Staphylin odorant. Staphylinus olens, Pans
ration et les sécrétions qu'offrent certains Insectes; et elles n'ont été que médiocrement heureuses en cherchant, dans le monde extérieur, tous les éléments des mystérieux phénomènes de l'organisme. Celui-ci nous dérobera peut-être encore longtemps ses secrets synthétiques.
Gomment donc la Cochenille du Nopal trouve-t-elle dans les sucs verdâtres du Cactus qui la nourrit, la magnifique couleur rouge, le carmin, qui gonfle tout son corps ?
Le Cérambyx musqué exhale le plus suave parfum de la rose ; l'air en est embaumé tout autour du saule qu'il habite,
et ses émanations le trahissent fatalement au collecteur qui le poursuit. Mais le feuillage de cet arbre nourrit aussi d'infectes Punaises. Est-ce que d'un même aliment, l'un peut retirer les plus merveilleuses essences, et l'autre seulement des humeurs d'une repoussante fétidité ?
L'Abeille exsude l'émolliente cire par l'une des régions de son corps, et dans une autre, sécrète de brûlants caustiques. Le nectar des fleurs peut-il donc fournir le miel embaumé et les plus acres venins ?
La Cantharide et le Méloé transforment en funestes poisons les sucs inoffensifs des frênes et de l'herbe de nos prairies. Et combien ces insectes toxiques n'ont-ils pas fait de victimes parmi nous25 ! Et cependant c'est cette même herbe qui surcharge de graisse la viande de nos bestiaux. Et comment enfin, de sa nourriture sordide, le Staphylin embaumé extrait-il le parfum exquis qui s'exhale de ses anneaux, et enduit les doigts de tous ceux qui le touchent !