‹ L'UniversChapitre 58 sur 60 · VERS · texte numérisé non relu

VERS

et de rhuîle dont fis se frottent continuellement le corps et le visage , ensuite p;ir l'action de Tepciisse fumée que rbuile de leurs lampes répaud dans leurs demeures.

Les Groéniandais exhalent parfooa les pores une odeur repoussante.

Connue ils ne se nourrissent guère que de chair de phoque , d'huile et de viande de baleine « et qu'ils manient continuellement les restes, souvent pulre/iés , de ces animaux, leurs mains, leur bouche, leur haleine, et jusqu'à leur sueur, sont d'une puanteur alfreuse. Le dimanche, lorsque plusieurs centaines de ces sales créatures sont entassées dans une église, e>st à peine si les missionnaires uanois peuvent résister à l'action de l'atmosphère empestée qui les en\ iroone.La respiration est iz^née p.ir les miasmes qui s élèvent de eelto imdtitude dégoiltante ; et les exhalaisons de l'huile et de la graisse dont la lampe est garnie ajoutent singulièrement à ce supplice.

Les Esquimaux du Groenland sont intrépides , courageux et persévérants.

Tel d entre eux qui n'aura rien mangé depuis deux jours , ou qui n'aum pns pour toute nourriture qu*un peu de mousse de mer, ramera avec assurance dans son hatelet, et le conduira sans crainte a travers les ilôts courrouces de rOcéan. Les femmes portent de pesants fardeaux , soit qu elles aient pris leur nourriture haDitueUd wiX que la faim les dévore.

Naturellement tristes et silencieux, Oes' sauvages semblent presque o^m* tamment plongés dans une espèce de stupeur. Ils sont doux , paisibles , et d'un caractère sociable. Quoiqu'ils vivent dans un état de nusere presque continuel , ils ne se trouvent pas mallietfrenx; Tindépendance et une sécurité absolue pour leurs familles leur semblent une compensation suffisante. Ils ne sont ni querelleurs, ni rancuniers; quand Ite voient des Européens se disputer, et quelquefois même se battre, ils s'étonnent de cfs violrnres . et les attribuent a l'usage des liqueurs lortes: « Ils ont perdu Tesprit , disent • ils ; Ui mauvaise eau les a rendus fin». » Os

RÉGIONS CIRCOMPOLAIRKS.

dit qu'on ne les surprend jamais en flagrant délit de mensonee; toutefois, si l'on aecuse un Groënîandais d'une mauraise action , il ne l'aToaera pas , de crainte de perdre , par un aveu sincère, l'estime de ses connaissances, dont il est éminemment jaloux.

Le caractère de ce peuple est difficile à définir. Il offîre des contrastes étrnngrs, des contradictions qu'on ne peut guère expliquer. S'il est doux et humain , d'un autre côté , il pousse quelquefois rindlfférence jusqu'à la cruauté. Par exemple, lorsqu*ils voient UD bateau près de liiire naufniîre , ils ne portent pas secours au pécheur en danger, s il ne fait pas uartiè de leur CD m pa gnie. Toutefois, s*i is entendaient dans la barque des cris de femme ou d'enfants, ils ne balanceraient pas à se jeter 5 la mer pour les sauver. Il en est tout autrement lorsqu'ils partent ptosieun pour la pécbe; alors tout est oommun entre eux , travail , péril, fatigue , misère, et faim même; ils ne se refusent jamais alors aucun service mutuel.

D'autreseontradictions méritent d'être signalées pour bien faire connaître

le naturel des Esquimaux du Groenland. Quoiqu'ils soient generaletnent honnêtes, ils convoitent souvent les biens de leurs compatriotes , et se tes approprient par les moyens les plus odieux. S'ils sont jaloux de la richesse de quelque voisin ou de son activité à se procurer les nécessités de la vie matérielle, ils ne prendront pas le parti de le voler ; ils iront l'attaquer en mer; ils renverseront son canot, ou lui lanceront un harpon jpar derrière, et l'abandonneront ainsi à la fureur des vagues, Enfin, quoiqu'ils soient pacifiques et peu querelleurs, comme nous l'avons dit, ils n'en sont pas moins très-vindicaiitsdans certaines ctsoonstances. Ainsi, lorsqu'un homme a été assassiné, ses parents dissimulent leur ressentiment jusqu'à ce qu'ils trouvent Poccasion de venger le défunt; cette occaitiou ne dût-elle le présentèr que vingt ans après le èrime,Us ne témoignent jusque-là au mfifiràîffr ni h^iit m oolèn. lii, on

beau jour, ils rencontrent l'assassin dans ["intérieur du pays, ils le saisissent , lui reprochent son forfait, et le font mourir sous un tas de pierres, ou le précipitent du haut d'un rocher.

Quelquefois la fureur les porte a couper le mallieureux par morceaux , et à manger son cœur, pour 6ter, disent-ils, à ses parents le courage de venger sa mort. Ajoutons que la \ eniieance est.

héréditaire chez ce peuple, et se lègue comme un patrimoine, de génération en génération ; elle passe ménoe , à ce ' qu^l p ir.iit, aux voisins, excepté ce> pendant lorsque le premier meurtrier a été un vagabond et un scélérat, méprisé de sa propre famille ; dans ce cas , personne ne cherche à le venger.

Croyances et superstitions. Les croyances des Gruènlaiidnis offrent aussi des bizarreries qu'il est intéressant de signaler. Ils ont , par exemple, sur Tame, des idées singulières; voici ce que Crantz dit à ce sujet : « Il y a des Groènlandais qui croient qu'il n'y a (J:iiis l'homme d'autre esprit que celui qui est dans les animaux , et que cet esprit survit au corps; d'autres pensent que Kâme est le second principe dans l'homme, malà que cette âme est matérielle et destructible, qu'elle peut abandonner le corps

Î[uand il lui platt, et v rentrer à toonlé; ils ajoutent qu'elle peut vivre seule et hors flu corps. D'autres donnent deux dmes à 1 homme, Yombre.

et Vhaleine. L'ombre abandonne le corps pendant la nuit ; elle va i la chasse, à la pèche, au bal, et partout où il lui plaît. Rn corisé(|iieure. ils re-

â ardent les rêves comme une absence e Tâme. Cette croyance est fortement appuyée par les devins et les sorciers, qui ne néi^ligent rien pour la propager, parce qu'ils s'attribuent la jiin'ssanre . de rappeler l'àme lorsque la tievre ou le dénre viennent à cesser. Ils se vantent même de pouvoir la changer dans le corps d'un malade, et de lui subs^tituer celle d'un lièvre, d'un renne, d un oiseau, d'uu enfant, etc. Cette superstition est souvent utile aux pau^ vres : les veuves dans Tindigence la matteot à profil pour procurer la sub*

L'UNIVE&S.

aiftaoee à leurs enfants délaissés. Lorsqu'un père de famille vient à perdre un fils, une veuve pauvre lui persuade

2ue rânie de cet enfant a passé dans i corps d'un des siens, dont elle a accouché depuis la mort de l'autre ; alors le père superstitieux se fait un devoir d'adopter r en faut qu'on lui propose; il prend chez lui la mère, qui dès Jors Ment sa proche parente, et qo*ii nourrit, ainsi que son enfant. »

David Crantz donne aussi des détails curieux sur l'idée que les Esquimaux du Groenland se font de Tenfer et du paradis. En voiei la substanœ d'après le résumé qu'en a fait le traducteur de VHistoire de* pèches du Pford:

