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Mygale maçonne et intérieur de son habitation

sectes qui coupent et taillent le bois à l'aide de robustes mandibules, soit pour s'en faire de commodes demeures, soit pour s'en nourrir, soit pour confectionner de petites salles munies de cloisons et destinées à recevoir leur progéniture.

La Fourmi fuligineuse, sculpteur merveilleux, appartient à la première section de ces ingénieux menuisiers. Elle s'établit dans le tronc de nos arbres séculaires. Là, elle se creuse une demeure charmante et compliquée, qui se compose d'un cer-

tain nombre d'étages superposés, dont les planchers, dépassant peu l'épaisseur d'un fort papier, supportent des perspectives de fines colonnettes de bois poli, véritable palais dans lequel circule une population nombreuse et animée. D'autres espèces de Fourmis ne dédaignent pas de s'installer dans les sommiers de nos habitations, dont elles compromettent parfois la solidité.

Dans la seconde catégorie se trouve la larve d'un Papillon de nuit, qui acquiert jusqu'à quatre à cinq pouces de longueur et est plus grosse que le doigt. Elle ronge l'intérieur des gros arbres, et fait dans leur tronc de larges et longues galeries tortueuses, qui parfois suffisent pour les tuer. On la voit travailler avec d'autant plus de zèle que son labeur est la satisfaction d'un besoin : elle vit de bois.

Quand plusieurs de ces robustes chenilles attaquent en même temps un Orme, il succombe très-rapidement. On a parfois vu cet Insecte anéantir totalement de vigoureuses avenues de haute futaie; aussi lui donne-t-on le nom de Cossus gâte-bois.

Ce Cossus est malheureusement assez commun en France. Souvent, en nous promenant le long d'une plantation d'Ormes, nous apercevons, à la surface de quelques-uns de ces arbres, des trous d'où sort une sciure de bois humide. C'est l'entrée des souterrains que ronge la larve du redoutable Papillon.

La larve du grand Capricorne, Cerambyx héros, qui mine l'intérieur des anciens chênes, et souvent gâte les plus belles pièces de charpente, a le dos cuirassé de plaques solides et rugueuses, qui lui servent ainsi que les genouillères du ramoneur et protègent sa peau, lorsqu'elle grimpe dans ses cheminées ligneuses.

Mais nous trouvons des ouvriers bien autrement ingénieux dans une certaine tribu d'Abeilles, que l'on appelle Menuisieres à cause de leur habileté à travailler le bois. Celles-ci vivent particulièrement dans les contrées tropicales. Une d'elles cependant habite nos climats ; elle a l'apparence d'un gros bourdon de la plus belle couleur bleue ; on la connaît sous lft

nom d'Abeille charpentière. Uniquement mue par l'instinct maternel, son travail, qui consiste en autant de petites chambres qu'elle produit d'œufs, est un chef-d'œuvre d'art et de prévoyance. Ce sont ordinairement les poutres que cette

110. Abeille charpentière et ses chambrettes. Xylocopa violacea, Fabricius.

Abeille attaque. Elle y creuse, dans le sens longitudinal, des canaux qui ont jusqu'à douze ou quinze pouces de profondeur et plus d'un centimètre de largeur.

Quand l'une de ces grandes excavations a atteint toute sa longueur, l'ouvrière s'occupe d'y abriter sa progéniture. A cet effet, elle partage le canal en autant de chambrettes qu'elle veut y déposer d'œufs. Chacune de ces chambrettes n'en reçoit qu'un, et avant de la clore hermétiquement, l'Abeille y emmagasine un amas de miel et de pollen, suffisant pour tous les besoins de la larve qui doit y naître. A la suite de cela, l'habile menuisière, à l'aide de fine râpure de bois agglutinée avec sa salive, confectionne une mince cloison qui isole ce premier compartiment de celui qui suit. Dans la longue excavation qu'il a creu-

sée, l'Insecte forme ainsi une douzaine de petites cellules, qui toutes sont encombrées de bouillie alimentaire.

Lorsque le petit naît, il ne trouve qu'un espace assez restreint ; mais à mesure que sa nourriture diminue, ses mouvements deviennent plus libres. L'aliment a été sagementproportionné aux besoins; la vie de la larve s'achève au moment où la famine va se déclarer. La Chrysalide reste emprisonnée dans la chambrette ; mais quand la Mouche en a rejeté les enveloppes, il lui faut impérieusement l'air et la lumière. Alors elle ronge les cloisons qui se trouvent sur son passage et s'élance dans l'atmosphère pour recommencer bientôt des travaux semblables à ceux que fit sa mère. Tel est son destin.

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