qu'on ne peut aiyour^

d'iuii comparer qu*à celles des mammifères cétacés?

DiSCBIPTION PABTICULliEB DE

QUELQUES ÎLES. — Ile Charles, Cette île, nommé»' fa Floriana \yw If s hribitants (Je Guayaquil, et Sarila-Marin de l'Aguada par les Espagnols , a été , fX)mme tout rarchîpel dont elle fait

Krtie , l(Mmtpriips rréqnentéc par les uraniers, et Test encore par les p(?dieurs qui poursuivent la baleine dans Tocéan Pacifique. En 1832, la république de TÊquateur résolut de faire des Galapnîfos. qui lui npp'irtiennent, un lion de déportation , t-t envoya en conséquence une petite colonie a l'île Charles. Don José Vtllarmil fut nommé gouverneur du nouvel établissement, et M. ÎVicolas T.awson, Anglais d(} nation, fut chargé d'aller le représenter et d'exercer ses fonctions. A l'époque du voyage du capitaine Kini; , la colonie comptait environ quatre-vingts petites maisons ou cabanes, et deux cents habitants, la plunart condanmés politiques et hommes ae couleur. L'établissement est placé à quatre milles dans l'intérieur des terres, à une hauteur qui ne peut être évaluée à moins de mille pieds, il c.st entouré d'une végétation abondante. En arrivant à ce village, on éprouve une surprise des plus agréables. Après avoir souffert cruellement de la chaleur et de la fatigue pendant un long trajet sur des pierres volcaniques et a travers des bots nriilés j)ar le soleil, ce n'est pas sans bonheur qu'on se sent tout fi coup rafraîclii par une brise légère, et qu'on repose ses yeux sur une |)laine cultivée dont l'aspect seul indique la fertilité. La vue de la végétation tro|)i(\iIe qui vous environne, des bnnnniers, (les cannes a sucre, dt? ble d Inde, des patates douces, et des autres plantes qui croissent avec abondante dans cet endroit privilégié, vous fait douter que vous soyez dans cette même île ou vous avez tout à l'heure aperçu tant d'objets attristants. Il pleut 'très-souvent sur ce plateau, et le sol qui reçoit l'eau fécondante du ciel p«t de nature à conserver longtemps l'hiuiiidité qu'elle y développe, ftodant rhivemage, cette

niaine se couvre de boue, tandis que les pluies peu abondantes qui tombent' dans le district inférieur sont si promptement absorbées , ou s'innitrent si vite h travers les pierres de lave, que leurs effets ne sont pas sensibles.

Quoique la plupart des colons soient venus à l'île Charles contre leur gré, il en est beaucoup ipii n'ont aiirnn désir de retourner sur W continent. Quelques-uns sont marier et ont eu des enfants dans 111e même. Tous tirent sans peine du sol fertile qu'ils exploitent, leurs moyens de subsistance. Ils trouvent, en outre, dans les bois des cochons et des oies sauvages, et les tortues leur fournissent un aliment aussi agréable que salutaire. On raconte qu'un vieux marin vécut plusieurs années dans une petite caverne voisine de la fontaine nommée Governor's Dripstone; il y avait oublié ses malheurs et le monde; les tortues et les

f»atates coujposnieiit son ordinaire. Cet lomme était si attache à sa caverne, que lorsqu'un de ses aneiens amis, arrivé aux Galapagos sur sa baleinière, le reconnu' et l'eiutnena de force, il ne put s'enipècher de i epandre des larmes.

Ile i /iuiham. Cette île, comme toutes-les autres, offre des- restes nom»

breux d'anciens cratères. Rien n'est moins attrayant que l'aspect de ce lieu. Le regard ne rencontre que de vastes étendues de lave basaltique noirâtre, couvertes de broussailles desséché.

Ce qu'il y a de particulier, c'est que ces espaces brûles par les rayons d'un soleil dévorant répandent dans l'air ' une odeur suffocante , semblable k celle qui s'exhale d'une étuve; les broussailles même sentent mauvais.

Les bois ciair-semés qui couvrent les parties basses de toutes ces îles, e\- i cepté là où la lave a récemment coulé, paraissent, à une certaine distance, I être privés de feuillage, comme les ar- I bres de l'hémisphère boréal durant i l'hiver. Ce n'est que quelques instants i aprèsqu'ons'aperçoitquecliaqueplanfe est chaniée de sa parure verdoyante.

Ile .Ilhc/narle. C'est l'une des plus | tristes et des plus sauvages de tout ' cet archipel. Elfe renferme an lac salé,

DES ILES DE L'0C£AK

qui prodait du sel en assez grande

quantité; l'eau de ce hic n'a que trois ou quatre pouces <ie profoinieur, et s'étend sur un fond de sel cristallisé, d'une Mandieor éclatante. La saline est parfaitement circubire <'t bordée de plantes touffues. Les bords .'ibniiîts du cratère sont aussi tnpissés d'arbi Lsseaux. Ce lieu désert est un des plus pittoresques qui existent dans les Galapa(;oS. C'est là que les matelots d'un vaisseau pécheur tuèrent, il y a quelques années, leur capitaine; les naturalistes du Beagle trouvèrent dans les broussailles le squelette de la victime.