Les Groènlandais retirant de la mer la plus grande partie de leur subsistance, ont l'idée la plus avantageuse de l'Océan; c'^t au fond de ses abîmes qu'ils placent le paradis; quelques-uns le supposent dans les envailles de la terre, d'autres sous les Torttesdes rochers qui séparent la terre des eaux. Ils se font de ce paradis une idée analogue à leurs habitudes et à leurs jouissances les plus douces : là, ^senHIs, règne un été continuel (ils ne connaissent pas le printemps); le soleil y luit constamment, et défend à la nuit d'y étendre ses sombres voiles; les eaux V sont toujours limpides et d'un goût exquis ; tout y est en abondance , surtout les rennes , les poules d'eau, le poisson, et particulièrement les phoques , qu'on y prend ians la moindre peine, et qui , d'euxmêmes, viennent se jeter dans des chaudières qui bouillent sans interruption. Les âmes n'entrent pas facilement au paradis. Pendant cinq jours, elles errent sur nn roeber escarpé, pointu et couvert de sang ; de là, elles glissent insensiblement dans la demeure des bienheureux. Celles qui font un voyage anàsî scabreux pendant l'biw sont portées sur les ailes des vents orageux ; elles courent risque de mourir une seconde îà\^ en chemin; cette mort serait suivie d'une destruction abeoïiie* et cette crainte tourmente iMmooup les Groêolandais. Cest pour

cela qu'ils s'imposent certaines printions, et qu'ils s'astreignent à certains usn2;es expiatoires.

D'autres Esquimaux de ce pays placent le paradis dans le firmament, audessus des nuages; le voyage est si facile pour les âmes, et elles arrivent si promptement près des étoiles, que, dès le premier soir, elles couchent dans la lune, où elles dansent et vont à la chasse aTCC les autres âmes qui y sont de passage. Ils croient que l'aurore boréale n'est autre cb ise que l'éclat ue répandent les âmes qui dansent ce bel céleste.

On retrouve dans tontes ces croyances, qui , du reste , ne sont formiiléia en aucun culte réglé , une foule d'analogies avec celles de plusieurs peuples sauvages de l'Amérique. Ces rapports frappants sont, au reste, fort naturels ; il est tout simple , en effet , que l'homme, dans l'état d'ignorance |irimitif , se croie destiné à jouir, daus la ▼le future , à titre de récompense, de tons les biens qu'il apprécie le plus dans ce bas monde ; or. comme la chasse et la jpéche sont l'occupation nécessaire oes nations sauvages, et que ces exercices , indispensable à leur existence matérielle, sont pour eux une jouissance véritable , il s'ensuit qu'ils les placent au premier rang des joies du paradis.

Les Groènlandais expliquent la création d'une manière étrange : le premier homme, disent-ils, sortit du de la terre ; la lenime sortit du pouce de l'homme, et ces deux premien êtres furent la souche de tout le genre humain. L'homme produisit tout dans le monde , à l'exception de la mort , que la femme seule y posta , en disant à ses enfants: Il est néeessaire que vous mouriez , pour faire place à vos descendants. Un Groènlandais s'avisa de

S rendre de petites branches d'arbre et e les jeter entre ses ïambes dans la mer ; dès ce moment 1 Océan fut rempli de poissons. Dans la suite des temps, le monde fut enseveli sous les eaux ; un seul homme fut conservé (*) ;

(*) IfMI pai à svppoaer que GnMa a»

^ i.-d by GoogL

RÉGIOriS CIRCOMPOLAIKËS.

il frappa la terre avêc un bâton , et il

en sortit une femme. Cest par c€S deux êtres que l'univers se peupla de nouveau. Les Groënlandais citent en preuve du dâugelesdâirisde pobsonf qu'on trouve à une grande profondeur dans la terre , où jamais personne n'a habit* , et les ossements des baleines qu'on rencontre quelquefois sur le sommet des plus hautes montagnes.

Ce peuple, qui se croit le premierné (le l'univers, dit que les Européens proviennent de quelques petits chiens dont une Groënlandaise accoucha et qu'elle jeta dans la mer après les avoir mis daus un sabot; c'est pour cette raison, suivant eux, que les Européens sont si habiles dans Fart de la navigation , et qu'ils donnent à leurs vaisseaux la forme d'un soulier ou d'un sabot.

Les Groënlandais comptent un certain nombre d'esprits du premier ordre , qui paraissent avoir quelque ressemblance avec les dieux révérés par les peuples policés de l'antiquité. Parmi ces es{)rits, ils en comptent deux principaux, l'un bon, et l'autre mauvais, us appellent le premier Tbrioar.

Muk : c'est celui que leurs ançekoht ou devins consultent sur l'avenir dans sa demeure au sein de la terre. Ils ne sont pas d'accord sur sa forme : queloues-uns prétendent qu'il n'en a pas ; o'autres l'assimilent à un grand ours:

c«ux-ci le représentent sous la figure d'un homme n'ayant qu'un bras; ( euxlà en tont un nain d'un pouce de hauteur. Quoiqu'il soit d'essence tmmor* telle , on peut le tuer en faisant une inronijruité puante dans la maison du devin qui l'évoque; il nen faut pas davantage pour chasser les esprits d les 'empêcher de paraître.

Quant au mauvais principe, c'est un esprit femelle qui n'a pas de nom. Il est né d'un devin fameux qui sépara l'Ile de Disco du contfaient par la ri* Tière de Baais, et porta cette lie à cent milles plus loin vers le nord. Cette

dans sa ferveur chrétienne , allribiic aux Esquimaux quelques-unes de ses propres

^ ^■Jblînn 9

divinité habite un grand palais sous la mer, et c'est là qu'elle enchaîne tous les monstres de l'Océan. Elle retient dans une cbaudièriB d'huile, où elle a soin d'entretenir mie lampe toujours allumée, toute la multitude des oiseaux aquatiques. Les portes de son palais sont gardées par deux énornies phoques , qui rampent continuellement près du seuil.

Quand les Esquimaux souffrent de la faim, et qu'ils ne peuvent rien prendre à la pèche ni à la chasse , ils payent un angekok pour apaiser le mauvais esprit. L'ange eonduetenr dn devin le mené à travers l'océan dans le sein de la terre. Il parcourt d'abord les régions des âmes bienheureuses; de là, il arrive sur le bord d'un précipice effroyable, où il trouve une petite poulie brillante comme du verre , et qui tourne avec une grande vitesse :

alors l'ange prend le devin par la main et le laisse glisser, en le tenant, le long d'une corde qui aboutit an fond de l'abîme. C'est ainsi que , trompant la vigilance des gardien.s, entrent dans le palais de la divinité mahaisante.

Aussitôt qu'elleaperçoit ces étrangers, elle se met en fureur , elle écume de raire, et tombe dans des convulsions alïreuses; elle met le feu nux ailes des oiseaux de mer; la fumée puante qui remplit la sombre demenre étourdit bientôt le devin et son conducteur, nui , alors, sont à la discrétion de la Turie. Mais, quelques instants après, ils la prennent aux ciieveux pour Vempécber de répandre son venin , et ili la dépouillent des symboles de sorcellerie dont la force' retient enchaînés tous les habitants de la mer. Dès que le sortilège est détruit , tous ces animaux rentrent dans Tocéan, et lede> vin revient retrouver les pêcheurs qui l'avaient chargé, moyennant finance* d'aller désarmer l'esprit malin.

