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SOUMISSION DE LA COCHINCHINE

Il employa plusieurs années à dompter les révoltes qui s’étaient élevées dans l’empire depuis son avènement au pouvoir ; l’armée des Sourcils rouges fut vaincue, et l’empereur qu'elle avait nommé reçut une principauté de Kouang-wou-ti. Son général, Mayouan, réduisit aussi la Cochinchine, ui avait voulu se déclarer indépeu-ante sous la conduite d’une femme héroïque, et qui était soumise à l’empire chinois depuis la conquête de Thsin-chi-hoang-tj. Il reporta ensuite la guerre au delà des frontières septentrionales de l’empire, contre les Tartares, et il mourut après un règne glorieux.de trente-deux ans (l’année 57 de notre ère).

FONDATION D’ÉCOLES NOMBREUSES POUR L’ÉDUCATION DE LA JEUNESSE ET DES Pays CONQUIS.

Son fils, l’empereur Ming-ti ( empereur éclairé ) , lui succède ( 58 ).

(*) Yoy. la pl. 53 , qtii représente ce fait tiré des Faits mémorables des empereurs chinois.

L’histoire chinoise vante sa sagesse, sa clémence et son discernement. Ayant reçu une excellente éducation de son précepteur, et très-versé dans l’étude des anciens philosophes chinois , il voulut répandre l’instruction parmi ceux de ses sujets qu’il jugea destinés à avoir une part active dans le gouvernement. Il établit dans son palais une académie de sciences pour y instruire les enfants des grands de i’empire et des princes barbares qui gouvernaient les provinces conquises. Il épousa la fille du général Ma.-youan, qui s’était fait une grande réputation militaire sous le règne de son père. Ce choix fut très-applaudi , et cette impératrice est citée par les historiens comme un modèle de vertus et de sagesse qui ne contribua pas peu à la gloire et à la prospérité de l’empire. Ming-ti fit peindre les portraits des grands hommes qui s’étaient illustrés dans la paix et dans la guerre, et il ordonna que leurs portraits seraient suspendus dans une salle du palais. Il alla visiter le monument élevé au philosophe Khoungtseu. Les inondations fréquentes du Hoang-ho (ou fleuve Jaune) portaient la désolation dans les campagnes; Ming-ti les fit cesser en faisant construire une digue longue de dix lieues, à la confection de laquelle cent mille hommes furent employés.

INTRODUCTION 0FFIC1ELLE*DE LA RELIGION BOUDOHIQCEEN CHINE, l’a» 65 d« >otis lu.

Ce fut la huitième année du règne de cet empereur, et la soixante-cinquième de notre ère, que la religion bouddhique fut officiellement introduite en Chine. Voici comment les historiens chinois rapportent ce fait :

L’empereur Ming-ti eut un rêve dans lequel il vit un homme couleur d’or, très-grand, dont la tête et le cou brillaient d’un grand éclat. Il interrogea ses ministres sur ce rêve extraordinaire. L’un d’entre eux lui répondit que dans les contrées occidentales (de l’Asie) il y avait un génie ou être surnaturel (Chin) dont le nom était Fo ; que sa statue avait six pieds

de hauteur et que sa couleur était celle de l’or. L’empereur, d’après ces informations, envoya des ambassadeurs dans le Thian-tchou (ou l’Inde) pour s’instruire des lois et de la doctrine de Fo, et pour rapporter dans le royaume du milieu (la Chine) son image peinte et quelques-unes de ses statues (*).

(*) Voy. Ma-tocas-mn, 1. 338, etc. Plusieurs écrivains ont dit , d’après les missionnaires fiançais en Chine, que Mihg-ti avait envoyé chercher une religion nouvelle en Occident, sur la foi de certaines paroles du philosophe Khouhg-tsku, nui aurait dit cinq cents ans avant J. C. que le saint homme par excellence existait ou devait exister dans l'Occident , voulant indiquer par là le fondateur de la religion chrétienne. D’abord , il faudrait prouver que cette assertion du philosophe chinois se trouve dans les livres qui nous restent de lui , ou qui sont attribués à la rédaction de ses disciples ; or elle ne s'pr trouve pas comme on la rapporte. Voici ce qu’il dit : •* L'homme sage trouve la « règle de sa conduite en lui-méme , il en « voit la confirmation dans l’universalité des « hommes... Il conforme ses actions aux ' « lois du ciel et de la terre, et il n'éprouve « aucun trouble ; il se règle sur les mtelli- ■■ gences supérieures à l’homme , et son es- « prit n’éprouve aucun doute ; il est cent ge- « nérations à attendre le saint homme , et il « ne se dément jamais. — Il se règle sur les « intelligences supérieures à l'homme , et son « esprit n éprouve aucun doute ; par conse- « quent il connaît le ciel ; il est cent généra- « fions à attendre le saint homme, et il ne « se dément jamais; par conséquent il con- « naît les hommes.» ( Tchoùng -yoûng , ch. “9. S 3,4.)

