Épeïre diadème mâle. LOT. Épeïre diadème femelle
dérés comme un simple produit chimique de l'air, condensé par quelque agent spécial, ont été reconnus par Latreille comme n'étant que le travail de diverses espèces d'Arachnides, et en particulier des Épeïres, transporté au loin par l'agitation de l'atmosphère 35 .
D'autres Araignées, au lieu d'étaler leurs produits en tapis nuageux sur la verdure des campagnes, confectionnent des tentures serrées et solides, dont elles tapissent l'intérieur de leur habitation. C'est à quoi s'occupe la Mygale maçonne, si bien nommée. C'est une véritable sybarite, qui s'enferme dans sa demeure et s'y repose sur de moelleuses draperies.
Son habitation consiste en un trou de plusieurs pouces de
profondeur, creusé dans la terre et parfaitement cylindrique. L'ouvrière en tapisse tout le pourtour. A cet effet, elle imite le décorateur qui ne met qu'une étoffe grossière en contact avec la muraille, et la recouvre ensuite de sa tenture de luxe. L'Araignée, elle aussi, se sert d'une double toile. L'une, qu'elle applique sur la paroi abrupte de son souterrain, est épaisse et négligemment œuvrée ; l'autre, qui est placée dessus, est au contraire tissée de sa plus fine soie et habilement tendue.
L'entrée de l'habitation est close on ne peut plus hermétiquement par une petite porte ou couvercle dont le dessous est légèrement convexe et garni d'un coussin de soie ; tandis que le dessus est plan et formé des mêmes matériaux que le sol; de manière que, quand l'Insecte est enfermé dans sa demeure, rien au dehors n'en révèle l'existence. Cette porte, elle seule, est un petit chef-d'œuvre de fini et de patience. La Mygale a l'intelligence du mineur, mais n'a nullement celle du menuisier ou du potier de terre; aussi c'est seulement avec ses propres ressources qu'elle apprend à barricader son refuge. L'opercule solide qui lui sert à cet effet est un composé de lames de toile, entre chacune desquelles se trouve une petite couche de terre. Quand le travail est achevé, on compte alternativement une quarantaine de lames de soie et de terre; et c'est avec les premières, qui vont du sol à la porte, que se trouve formée la petite charnière élastique.
Lorsque l'Araignée veut sortir, elle soulève cette espèce de couvercle mobile; et, une fois rentrée dans son souterrain, elle en clôt strictement le seuil et s'endort en sécurité. Mais si quelque bruit, quelque ébranlement lui révèle qu'on tente de violer sa demeure, sa vigilance s'éveille à l'instant. D'un bond, elle s'élance vers la porte, s'y cramponne avec la moitié de ses pattes, et à l'aide des autres s'accroche à la tapisserie du souterrain. Si alors, d'une main curieuse, on soulève délicatement cette porte, on éprouve une petite résistance; et quand elle s'entre-bâille, on aperçoit les efforts suprêmes de l'Arach-
nide et sa tête menaçante : elle défend ses foyers jusqu'à l'extrémité.
On peut donner le nom de Menuisiers à des légions d'fn-