Les angekol(S jouent un grand rôle dans ce pays. De même que ehes pree* que tous les peuples barbares et superstitieux, ils font l'oflice de prêtres, d'oracles et de médecins. D'après ce que les voyageurs disent de ces devins, il paraît quils sont eonvolsionnaiNi

et que Tcxtasc est pour beaucoup daos leurs pratiques mystérieuses. Quand ils sont appelés auprès d'un malade, ils commencent par lui dire quelques mots à rorpille; s il a perdu ronnaissatice, ils suullleut sur suu visage autant pour lui donner une âme nouvelle , que pour le guérir. Pour savoir s'il jzuérira ou s'il fJoit mourir, ils l'ii font subir une épreuve des plus singulières : ils lui passent une corde au cou , ils attachent aux deux bouts de la corde , qu'ils tiennent dans la main, un petit bâton; au moyen de ce bAton , qu'ils tirent à eux, ils élèvent la tète du p;ilient et la laissent retomber a plomb, hi la tète est nesante, si elle oppose une certaine force pour s'élever et qu'elle retombe lourdement, le nialade est destiné à mourir; si, au contraire, elle est légère, I'angekok répond du rétablissement du malade. Pour savoir si quelqu'un, tombé dans la mer, est mort ou viyant, les devins emploient unnîoyr-n encore plus bizarre : ils passent, connue nous l'avons dit ci-dessus, une corde au cou du plus proche parent de l'absent; ils placent sa téte devant un seau d'eau et examinent les traits de son visage, rellechis sur la surface du tiquide; d'après certains indices, à eux connus, ils disent si l'absent est en vie ou mort. A l'aide du pouvoir imaginaire dont on les investit, ils transportent ïùme de c^lui dont ils veulent se servir pour cette expérience, dans une chamibre obscure, et là, seul à seul avec le parent dont nous venons de parler, ils le percent avec uiie lanie en plusieurs endroits ; la victime de cette affreuse opération madque ne manque pas d'en mourir; ils déclarent alors qu'on attendrait en vain Tbomme qui s'eîit jeté dans la mer.

Toutes ces absurdes pratiques sont tombées dans le discrédit depuis les prédications des missionnaires; ce|iendant les devins exercent encore une grande innuence au Groenland :

ils sont trop intéresses à un métier qui leur procure considération et profits, pour ne pas chercher à perpétuer leur puissance et à propager des sapentitioos dont ils vivent.

Mœurs et usages. Les mœurs et usages des Gfoënnndais se resseatent et de leur caractère généralement pai-

cifique, et du climat dont ce peuple subit l'influence. Nous n'entrerons pas dans tous les détails que donneut à ee sujet les voyageurs et les duoniqueurs; nous nous bornerons às^oa* 1er les faits et les contumes caractéristiques.

Le mariage est une affaire très-importante pour œs pauvres gens. C'est pour la plupart des flmunes une question de vie ou de mort^ car si Thomme auquel s'unit une jeune lille est incapable de la nourrir, ou s'il nieurt, la malheureuse ne tarde pas à périr de faim et de froid, quand elle ne trouve pas une âme assez charitable pour la recueillir. Aussi voit-on souvent des filles nubiles qui craignent le mariage au point de s enfuir dans les montapnes quand il est question de leur «loiiner un époux, et qui déclarent se vouer pour toujours au célibat , ce qu'elles expriment en se coupant les cheveux. Il parait que les duègnes qui font, flans ces circonstanrcs , l'office d'entremi'tteuses, se permettent (juelquefois envers la Jeune lille des violences qui ne sont pas désapprouvées par les parents. Lesooups et le^ tortures sont les arguments ordinaires de ces furies , qui ont fort à cœur de gagner la récompense promise par le prétendu.

Point de cérémonie pour le mariage.

Dès que tout est convenu, les parents unissent tout simplement et sans aucune solennité les deux jeunes gens, et les installent dans leur hutte.

La polygamie est tolérée, niais uniquement dans un but de reproduction.

Comme le plus grand déshonneur pour un Esqunnau est de n'avoir pas U'en* fants , celui qui est assez riefae pour nourrir plusieurs femmes a le droit d'avoir des concubines, mais seule^ ment comme moyen de laisser une nombreuse postérité; ^a conduite serait sévèrement blâmée &i elle aTtil pour mobile le libertinage.

Au sujet de la polygamie et de seç conséquences morales, i^jgede fait une

RÉGIONS OECOMPOLAIRES.

observation dont il importe de prendre Bûto : « Avant Parrivée des mission* naires, les femmes ne connaissaient pas la jalousie ; mais depuis qu'elles savent que le christianisme pronibe la polygamie, elles ue supportent pas aussi facilement les inlBdéHtés de leurs maris. » Hâtons-nous d'ajouter toute* fois que la meilleure harmonie rèirne dans la plupart des ménages gruenkndais. Le divorce est en usage, et oaosiste dans l'expulsion pure et sim* pie de la femme, qui , en pareil cas»

ne se sépare jamais de ses enfnnts.

Quand un Groënlandais perd sa femme , il cherche aussitôt a la remplacer. Quelques jours après l*a?oir enterrée, il étale ses richesses à la vue de ses voisins ; il affecte de se montrer lui-même plus qu'à l'ordinaire; il fait parade de ses enfants; sa maison est ouverte à tout le monde; il expose sa provision de poisson, son équipage de pèche et de chasse, en un mot tout ce qu'il possède. Cependant il ne convole en secondes noces qu'après un an de veuvsige, à' moins qu*il n'ait des enfants dont ses parents ne veulent pris prendre soin. Lorsqu'il a pins d'une femme* la seconde, par ordre de date, prend la place de la dâunte. Ce qu*il y a de particulier, c^est que cette promotion par ordre d';incienneté se fait avec les marques de la plus profonde tristesse de la part de la seconde femme , malgré la joie qu*elle ressent au fond du coeur de cet événement.

Les Esquimaux aiment tendrement leurs cnr;ints. Les mères ne les sèvrent qu'a trois ou quatre ans et les portent constamment sur leur dos, dans quelque lieu qu'elles aillent et à quelque travail qu'elles se livrent.

Les seules otîcupations des hommes sont la pèche et la citasse. Ils sont d*iine habileté merveilleuse dans le

ftremier de ces exercices. Pour frapper a baleine, ils se servent d'un javelot muni d'une vessie de chien marmgonlée de vent ; cette arme surnage touours et empêche ranimai, une fois )lessé, de rester longtemps sous l'eau.

On retrouve cet instrument de pèche parmi les habitants sauvages de toute

TAmérique russe. Quant aux canots dans lesquels les Groënlandais s'aventurent sur la mer, leur conatmetios révèle chez ce peuple une intelligence remarouable : ces canots ou kajaks y sont des espèces de caisses faites de brandies légères. Ils n'ont que cinquante centimètres de largeur, sur.

une longiiriir dp quatre mètres, et on leur donne la forme d'une navette.

