Araignée aquatique et sa cloche à plongeur
torien. Une couche d'air fixée aux poils de leur corps, et qui leur donne sous l'eau l'éclat d'une perle animée , facilite leur
natation en les allégeant. C'est à l'aide de celle-ci qu'elles parviennent à remplir de gaz respirable leur petite cloche, aussitôt qu'elle est édifiée. A cet effet, l'Araignée vient à la surface du ruisseau prendre une bulle d'air sous son abdomen, puis la porte à son refuge submergé; et elle répète ses voyages jusqu'à ce qu'il en soit totalement gonflé.
Les entomologistes connaissent encore d'autres Hydrauliciens, mais aucun n'égale en intelligence les Naïades dont nous venons de parler.
Un de nos grands coléoptères de France, l'Hydrophile, dont le nom rappelle les mœurs aquatiques, bâtit aussi sous l'eau une imperméable retraite de soie, mais il ne l'habite pas, et se contente de lui confier sa progéniture; c'est une simple coque pour ses œufs.
D'autres fois, c'est avec des matériaux plus solides que les Insectes construisent. Ils emploient le mortier et la pâte; ce sont de véritables maçons, qui, au lieu de travailler dans les marais, placent leur œuvre en plein air, sur nos monuments élevés ou vers la cime des arbres.
La Mégachile des murailles, qu'on nomme vulgairement Abeille maçonne, s'est acquis une grande célébrité à cause des nids en fines pierres ou en mortier qu'elle applique contre les édifices. Ils représentent des cellules ovoïdes, pouvant contenir une noisette. Ce sont autant de gîtes auxquels cette mouche confie sa progéniture. Lorsque, après un long labeur, le monument en miniature est achevé, la mère place à l'intérieur un de ses œufs, puis se retire par l'ouverture restée béante vers le haut, et qu'elle maçonne hermétiquement avant de s'envoler.
La progéniture de l'Abeille se trouve ainsi enfermée vivante dans un tombeau; mais la tendresse maternelle a déployé là toutes les ressources de la plus extrême prévoyance. Avant de sortir, la Mégachile en a tapissé la paroi d'une fine tenture de soie. Ainsi sa larve délicate se trouve abritée contre le froid
des nuits, et n'a plus à redouter le contact des parois abruptes de sa charabrette. En opérant de laborieux voyages, la mère a eu le soin d'amasser dans ce berceau la quantité de pâtée qu'il faut à son petit. Et quand enfin elle l'enferme dans son réduit à l'aide d'une cloison de maçonnerie, elle sait qu'il y possède l'air et la nourriture en quantité suffisante pour arriver à bien, et qu'au moment de prendre son essor, lui aussi, il aura, comme sa mère, des instruments de travail pour défoncer la muraille sous laquelle il est emprisonné.
Dans les pays où les Abeilles maçonnes sont rares, leurs nids sont solitaires ou peu nombreux les uns à côté des autres. Souvent on les rencontre dans des enfoncements de pierres ou sur des cannelures de colonnes. J'en ai trouvé d'isolés sur divers monuments de l'Italie ; ils étaient appliqués sur des colonnes et construits avec de petites pierres agglutinées par un mortier très-fin. Leur solidité était extrême.
En Égypte, où les Abeilles maçonnes sont fort communes, on rencontre de nombreuses agglomérations de leurs nids dans beaucoup de monuments. La voûte de quelques-uns de ces antiques temples souterrains que l'on appelle Spéos en est parfois totalement obstruée. Ils y sont même tellement tassés et empilés les uns sur les autres, qu'ils pendent aux plafonds, comme les stalactites de nos cavernes. Mais ces nids ne sont plus édifiés en petites pierres : imitant les fellahs de la Haute- Égypte, là c'est avec le limon du Nil que l'Abeille maçonne construit sa demeure.
Le plafond d'une salle d'un temple de l'île de Philœ, dans laquelle je bivouaquai quelques jours, était entièrement masqué par ces nids. Pendant que j'étais couché, je voyais circuler au milieu d'eux, et avec une surprenante agilité, de ces Lézards qui s'accrochent si bien aux moindres aspérités des murailles, des Geckos qui se jetaient sur les jeunes Abeilles sortant de leurs demeures , ou croquaient les larves dont le réduit offrait quelque brèche311.
Mais, si quelque Iusecte mérite la palme de F architecture, il faut absolument la décerner à la Guêpe cartonnière. Celle-ci se bâtit des demeures beaucoup plus ingénieuses encore que notre Abeille domestique. Si les gâteaux en cire de cette der-