SOCIÉTÉS SECRÈTES. PERSÉCUTION DES LETTRÉS
La puissance toujours croissante des eunuques devint si odieuse aux lettrés, que ces derniers se concertèrent pour les faire rentrer dans l’exercice de leurs "1011011008 humiliantes. Les eunuques qui ? dès le moment où ils eurent acquis assez d’ascendant sur les empereurs pour espérer de se maintenir dans leurs bonnes grâces, sentirent le besoin de former entre eux une espèce de corporation , accusèrent les lettrés de conspirer contre le trône (169 de notre ère), et d’avoir formé des sociétés secrètes dans le but de renverser l’autorité impériale. Lingti , comme tous les princes faibles et débauchés , n’avait de force et de résolution que pour faire le mal ; il donna tout pouvoir aux eunuques qui en profitèrent pour accabler leurs ennemis :
cent grands de l’empire furent mis à mort, ainsi que sept cents mandarins
inférieurs ! Cette grande exécution, commandée par les eunuques toutpuissants , ne fit qu’accelérer la chute de la dynastie des Han. Des troupes nombreuses de mécontents, qui s’appelaient les Bonnets jaunes, se formèrent, s'accrurent rapidement, et se répandirent dans plusieurs provinces sous le commandement de trois frères nommés Tchang , sectateurs de la doctrine de Lao-tseu; mais elles furent réprimées par l’habileté et la valeur de quelques généraux de l’empereur.Quatre-vingt mille hommes, commandes par deux des frères, périrent du côté des mécontents , dans une seule bataille, et dans un autre combat le troisième de ces frères fut vaincu avec cent mille hommes qui lui restaient.
Les guerres civiles ne cessèrent de ravager l’empire chinois sous Hiantx (190—220), le dernier empereur de la première dynastie des Han. La Chine fut partagée d’abord en trois, puis en quatre parties différentes, qui avaient autant de souverains. La partie orientale conspira contre Toungtciio , général des troupes impériales, qui voulut affecter l’autorité souveraine, et se rendit odieux par son insolence et son faste impérial. Ces , guerres donnèrent occasion à Thsaothsao de déployer ses grands talents politiques et militaires. Ce général retarda de trente ans la chute complète de la dynastie des Han, et en prépara une nouvelle dans sa famille par l’éclat extraordinaire que ses talents et sa valeur lui avaient attiré dans ses guerres contre les Tartares , ces éternels ennemis des Chinois, et contre les rebelles de l’intérieur. « Ce général avait un talent particulier pour connaître les hommes et pour les employer selon leurs mérites. Cette connaissance fut la principale cause des grands succès qu’il obtint dans presque toutes ses entreprises ; lorsqu’il reconnaissait de l’habileté à quelqu’un, il le cultivait avec soin , quelle que fut sa naissance. Il usait de tant de précautions dans ses expéditions, qu’il était très-difficile de le surprendre. En présence de l’ennemi , et dans le plus
fort du combat , il conservait un rare sang-froid, et ne laissait jamais apercevoir la moindre inquiétude. Libéral à l’excès quand il s’agissait de récompenser une belle action, il était inflexible à l’égard des gens sans mérite, et ne leur accordait jamais rien. Ne condamnant personne sans de puissants motifs, il était inflexible dans l’exécution de ses ordres , que ni la recommandation , ni la compassion ne pouvaient faire révoquer. Ces qualités l’avaient élevé à un si haut degré de
Îiuissance, qu’il était presque devenu e maître de l’empire.» (Tableaux hist.
de l’Asie.)