Ils sont exactement couverts de peau dana la partie supérieure, ordinaire* ment creuse. Au centre est pratiquée une ouverture circtilnire; au cerceau de bois qui la forme, est attachée une . peau qui, au moyen d'une courroie, se resserre comme une bourse. C'est dans ee trou que se place le pécheur ; il est muni d'un simple aviron très-mince, long d'un mètre et demi, et s'élargissant a ses extrémités. Kn ramant à droite et à ipuche alternativement, le Groënlandais, porté par cet appareil rempli d'air atmosphérique, s élance hardiment au milieu des vagues les plus eiïrayantes, sans courir plus de danger aue n'en courent les cachai lots et 1rs phoques, dont il êst OB

?[uelque sorte devenu le rival, en se àisant bomme-poissou. Il est surprenant que cette ingénieuse invention, commune, du reste, à toutes les tri* bus sauvages de l'Amcrique septentrionale, n'ait pas été imitée en Europe pour le service des côtes et l'usage de la pèche. Elle n'a été mise à profit que par quelques pilotes norw^ena et danois.

Aux femmes groënlandai.ses sont dévolus, non-seulement tous les soins du ménage, mais encore rentretfea des vêtements de leurs maris, et des corvées tres-fatigantes. tclU's que le transport des animaux pèches ou tués a la chasse par les hommes. Leur conditiott est généralement fort douloureuse, surtout quand elles vieoneiit A perdre leurs éponx.

I.es Groënlandais se visitent pendant l'hiver, et viennent les uns chez les antres quelquefois de très-loin.

Les visiteurs sont toujours accueillis avec empressement et régalés à la manière du pays. Malgré les cérémonies

L*imiVERS.

S'ils font, pour ne point paraître afnés, lis se laissent bourrer d'ali- Qicnts grossiers avec une complaisance exemplaire. Le hareng salé, la chair de phoque séchée; le niitriack, qui n'est autre chose que du chien marin à moitié pourri ; les queues de baleine, mets réputé très-saceulent; la viande de renne; les mûres sauvages trempées flans le sang de cet nninial ou dans l'huile de cachalot, tels :>tint les ali* ments ordinaires que les Esquimaux servent sur leur table. Cependant on n'aurait pas une idée complète des usai,'es culinaires de cf peuple, si nous n'entrions pas à cet éfi;ard dans queU ques détails indispensables.

T.e premier som des pécheurs, dès qu'ils ont pris un |)hoque, est de sucer la plaie qu'ils lui ont faite, poiiretaneher le sang qui en sort ; on verse ensuite ce sang dans des pots et on le conserve précieusement pour en apprêter diverses viandes; rVst \r nm\ coulis en usage. La téte et les pieds de l'animal se conservent sous l'herbe pendant la belle saison; le corps reste sous la neige durant l'hiver ; les côtes sont séchées à l'air et mangées telles quelles. Peu importe à ces appétits gloutons que la viande ou'ils exhument au fur et à mesure ne leurs besoins soit gelée nu putreûée; ils ne la mangent pas avec moins de plaisir et d'avidité. Du sang de chien maria ou de rhulle mêlée ravec de Peau de mer pour tout assaisonnement, telle est la sauce en usage. Le Groënlandais ne dédaigne pas non plus le ventre des jeunes animaux; la seule préparation qu*il fasse subir à ces débris infects, est de presser fortement les intestins entre ses doigts pour en faire sortir la fientp. Olleque contiennent les bovaux de renne est pour eux un régal, lis en font des prœents à leurs meilleurs amis. Ils nVstiment pas moins la Ik fite de perdrix et l'huile fraîche de baleine. Mais les deux mets les plus recherchés par ces barbares sont les deux suivants : le premier consiste en une pate composée d'œufs, de graines de genièvre et de racine d'angéhaue battus avec de l'huile de poisson dans une

vessie de phoque; le second, qu'on ne trouve que chez les habitants les plus riches et les plus gourmets, est un mélange dégraisse d'ailerons d'oies sauvageset de chien de mer. On a dit que les Groënlandais mangeaient de la viande crue ; cela n*est vrai qù*exceptionnellement : par exemple, quand ils ont tué un renne, ils enlèvent tm morreati de sa chair et le dévorent encore tout palpitant, en l'arrosant de saagcliaud; mais on croit que c^est là un acte purement religieux.

Jjes Groënlandais prennent leurs repas de la manière la plus dégoûtante. Rarement les femmes se donnent la peine de laver les plats el les marmites ; les chiens sont chargés de ce soin , et on n'y reii^nrde pas après eux. Les plats consistent en petites planches de bois sans rebords; ils y déposent leur viande et leur poisson, après avoir avalé la sauce dans laquelle ces ali* ments ont été cuits. Pour manger le poisson de moyenne grosseur, tel que le hareng, ils en enfonc-ent un tout entier dans leur gosier, et coupent ce qui passe hors de la bouche. Tout ce qui a pu entrer est englouti dans leur insatiable esLomac. Quant à la viande, ils la dépècent à belles dents, en la tenant à pleines mains. Leur couteau ne leur sert guère que de serviette; ils en nettoient leurs dents, ils en raclent leurs mains, ils en frottent même leurs lèvres huileuses. Lorsqu'ils veulent traiter un Européen, ils lèchent très-soigneusement le morceau ({u'ils lui destinent, afîn de le débarrasser de la graisse et de la sauce qui y restent attachées en sortant du cbau* dron; ils le présentent ensuite à fétranger, qui ne saurait le refpser sans faire à ses hôtes un vé ritable affront.

Les houuiies mangent en particulier; mais les femmes n'y pcrdeat rien; elles ont un appétit tout aussi vorace, et empiètent souvent sur la portion du mari. Leur plus grand plaisir est de voir leurs enfants se remplir de nourriture au point d'eu être suffoqués. Quand ils ne peuvent plus avaler, elles les roulent à terre, et leur pressent le ventre, dans le but

RÉGIONS CIRCOMPOLAIKES*

tu

d'y faire ()1ne« à denouvenux aliments.

Lo tîloutonnerie des (jroënhndaîs est telle, qu'ils consoinnient fréquemment toute leur provision d'hiver dans les premiers mois de la mauvaise saison. Aussi , quand te temps ou un accident quelconque les empêche d'aller à la chiisse et a la pèche, sont-ils réduits aux plus cruelles extrémités. Quelquefois ils sont obligés, pour ne pas mourir de faim, eux et leur famille, de dévorer !e cuir de leurs chaussures, les peaux qui couvrent leurs tentes d'été , et de tuer, pour les manger, les chiens qu'ils attellent à letirs tr;iînp:iux. Rienide comparable à la misère de ces pauvres gens dans ces périodes de disette; il en est qui meurent d'inanition, (|iiand la charité de leurs voisins ne vient pas à leur aide. . Habitations^ costume. Qiicîques dé.

tails sur les habitations et le costume des Groënlandais compléteront cette esquisse <f un peuple encore peu connu en Europe.

lips Esquimaux habitent, pendant Tété, des tentes rouvertes de peaux de phoques; en in ver, des huttes dans lesquelles ils bravent le froid et les tempêtes. Ces buttes sont construites en pierres superposées les unes aux autres, en terre, en mousse, en pièces de bois et en ossements de baleines.

Un corridor assez .spacieux ménagé à l'entrée forme une espèce de voOte dans laquelle l'air extérieur pénètre , cî renouvelle celui de ia hutte sans y apporter ni le vent ni le froid. Ce passage on couloir est si bas, qu'on ne

{)eut le parcourir qu'en se traînant sur es genoux et sur les mains, et c'est ainsi qu'on parvient à la retraite ou

Elotdt a la tanière delà famille groënindaise. Des peaux tendues contre les parois de la cobnne préservent de IMuimidité; d'autres suspendues à des traverses divisent la demeure en compartiments, dont chacun est habité par un ménage; quelquefois dix familles sont réunies sou.^ le même toit. De simples bancs servent do lits; les hommes s'y tiennent, pendant le jour, les jambes pendantes, et les femmes asaises à la manière des Orientaux. Point

de fenêtres, ni de cheminées. La partie antérieure de la hutte est seule éclairée par une ouverture à laquelle est adaptée uiie membrane transparente provenant d'un intiestin de poisson.

