Éristale gluant. Eristalis tenax
le rebord de l'opercule, de manière à le fermer hermétiquement. On remarque encore un mécanisme plus ingénieux sur
l'œuf de quelques Punaises des bois. Le petit n'a pas même besoin de pousser le couvercle ; il y a à l'intérieur un véritable ressort qui se charge spontanément de cet office ; au moment de la naissance, il n'a qu'à sortir; pour lui, on peut donc dire, avec raison, qu'il ne se donne même pas la peine de naître.
Souvent aussi, la surface des œufs se fait remarquer par l'admirable finesse de sesguillochures. Les uns sont recouverts de grosses côtes, qui s'étendent d'un pôle à l'autre ; d'autres n'offrent que de fines lignes artistement burinées; enfin, quelques-uns ont leur surface recouverte d'un réseau de dentelle. Pour eux, la nature a aussi épuisé toute la richesse de sa palette. Ils sont peints des plus douces ou des plus éclatantes teintes du bleu, du vert, du rouge ; quelques-uns ressemblent absolument à de la nacre, et il en est qu'on prendrait pour autant de charmantes petites perles irisées.
La sexualité des Insectes offre elle-même de curieuses particularités. Il n'y a pas seulement parmi eux des mâles et des femelles ; quelques-unes de leurs républiques ont, en outre, des individus absolument dépourvus de sexe; et ce sont ces neutres qui seuls travaillent et deviennent l'élément de leur prospérité et de leur puissance. Les uns sont de véritables ouvriers, les autres de braves soldats. Mais ces individus, que l'on reconnaît à leurs formes ou à leurs armes spéciales, ne sont, en réalité, que des femelles avortées. Les Abeilles le savent parfaitement elles-mêmes, ainsi que nous le verrons.
A toutes ces merveilles de la vie des Insectes, il faut encore ajouter l'inexplicable phénomène de ces lueurs éclatantes que divers projettent au milieu des ténèbres, et qui tantôt, dans leur vol, sillonnent l'air de longues traînées de feu, et tantôt illuminent paisiblement le feuillage où ils reposent.
Tout le monde connaît le Lampyre ver luisant, qui, à l'automne, donne à nos gazons l'apparence d'un ciel constellé. Mais, dans l'Amérique tropicale, il existe des Insectes phosphorescents bien autrement éclatants. La Fulgore porte-lanterne
peut suppléer une lampe, par la lumière vive dont resplendit sa tête monstrueuse. Sybille de Mérian rapporte qu'à Suri-
70. Lampyre noctiluque ou Ver luisant, mâle et femelle. Lampyris noctiluca, Lin.
nam elle lisait parfois les gazettes à l'aide d'un seul de ces hémiptères 24 .
Aux Antilles, la phosphorescence des Insectes est môme