On voit que les îles Galapagos, maigre la beauté de leur elimat, sont un fort triste séjour. Cependant ce que nous en avons dit suflit pour prouver Que rindustrie humaine pourrait leur faire subir la pitis benreiisf» transformation. Mais la reinibli(iue de l'F.quateur est trop occupée de ses affaires intérieures pour songer de loogtemi» à coloniser utilement pour eUe - menie cet intéressant arehipel. Il faudrait, en attendant, que ces îles eusseut lu boubeur de trouver un spéculateur entreprenant, qui se chargeât de les fertiliser a ses risques et pn iis, et moyennant une redevance payée an gouvernement.

C'est ce qui est arrivé aux iles de Juan Fernandez, qui, au moment où nous éoivons, sont sans doute, et grâce à un hasard heureux, en pleim* voie de prospérité. M. Franeis I.avalléc, vireconsul de France au Chili, dans une

lettre éerite en 1836 et insérée dans

les Annales maritimes, nous a appris que Taneieiine residenee de Hofainson Crusoè était devenue la propriété d'un eitpyen américain qui l'a affermée pour un grand nombre d^annëes. Cette tle avait servi de dépôt pour les condamnes polili(|nes; mais les dépenses qu'entraînait cet établissement et le nombre croissant des prisonniers déterminèrent le gouvernement chilien à renoncer à cette idée. Le spériiîatetir en question avait le projet, à Tépoque où M. Lavallée écrivait sa lettre, d'y enjigrer et d'y amener cent dix familles des îles Sandwich , dans le but de cultiver le sol et dV.iever des bestiaux. Mais le plan de ce roi des îles Fernandez ne se bornait pas à cela :

il avait rintention d'établir des bouées dans le prinrij» 1 |)ort, pour l'avantaf^e des baleiniers, et de fournir ses magasins de tous les objets dont les marins en relâche sur ces côtes peuvent avoir besoin. Il voulait aussi, pour utiliser ses capitaux, escompter les traites des pécheurs, ^ul doute que ce projet de colonisation ne réussisse dans un pa\ s aussi favorisé de la nature sous tous les rapports. Nid doute aussi qu'une pareille tentative, laite dans certaines iles de l'archipel des Gala-

5aî;os, ne fdt couronnée de succès, lais quel sera le capitaliste d'Amérique on d'Kurope qui concevra l'idée d aller donner la vie à ces îlots perdus au nnlicu de l'océan Paciiiquc ?

ILES RÉVIIiLA GIGEDO.

Dans le grand Océan éi|iiinoxial, à

miatre-vin^t -ciiir] lieues sud de la Vieille-Californie et a cent lieues ouest de la cote du Mexique, on aperçoit uu petit ardiîpcAoonpoM de trois lies principale et de quelques rochers à fleur d'eau. Ce sont les lies Révilla Gigedo, ainsi baptisées en riioniieur d'un ancien vice-roi de la iNouvelle-Espagne qui portait ce nom. Ces lies, situées entre 18" et 20" de latitude nord et entre U2' et 1 14" de longitude ouest, sont fort peu connues et ne méritent guère de Vêtre. Elles sont rocailleuses, sans eau douce et presque sans véi^ptation. Elles offrent sous certains rapports une faraude analogie avec les îles Galapagos (|ue nous venons de décrire, et ce qui augmente la ressemblance, c'est qu'on y trouve, comme dans ces dernières, une fjiLmiité innombrable de tortues qui piiuverjt être d'un grand secours pour les navigateurs qui manquent ae provisions.

La plus considérable des il es RéviUa Gigedo est Socorro; celle (|u'on nperçoit au nord-est de cette dernière s'nppelle Sàn BeneUito j la troisième est

connue août le nom de Rooca par-

tida.

Il ne faut pas confondre l'archipel dont il est ici question avec une autre !le RéviUa Gigedo, située dans le grand Océan boréal en face du Nouveau- Comouailies. Celle-ci gît entre 55° 6' et 55°56' de latitude nord et entre 1 33^^ et 1 33» â3' de longitude ouest. Elle est séparée du continent, à Test par rétroitcanaldeBehm, et au nord par une passe encore plus étroite; au sud et nu sud-ouest , elle est entourée par le caoal ilévilla Gigedo, au delà duguel sont les ties Gravina. Elle a \ingt lieues environ de longueur sur une lar* geur de dix lieues. Le nom qu'elle porte lui fut donné par Vancouver qui la reconnut le premier, et voulut consacrer la mémmre d'un bommequi Hd avait rendu d'importants services. Ce navigateur raconte qu'il en vint aux mains avec les naturels qui Tentouraient dans leurs canots et avaient pris une attitude menaça t)te.

Nous n'avons plus rien à dire sur les îles Kévilla Gigedo, que nous n'avons guère citées ici que pour mémoire.

TABLE DES MATIÈRES

CONTBHimS OAKl

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