L'absence de cheminée se comprendra aisément quand on saura que la flamme d'une lampe est, pour du que famille, le seul mode de chauffage. La mèche de cette lampe est faite d'une mousse très-fine et éclaire tout l'appartement.

Elle produit en même temps une chaleur telle, qu'elle fait bouillir un chaudron immense contenant tout le repas de la famille, et qu'elle maintient la température à un degré aussi élevé que eeUii qu'on pourrait obtenir du meilleur poêle d'Allemagne. On peut se faire une idée de la puanteur insupportable que répandent dans ces sales habitations la cuisson des aliments, la fojite de la jiraisse et de l'huile, l'haleine d'une dizaine d'individus, les pea\tx mal écorehées qui tapissent les murs, la fum 'c des lampes, les déjections des enfants, et l'urine que les grandes personnes ne se font pas faute de répandre dans tuus les coins de l'appartement

Le phoque, si utile à l'Esquimau pour la nourriture qu'il lui procure, l'huile qu'il produit, et les ustensiles uue fournissent ses ossements et ses (lents, offre encore à ce peuple un vêtement chaud et imperméable. Plusieurs peaux de ces animaux , jointes à la dépouille du renne, sont cousues en manière de robe, et forment un sur-t tout merveilleusement propre à amortir les atteintes d'un froid glacial; ce surtout est muni d'un capuchon destiné à protéger la téte et le visage. La culotte, les bas et les souliers, ou plutôt les sandales, sont aussi faits de peaux de chiens marins. La chemise est de drap ou de toile de coton; quel-

auefois elle consiste .en un assemblage e peaux d*oiseaux de mer, 'dont la plumage, tourné en dedans, entre* lient sur le oorps une chaleur cona* t^iit".

L'habit de mer se compose d'un manteau de peaux artistement unies « du gilet et du pantalon ordinaire; il

(sft coniplétè par une chemisp impernipnble niite avec Hps inrnihraucs proveiinnt d'intestins de plioques.

L iiabit de péclie consiste en un seul tétement formé de la veste, de la eu* lotte, des bas et des souliers, Ip tout fait d'une pièce, s'adaptant parfaitement au corps, et si bien cousu, qu'une seule goutte d'eau ne peut traverser cette solide enveloppe. Une petite ouverture est ménagée à In hnuteiir de la

f)oitrine, et sert, dit-on, à introduire a quantité d'air nécessaire pour soutenir l'Esquimau dans Teau de mer et l*em pécher de se noyer. Après Tîntrodtiction dp l'air, le trou est fermé an moyen d'une cheville de bois. Aihsi entouré d'une espèce de vessie gonflée qui le fait surnager, le p^heur groënlandais peut poursuivre le phoque en s'élanrnnt après lui dans les flots, où il ne craint pas de trouver la mort.

ÏLe costume des femmes est a peu ires semblable à celui des hommes.

^Iles portent aussi caleçon et culotte.

Les jeunes filles, pour a'ttirer les maris, se tracent sur le visnge des lignes de couleur qui forment rornenient le plus estimé de leurs adorateurs. Elles portent les cheveux longs et relevés srjr la téte , tandis que les hommes les tiennent courts.

Langue. I n mot seulement sur la langue de ce peuple. Les voyageurs et le missionnaire Eggède,qui a écrit un dictionnaire et une grammaire groënlafidaise, disent que cette langue est remarquable par la richesse de ses formes grammaticales. Malte-Bnin, oui a étudie ces deux documents philologiques, a remarqué que les particules et les inflexions étaient aussi nombreuses dans cet idiome que dans le grec ;

mais comme H est de règle d'intercaler

toutes les parties du discours dans le verbe, il en résulte des mots d'une longueur extraordinaire. Les consonnes r, A et / dominent et produisent, paf leur accumulation, des sons désa> jzrénbles par letrr rudesse. Ce fait est assez sinciilier, vu l'aptitude des Es-

âuimaux pour la musique et la justessa *oreilie qui les distingue. Les femmes, eomme chez les Caraïbes , ont des moti et des inflexions de voix doot eUes seules peuvent se servir. ♦

Événements remarquables. On conçoit que rhistoire d*iin pays tel que le Groenland, à part les incidents de la découverte et de la colonisation, doit ^tre à peu près nulle. Elle se borne , en effet , à l'énumeration de quelques fiitts ' donlodreox , tels que l'introduction de la petite vé* rôle, (jui fit parmi ces pauvres gens des ravalées épouvantables ; des famines affreuses qui, à piu.sieurs reprises, décimèrent cette population infortunée; i$t quelques accidents météorologique!

qui ont augmenté le nombre des pages lugubres aans les annales groëalandaises.

' Les missionnaires, et surtout lee frères Mmves, ont fiiit de louables

efforts pour arracher ces peuplades à l'ignorance et àla superstition. Ils n'ont réussi qu'en partie. Les Groënlandais sont si attachés aus croyances et aux usages de leurs pères, qu ils répugnent infiniment à ouvrir les yeux a la lumière; de tplle sorte que. malgré l'active et intrépide propagande des apôtres chrétiens, fe nombre des Esquimaux convertis et policés est encore bien inférieur à celui des indigènes qui n'ont p.is vonhi rerionciT à I iirs coutumes et à leurs préjugés barbares.

RÉGIONS ORCOBfPOLAIRES.

lus JEAN MAYBH, ULB CH£BRY ET SFXTZBEa0.

dernière dénomination qu'elle figure dans toutes i§s cartes anglaises. La Hollande et la Grande-Brotagne s'en

disputèrent la possession pendant un certain temps. Mais la pèche devenant moins abondante dans ses eavirons, TAngleterre se reUeba on peu de «ii prétentions , et laissa le champ à peu près libre n sn rivale. Âujourd^nui cette terre désolée n'est plus réclamée par personne. Elle est sans habitants, et Von n'y trouve que quelques cabanes en ruine, construites par les Norwégiens et les Russes, pour servir d'asile aux pécheurs ou aux navigateurs qui sont quelquetois jetés sur ees tristes rivages.

Fn plein hiver , et lorsque Tîle est entourée de glaçons , les pêcheurs de JNorwcge et de Russie viennent y

L'île Jean-Mayen fait partie des terres arctiques orientales. Elle est située à Test et à cinouante lieues du Groenland, au nora-nord-est et h cent lieues de l'Islande , sous le 71* degré de latitude nord et le IS** 24' de longitude à Touest de Paris. Elle fut découverte par un navigateur hollandais dont elle conserva le nom. Son sol , de formation volcanique , est partout, excepté sur le littoral , hérissé de montagnes. Une d'slles , nonnliée Beerenberg ( montagne aux ours ), a (îptix mille cent quarante mètres de hauteur ; c'est le pic connu le plus élevé de tout le globe à une pareille latitude. Une autre de ces moutagnes est remarquable par le volcan qu'elle renferme. En 1800, elle lança de la fumée, et à la On de 1818, elle ébranla rile et les mers voisines par une éruption terrible. Ce rnoiit ignivome a reçu le nom de Esk.