Il n’est pas plus question, dans ce passage,’d’un saint de YOccident que de tout autre point cardinal ; mais on dit que les paroles prêtées au philosophe chinois se trouvent dans d’autres ouvrages originaux. En supposant que cela soit , il bien plus vraisemblable de rapporter à Fo ou à Bouddha l’allusion faite par Khouhotseu à un saint ou homme parfait de I Occident, qu'à J. C. , parce que , à l’époque ou vivait Khoukc-tseu, il y avait déjà près de 5oO ans que Bouddha avait prêché et établi sa religion dans l'Inde; parce que la renommée de ce réformateur indien avait pu «-

CHINE

Depuis l’époque de son introduction en Chine, cette religion a éprouvé de grandes vicissitudes et est parvenue à régner sur la moitié au moins de la population chinoise. Nous ferons connaître ailleurs ses principaux dogmes.

Seulement nous remarquerons ici que cette nouvelle religion ne fut accueillie que peu à peu et par un petit nombre de personnes. Ainsi , quoique la place fût pour ainsi dire vide, du moins officiellement, et que toutes les circonstances fussent favorables pour recevoir des dogmes nouveaux, les esprits éclairés, ceux qui se contentaient de la morale de Khoung-tseu et du culte à l'fttre suprême qu’elle prescrit, s’opposèrent à l’introduction de la nouvelle religion, qui devait trouver, comme dans l’Inde, fa plus grande masse de ses partisans dans le peuple, dont la destinée est d’espérer, de croire et de souffrir.

Ce fut le roi de Tchou, petit prince feudataire de l'empire chinois , qui adopta le premier le bouddhisme en Chine-, son exemple fut promptement suivi par ceux quMI gouvernait ; mais il fallut plus d’un siècle pour qu'ilse répandit dans toute la Chine, où la politique et le caprice des empereurs le favorisèrent et le proscrivirent tour à tour : les philosophes chinois de l’école de Khoung-tseu ont maudit la mémoire de l'empereur Ming-ti pour avoir envoyé un ambassadeur dans l’Inde chercher cette religion populaire et en avoir infesté la Chine, comme ils s'expriment : « Y a-t-il quelque chose de plus monstrueux , dit l’un d’entre eux , et de plus éloigné du respect que l’on doit avoir pour les ancêtres, que d’avoir été chercher cette religion chez des étrangers, que nos ancêtres ne suivirent pas ni ne voulurent suivre, et qui , ennemie de la paix et de la société humaine, trouble et détruit tout l’ordre et les rapports que la nature a

cilement arriver aux oreilles du philosophe chinois , et parce qu’enfin par Occident les Chinois n’onl jamais entendu autre chose que les grandes contrées de l 'Inde et du Tlùbet situées à l' occident de leur empire.

ir Livraison. (Chine.)

établis entre les pères , les mères et les enfants, les rots et les sujets, les époux et les épouses , etc. ? Ce crime est de la plus grande gravité. » Nous examinerons ailleurs jusqu'à quel point ces accusations sont méritées , et quelle influence l’introduction du bouddhisme a eue sur le développement de la civilisation chinoise. Nous dirons seulement ici que la culture morale de l’intelligence que prescrit le bouddhisme, quoique entourée souvent de formules extravagantes et superstitieuses, a pu avoir une influence heureuse sur l’esprit du peuple chinois ignorant et grossier, comme sur les peuplades barbares et sauvages de l’Asie centrale, tant que cette religion est restée humble et méprisée des lettrés; mais qu’elle a causé les plus grandes calamités dans l’empire, lorsque, par l’ambition de ses prêtres, elle a voulu devenir la religion de l’État , et s’euqiarer des richesses et des honneurs : alors elle est devenue un instrument de ruine et d’oppression , et a causé des révoltes et des calamités nombreuses dans l’empire.

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