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Physophore hydrostatique

calisé, ce sont des Poissons qui le produisent, en traversant les vagues comme un trait flamboyant. D'autres fois, il provient de Méduses, dont le disque brillant s'aperçoit calme et immo-

bile dans la profondeur de l'eau ; ou de Physophores qui traînent derrière elles une chevelure éparpillée, toute surchargée d'étoiles comme celle de Bérénice au milieu du firmament. Certains Mollusques, eux-mêmes, bien qu'enfermés sous leurs coquilles, n'en sont pas moins phosphorescents. Pline avait déjà fait remarquer que les personnes qui mangeaient des Pholades avaient toute la bouche lumineuse.

Mais, le plus souvent, ce phénomène se manifeste dans les endroits où la mer est en mouvement : chaque vague bondit en écume lumineuse sur la proue des navires, et les flots resplendissent comme le ciel étoilé. Ces myriades de points phos-

1 1. Noctiluques miliaires, vus à de orts grossissements.

phorescents, qui rendent la mer étincelante, ne sont que des Microzoaircs d'une infinie petitesse, mais dont l'éclat centuple le volume.

L'Océan offre presque partout de ces animalcules. Chacune de ses couches en est peuplée à des profondeurs, dit de Humboldt, qui dépassent la hauteur des plus imposantes chaînes de montagnes. Et, sous l'influence de certaines circonstances météorologiques, on les voit s'élever à la surface de sa nappe liquide, où ils forment un immense sillon lumineux derrière les navires.

Le Noctiluque miliaire est l'un de ceux qui jouent le plus grand rôle dans cette phosphorescence de la mer. Vu avec le secours d'un microscope puissant, cet infime animalcule a l'apparence d'une petite sphère de gelée diaphane, parsemée de

poiuts lumineux, et portant un frêle appendice filiforme, que certains naturalistes considèrent comme un suçoir.

L'eau présente une autre particularité non moins curieuse et longtemps inexpliquée ; elle prend quelquefois une teinte d'un rouge sanglant, ce qui, à toutes les époques, a étonné ou effrayé le vulgaire.

Depuis les temps les plus reculés, on se demandait quelle pouvait être la cause de ce phénomène, qui semblait tenir du prodige, et on ne l'expliquait que par d'étranges hypothèses. Mais,' depuis la découverte du microscope, il a été parfaitement étudié, et l'on a reconnu que cette rubéfaction de l'eau dépend de la présence de plantes ou d'animalcules infiniment

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