Les côtes de l'île îenn-Mayen sont, en hiver, entourées de places , qui , s'accumulant par Teffort des vagues, finissent par former un rempart élevé.

Autrefois ces parages étaient fréquentés par les vaisseaux pêcheurs qui venaient y chasser la baleine et le phoque. Mais ces hôtes des mers polaires s'étant peu à peu retirés dans les régions les plus septentrionales , Jean-lilayeu n'est guère plus qu'un lieu de relâche pour les marins que menace la fureur des tempêtes.

Jean-!Mnyen est sur la route de l'Islande au Spitzberg. Si Ton fait un léger détour à l'est , on rencontre Beeren-Eiland ou llle Cherry, située au 74' degré 30' de latitude , et au 16* 29' 10 ' de longitude a l'est de Paris. Découverte le 9 juin lo9G, par le Hollandais Barentz , cette lie fut visitée, en 1608 , par un navigateur anglais qui changea ten premier nom ù'Ile a rours en celui de Cherry y pour consacrer la mémoire de l'armateur de son bâtiment. G est sous cette

chasser le morse; quelquefois ils y restent pendant toutt la mauvaiao saison. On dte un Bnsaa qui y passa

sept hivers; un capitaine norwégien y séjourna deux années consécutives, et y lit un large abatis de morses de renards bleus et d'ours blancs.

Les côtes de Beeren-Eiland sont bordées de rochers dont les formes et l'aspect sont , au dire des voyageurs, singulièrement pittoresques. Les vaguet battent incessamment les flancs ne ces écueils , et y creusent des ouvertures où la mer produit un bruit formidable , quand ses flots ne sont pas ' condenses par la gelée. Tout, dans oe séjour sauvagtt, inspire la tristesse , et ce sentiment redouble lorsque les montagnes de l'île se couvrent de brumes épaisses qui dérobent aux regards la vue de rOoéan.

Une courte traversée mène m Spitzberg , groupe d'îles qui complète cette chaîne de terres glaciales, sentinelles avancées du Groenland et de rAmériqoe dans la direottou # re?t.

Trois grandes îles ei plusieurs autres beaucoup moins étendues composent cet archipel , découvert en

ste

i66S inr TAnglais Hugh Willoughby, et revu en 1595 par Barentz et Cor- * neliiis. La plus boréale des grandes lies est celle qu'on nomme Terre du nord'-esê ou NardotUand ; la plot vaste est la NomeUe-rrlslaiide ou Sftitzberg proprement dit; la troisième est connue sous la dénomination de Terre du sttd - est , a cause de la situation relativement aux deux premières. Ces trois grandes terres sont entourées d*une multitude d'autres îles et îlots. Les plus septentrionales de ces dépendances sont les Sept'Ilet ou groupe des Sept-Sœttrs, situées au nord de la Terre du nordest; l'île Charles , dont l'étendue est assez considérable, gît à l'ouest de la Nouvelle-Frislaude.Tout rarchipel est désigné sous le nom général de SpUzbmj , qui siguiTin montagnes poijitueUf etqueBarentz lui donna pourconsaerer sa physionomie caractéristique.

Le milieu de ce groupe boréal est par 78» latitude; fi«.et la"* longitude est. Les premiers navigateurs avaient supposé que du côté de l'est il adhérait au continent asiatiaue; mais le capitaine Phipps , qui le visita en 1773, reconnut qu'il était parûitement isolé de tous entés.

Les montagnes aiguës qui hérissent le sol morcelé du Spitzberg, les glaciers étemels qui tapissent leurs flancs et couvrent leurs cimes, les couleurs éclatantes et variées qu'offrent ces masses éblouissantes, dont le sommet se perd dans les nuages , l'aspect singulier de tous les objets qui frappent les regards, tout contribue ici à jeter le voyageur dans une extase qui participe de la surprise et de l'efiroi. Kn présence de cette terre si étrange et qui diffère si essentiellement des autres contrées polaires , on se croit, pour ainsi dire, transporté dans le piiys des fées, au milieu de palais de cristal , illuminés par des clartés fantastiques, et au sein d'un monde mystérieux où toute chose prend une forme et une pbysionomie extraordinaires.

M. Marmier qui, dans ces dernières années, a visité ce curieux pays, en a tracé, éÊMiAlUmiedeideuxnumdei

du r** décembre 1S39, un tableau poétique et néanmoins très-exact. IWboS

allons le laisser parler :

« De tous cotés je n^aperçois que des montagnes taillées à pic, des emiss dentelées comme une scie, des rocs

noirs et humides traversés par de larges ruisseaux de nei^e qui tombent du haut de la montagne conmie des bandeaux d'argent, se déroulent à sa base et s'étendent au loin comme un lac; des glacit'rs dont, les parois , battues par les Ilots, labourées par le vent et crevassées par la chaleur, ressemblent à de|i remparts ouverts et sillono^ par le canon ; des plateaux de neige foyant comme une route lointaine entre les montagnes; et devant nous la mer, la mer sombre et terrible, où nul autre bruit ne résonne que le sifllement de la rafale et le cri douloureux du goéland, où l'on ne voit que l'écume des vagues soulevées par l'orage et les blocs de glace emportés par le vent...

Je ne me lassais pas de contempler ce grand panorama qui se déroulait autour de nous sous un aspect si grandiose, et dont les teintes, les couleurs, les formes même, variaient à chaque instant. Parfois on ne voyait qu'un ciel sombre ou une mer de brouillards flottant sur une autre mer. Le fond de la baie, les plateaux de neige, les cimes des montagnes, tont était inon* dé d'une vapeur ténébreuse, sans Inmière et sans reflet. A travers celte ombre epais.se, ou ne distinguait que des masses coufuses, des chaînes de rocs interrompues, dies dmes brisées, une terre sans soleil, une nature en désordre, une image du chaos. Si dans ce moment le vent venait à ébranler les parois des montagnes de glace, on entendait l'avalanche tomber avec un fracas semblable à celui du tonnerre, et ce bruit sinistre au milieu de l'obscurité, cette chute d'uue masse pesante dont les éclats scintillaient dans l'ombre comme des étincelles de feu, tout portait dans Tàme une impression de terreur indéilnissable. Mais lorsque le soleil venait à reparaître, c'était une magnitique obose que de voir sortir de la brume toutes les montagnes avee

-i^ui^uj Ly GoOgI

RÉGIOiSS CIRCOMPOLAIRES.

leurs pîcs élancés, et les platenux de neige sans ombre et sans tache, et les glaciers qui, en reiletant les rayons de famière, prenaient tour à tour des .teintes d'un bleu transparent comme le saphir, d'un vert pnr comme l'énipraude , et hn liaient de tous côtes comme les facettes d un diamant. Vers le soir, les nuages remontaient h la surface du ciel; une ombre mélancolique s'étendait au loin. Une brise du nord ridait la surface de la mer. Le soleil disparaissait peu à peu dans les plis ondoyants de la brame, et ne pro« jetait plus à l'horizon qu'une lueur jaunâtre et vacillante, pareille «t celle d'un cierce qui s'éteint dans la nuit.

Alors l*éaer eessait de se plaindre, la mouette de crier, et rien n'interrompait |)l(is ce sombre repos du soir, que le souflle de la bise courant par rafales entre les cimes des montagnes, et le retentissement des glaces flottantes, que la vague ou le vent ehasaait l'une contre Tautre. »

Nous compléterons ce tahlenn par un fragn»ent de Malte-brun qui ei\re-

SQme bien le odté vivanl :

• La mort de la nature n'est ici que

ftériodique ; un jour de cinq mois tient jeu d'été; le lever et le coucher du soleil marquent les bornes de la saison TÎTante; mais ce n'est que vers le mi- * lieu de cette saison , ou si Ton aime mieux, vers le midi de ce jour, que la chaleur, longtemps accumulée, pénètre uu peu en avant dans la terre glacée; le goudron des vaisseaux fond wax rayons du soleil , et cependant on ne voit éclore qu'un petit nombre de plantes ; ce sont des (K>chléaires , des renoncules, des joubarbes; Martens

Sut même couronner son chapeau de euTS de pavot cueillies sur ces tristes rivages. Les golfes et baies se remplissent de fucus et d algues d'une dimension gigantesque; une espèce a deux cents pieds de long. C'est dans ces forêts marines que les phoques et les cétacés aiment à rouler leurs corps énormes , ces vastes masses de graisse que les pédieurs européens poursuivent josqa'au milieu des places éternelles; ^est là que ces animaux vont

chercher les mollusques et les petits poissons, leur nourriture habituelle; c'est la que ces êtres eu apparence si lourds, si peu sensibles, se- livrent à leurs penchants sociaux , à leurs jeux,^

à leurs nmours. Réunis sur un champ de glaces, les chiens marins sèchent leur poil brunâtre; le morse ou hval' roo$ (*), en grimpant aux rochers « montre ses énormes défenses , dont l'ivoire éclatant est caché sous une couche de limon de mer; la baleine lance des jets d'eau par ses vastes évents , et ressemble a un banc flottant sur lequel divers crustnccs et mollusques fixent leur demeure. Mais elle est souvent blessée a mort par le narval (**) , à qui la perte habituelle d'une de ses défenses horisontales a fnit donner le nom à'unirome de mer; 1?. baleine est encore souvent la vie- ' time d'une espèce de dauphin nommée Yépée de mer, qui lui arrache des morceaux de chair et qui cherche surtout à dévorer sa langue. Au milieu de tous ces colosses vivants de la mer Glaciale, s'avance un quadrupède vorace et sanguinaire : c'est l*oors polaire. Tantôt porté sur un tlot de glace , et tantôt nniiennt au sein des flots , il poursuit tout ce qui respire , dévore tout ce qu'il rencontre, et s'assied, en rugissant de joie, sur un trophée d'ossements et de cadavres. Un autre quadrijpèflc, le timide renne, broute la mousse oui couvre les rochers. Des troupes de renards et d'inuombrables essaims d'oiseaux de mer viennent en*, core , pendnnt qiJeI(juos moments , peupler ces iles solitaires; mais dès que finit le jour polaire, ces aniniaux se retirent a travers des terres incon« nues , soit en Amérique , soit en Asie.

« Les animaux marins du Spitzberg présentent a la cupidité européenne un appât qui fiiit oublier les dangers

(*) ilforw est une corruption de l'adjectif russe morskaia, maritime. Hval ross est islandais et danois : U9al, baleine , nus, cherrai, cheial-baleiM.

(••) Narhval, de nar, .corps mort, cn itUodais, et W, btleim: Im-Mîm. .

9tt • t*UN]

4e ces mers inhospitalières. La pèche 4e Is baleint, meetioniiée dès le neutîème siècle, a souvent occupé jusqu'à <|iiatre cents gros bâtiments de toutes les nations. Les Hollandais, dans l'espace de quarante-six ans, prirent trente-deui mille neuf cents baleines, dont les fanons et l'huile forment une valeurde troiscrnt quatre-vingts millions de francs. Ces animaux paraissent fré-

guenter aujourd'hui les parages du pitzherg en nombre moins considérable. On n'en voit plus d'aussi grande taillf que dans le commencement de cette pécbe. Le morse est plus nombreux et plus facile è attaquer ; sa peau, employée à suspendre les carrosses f et ses dents, plus compactes que celles de Téléphant , sont des objets qui atti- , rent souvent au Spitzberg des colonies temporaires de Russes. Les anctens Bretons en disaient d^a, atant la domination romaine, des pommes d'épce. L'ancienne colonie Scandinave du Groenland payait en « dejUca de roardo, » qui paraissent avoir été des défenses de morse, le tribut qui, sous le nom de denier de Saint- Pierre , àfTluait des extrémités de la terre pour défrayer la uiaunilicence des basiliques fomames et les pompes de la cour pontiOcale. La corne du narval a long* temps été l'objet d'un respect superstitieux; on en tirait de prétendus remèdes universels ; on la suspendait dans les muséums à des ebatttes d'or.

Les margraves de Bayreulh en faisaient conserver plusieurs dans leur trésor de famille; ils en avaient reçu «ne en payement d'une somme de plus de soixante mille rixdalers. Les princes des deux brandies de cette maison se partagèrent une de ces cornes avec autant de formalités qu'ils en auraient mis à partager un bailliage. Une autre substance originaire de ces régions a également été le sujet de quelques fables; c'est la matière cérébrale du cachalot, nommée très - improorement tperma ceH , et plus convenablement blanc de baleine; on en fait des bou* gies d'une blanchenr éclatante. Tous ces gros animaux sont cependant moins utiles à l'homme que le iiareog

dont la mer Glaciale semble être ou la patrie ou l'asile. Là, dans des eaui

inaccessibles, il brave et l'homme et la baleine; mais des causes inconnues Ten font sortir, pour venir environner de ses innombraoles essaims les/^tes septentrionales de TEurope et de TAf mérique.

" Une dernière curiosité doit encore nous arrêter dans cette région polaire : e^est Pextréme abondance de Lois flottant que la mer amène sur.

les côtes du Labrador, du Groenland, et plus encore sur celles de l islande, du Spitzberg et des terres arctiques entre ces deux ties. On assure que les amas de bois flottant rejetés sur l'île Jean-Mayen éi^alent souvent cette île en étendue. Il est des années où les Islandais en recueillent assez pour leur chauffage. Les baies du Spitsberg en sont remplies; il s'accumule sur les parties de la rôte de Sibérie exposées à Test. Il se compose de troncs de mélèzes , de pins , de cèdres sibériens , de sapins , de bois de femamboue et de campldie. Ces troncs paraissent avoir été entraînés par les

fjrands fleuves d'Asie et d'Amérique ; es uns sont apportés du golfe du Mexique par le fameux courant de Bahama , les autres sont poussés par le courant qui , au nord de la Sibérie , porte habituellement de 1 est a l'ouest. »

D*aprèstout ce qu'on vient de lire, on peut juger de la physionomie et du climat du Spitzberg. Croirait-on cependant qu'on a cherché a coloniser cet affreux pays? Les Hollandais, séduits par les oénéfices considérables que prodnisait la pèche dans ces paraiie-s , essayèrent d'y fonder un établissement. En 1633, sept hommes de eette nation réiolureat de passer rbiver dans une des principales îles.

Ils y réussirent , sans c^u'il leur arrivât aucun malheur ; mais l'année suivante, sept autres Uoilandais qui voulurent renouveler Témuve , porirent tous de froid et de faim. Dès ce inonient, on renonça à ce projet, dont l'exécution était impossible. Les pècbeurs se sontentaient de iaire foudrs

^ i^L-d by Googl

RÉGIONS aftCOMPOLAIBES*

!• lard iè§ MeiM et dee phoques

dans des usines construites exprès dans les différentes baies du Spitzberg. Cependant , des négociants d*Hammerfest établireut un petit poste de chasseurs dans la baie de Sineerenberg, située sur la côte occidentale de la Nouvelie-Frisiande. Ce poste était relevé tous les ans. Nous croyons avoir lu quelque part que cet établisleoMot etfoMen , le mus boréal ^ l*OjB ooDtfAt, a'oListe plus depuis quelques années.

Les côtes du Spitzberf» ont été le théâtre des catastrophes les plus lamentables. Tous loi ans quelques vaisseaux pécheurs y étaient jetés par les tempêtes , et s'y brisaient le plus souvent sans espoir de salut. Quand les naufragés étaient obligés de sé-

journer dans eette contrée ftaeial»»

dans Tattente d*un navire libérateur, ils étaient livrés à toutes les horreurs d'un long supplice , que terminait

Sresque toujours une mort affreuse, i Tespaes ne nous manquait pas, nous raconterions quelques-unes de ces lentes agonies, et ces détails achèveraient la peinture de ce lugubre archipel. Que de tombes et de croix marquent, dans les baies les plus fréi|ttentées, la place où ont expiré les victimes de ce climat meurtrier! Et cependant , si la pèche était dans les mers voisines aussi abondante qu*elle le Alt autrefois, nul doute que la soif du gnin n'y amenât encore un trèsgrand nombre de marins, peu soucieux' des dangers qui meuacent le navigateur dans léi mm poWres.

Les régions circompolaîres du sud étant beaucoup plus froides que les contrées voisines du pôle nord , sont ipar eela même beaucoup moins connues. Tandis qu*au nord on a dépassé le 83*" dpizré de latitude, au sud c'est à peine si l'on a pu atteindre le 7K. Pendant l'hiver , le navigateur qui parcourt l'océan antorefique rencontre des gboes dès le 50' degré , c*est-ftdire , sous la latitude de Dieppe ; et quelques degrés plus loin , sa marche est arrêtée par les montagnes flottantes. Du odté de rAméritjue, ou pénètre, aisément, dans la mauvaise saison, jusqu'au cnp îîorn, situé sous le 50"; mais on ne peut guère aller plus loin sans de grandes diifticultés. Aus^i , dans l'étet actuel de la science, arons-nous fort peu de chose à dire sur les contrées polaires australes.

On a mis au nombre des îles afrir^itne^ la terre d'Enderby, située bOus le cercle polaire antarctique et au 40* degré de longitude à l'est du méridien de Paris. Cette terre fut découverte , il y a quelçiues années, par le capitaine anglais fiiscoe. £lle s étend au sud-

sud-est de rîle de Reiguéleii« ^ au

sud des îles Crozet. A l'ouest du méridien, on trouve :

1* L'Ile Saint-Pierre, nommée par

les Anglais Géorgie australe , Nourelie- Géorgie et (le du Roi-George. Découverte par ia Roche en 1675, elle fut reconnue en 177ô par le capitaine Gook^ qui crut ou feignit de croire qu'il Tavail aperçue lepremiir, et hi débaptisa pour lui imposer un nom anglais. On lui donne trente-neuf lieues de longueur sur vingt de largeur. Elle gît par W de latitude et 41* de longitude occidentale.

2" Le petit archipel de Sandwich, au sud de l ile Samt-Pierre, par 59* latitude et 30^ longitude occidentale.

Cook en Ht la découverte. S« tlei principales sont Bristol, que l'on croît être la plus vaste; la Thulé australe, qui est peut-être aussi étendue: et le groupe du tMarquis de Traversay, qui renferme dans son Ile principale un volcan en activité. On doit compter dans cet archipel les quatre îles découvertes, il y a quelques années, par le capitaine Brown ; ce marin a aperçu

des traces de Tolcan daDS celles qu*il a nommées //« du Mnce, et Ile

' fVel/ey.

Z" Les Orcades australes, à Touest* ouest-eud des Sandwich, découvertes

en 1831 par le navigateur anglais Wed-

dell. T.es principales îles de cet archipel sont Pomona et Coronatiou; les autres, telles que MclviJie, Kobertson, Weddell, Saddle, etc., ne sont que des îlots.

4** Les Shetland australes, à Touestouest-sud des Orcades. Les plus cnnfiidérablei» de ces îles sontBarro>v, Levingston et Ttle du Roi-George. Celle de James a une montagne extrême' ment élevée ; et le rocher haptisé du nom de Bridgman supporte un petit volcan, qui est le plus austral et le plus bas que Ton connaisse jusqu'à présent.

La terre de la Trinité , aii sud des Shetland australes. Klle a été découverte dans ces derniers temps par Bellinghausen. On suppose que ce n est autre rliose qu'un archipel, connue les contrées dont nous venons de parler.

6" La terre de Grabani , découverte en 1831-83 par Biscoe. On a supposé qu'elle formait un continent austral , mais rien ne le prouve. Il est vrai qu'entre la terre de la Trinité et File d'Alexandre elle n'a pas moins de cent cinquante milles dans sa partie explo* rée; mais cette étendue n'est pas une raison probante, et cette terre peut fort bien n'être qu'une île. N'omettons pas l'île Adélaïde, située à la pointe sud de la oôte septentrionale.

7* Les lies Alexandre!'' et Pierre ^^ placéfô presque sous le soixante-dixième parallèle , au sud-ouest de la terre de la Trinité.

8* La terre de Joinvtlle, la terre de Louis-Philippe 'et l*île de l'Astrolabe, découvertes en 1838 par le c^ipitaine ( aujourd'hui amiral ) DumoQt d'Urville.

9* La terre AdéUe , ? oe par le même

navigateur français, dans son voyage, et qui, suivant quelques personnes, aurait été découverte par un baleinier étranger, puis aperçue par un autre, avant que notre compatriote Teât reconnue. M. d'Urville y place le pôle magnétique austral et en fait un . véritable continent. On ne peut rien aftirmer sur ces deux points importants, d'après le simple rapport du commandant de Cjstrolabe au ministre de la marine. Le monde scienti- (ique ne sera a même de prononcer à cet égard que lor:>que le récit complet d^ rexpédition de M. d*Urville aura été publié.

Toutes les contrées que nous venons d'énumérer sont inhabitées et probablement inhabitables. Le froid le plus cruel s'y fait sentir pendant la majeure partie de l'année. Elles sont environnées de vastes banquises et de montagnes de glace qui (]uelquefois en rendent Tabord impossible. Quelques mousses attaciiées au flanc des rocners sont le seul végétal qui croisse daosees régions maudites.

Cependant, quelque déshérités de la nature que soient ces pays circompolaires, leur découverte a été d'une grande utilité pour les nations maritimes. En effet , leurs parages abondent en cétacés et en phoques de diiiereutes espèces, et les pécheurs anglais el américains y ont recueilli jusqu'à pié> sent de riches carl^aisons. Ces animaux, , qui se sont retirés un peu plus vers le sud, paraissent devoir défrayer longtemps encore |>ar leur nombre les expéditions tentées par les armateurs d'Angleterre et des États-Unis. Cet amour du gain qui pousse les peuples aux entreprises les plus périlleuses, amènera sans doo^ encore des découvertes importantes dans la zone antarctique. La soif de l'or nurandira ainsi le domaine de la seience, comme elle l'a fait déjà daus plus d'une circuo^tance.

TABLE DES MATIÈRES

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