HAN POSTÉRIEURS
C’est ici (220) que commence l’époque de l’histoire chinoise où l’empire fut divisé en trois royaumes : celui de fVel, celui de Han de Chou, et celui eje Ou. Le premier était situé dans la Chine septentrionale ; le second dans la province actuelle du Sse-tchouan :
il commença en 222, et finit en 2G2 de notre ère ; le troisième occupait le reste de la Chine méridionale, et dura jusqu’en 280. Les IVeX furent détruits par les Tçin, qui soumirent aussi les deux autres royaumes.
Ce partage de l’empire a été déguisé par les écrivains chinois officiels (*),
(*) Nous voulons principalement désigner la « Table chronologique de tous les sou- « verains qui ont régué en Chine , rangée
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qui ont fait régner jusqu’aux Tçin différents princes qui appartenaient à des
« par ordre de cycles , et exactement calcu- « fée sur les monumenis authentiques, de- - puis la 6«* année de l'empire de Hosito- » ti , qui en est le véritable législateur, «jusqu'à l'empereur actuellement régnant * quatrième de la dynastie des Tar-
in tares maulchoux , autrement dite la dy- «naslie des Tai-thsing, et imprimée à P{- « king dans le palais impérial, après avoir « subi tous les examens juridiques des diffé- « rentes académies, ou tribunaux littéraires <■ de cette capitale, la 3ae année de Ktin- « louis o, c'est-à-dire, l’an de notre ère 1767, « pour servir désormais de règle aux hislo- « riens et aux autres écrivains publics de « l’empire. »
C’est ainsi que la désigne le P. Amyot, dans nue notemanuscritequi précède l’exemplaire qu’il a envoyé à la Bibliothèque royale de Paris dans le siècle passé; exemplaire qui porte la transcription manuscrite de tous les noms des empereurs chinois, avec la réduction de toutes les années des cycles chinois en années précédant et suivant l’ère vulgaire. Ce même savant missionnaire ajoute: « J’espère que ceux qui cultivent les lettres « me sauront quelque gré de les avoir mis « en état de voir par eux-mèmes dans l’ori- « ginal tout l’ordre chronologique de l’his- « toire chinoise. La Bibliothèque du roi «étant ouverte aux savants de toutes les « nations... j’ai cru que c’était le sanctuaire «où l’ouvrage de l’empereur, et celui dont «j’ose raccompagner en forme de complé- « ment , pouvaient être le plus utilement et « le plus glorieusement déposés. Ces deux « ouvrages ne pouvant être séparés l’un de « l’autre , je fais hommage de l’un et de « l’autre. Dans le premier , je mets en fran- «çnis le chinois de l’empereur; dans le « deuxième, je remplis les années des règnes « conformément aux annales les plus au- « thentiques et les plus généralement sui- « vies. » (Amyot, m. d. 1. c. d. j. à FéLiiig, 1769.)
De ces deux ouvrages que le P. Amyot regardait avec raison comme si utiles pour l’étude de l’histoire de la Chine , il ne reste plus à la Bibliothèque du Koi que la Table chronologique de l’empereur Kie»-louwo, qui 11e renferme que les noms des souverains classés selon l'ordre des cycles, avec les noms donnés aux années des différents règnes, aussi classés dans leur ordre le plus
branches plus ou moins éloignées de la race des Han, tels que : Han tch ao- IIE:TI (221— 222) ; Han HEOU-tchoü (223—263); ensuite Youan-ti (264) des IVel , reconnu par eux comme appartenant également à la race des Han. Ces différents souverains ont été désignés sous le nom de Han postérieurs ( Héou han ). Le royaume de tVel avait sa capitale à Lo-yang; les États de l’Asie centrale, qui avaient été les alliés des Han, conservèrent les mêmes relations avec ses souverains. Les rois des Han de Chou tenaient leur cour à Tcking-tou, capitale de la province actuelle du Sse-tchouan; et les rois de Ou firent leur résidence à Kian-khang (connu plus tard sous le nom de Nan-king, d'où l’on tire les étoffes légères de ce nom) (*).
Le souverain du royaume des IV el, après avoir combattu ceux de Han et
exact, et la première partie de son Abrégé chronologique de l'histoire universelle de l'empire chinois, telle qu’elle a été imprimée dans le XIIIe volume des Mémoires sur les Chinois, p. 74 et siliv. Cette partie ne va malheureusement que jusqu'à la mort de l’empereur O.buk, 2206 aus avant notre ère. Elle fait bien vivement regretter la suite qui venait jusqu’en «770 de J. C. , et qui, par une infidélité à jamais déplorable, a disparu depuis longtemps de la Bibliothèque du roi. Nous avons acquis la preuve, par la partie imprimée, que le savant travail du missionnaire sur l’histoire de la Chine , était tiré en grande partie du Li-tai-ki-sse , souvent cité dans le commencement de cet ouvrage (v. p. 35, 65 , 87 , g5, 96 et suivantes), qui est en chinois le développement le plus méthodique et le plus complet de la Table chronologique , et qui a été rédigé en cent volumes grand in 8° chinois, par les mêmes auteurs, et publié par le même empereur. Nous n’avons pu continuer à nous en servir comme par le passé, parce que l’attention du conservatoire de la Bibliothèque royale ayant été attirée sur ce bel ouvrage, il a été considéré comme trop récieux pour en laisser faire usage au deors.
(•) Voyez une vue de Nan-king, pl. 55; la grande Tour de porcelaine el les autres monuments seront donnés plus tard avec la description de la ville.
de Ou pour conquérir la souveraineté absolue, fut à son tour renversé du trône par son propre général que ses triomphes avaient séduit. Le fils de Heou-ti , voyant la puissance de son père en péril", alla le trouver, et lui dit : » 11 n’y a point à délibérer; c’est ici un moment décisif, il nous faut ou vaincre ou mourir comme nos ancêtres, ô mon père ! » Le roi ne voulut point suivre cette résolution d u jeune homme.
Celui-ci , désolé, se retira dans la salle funèbre des ancêtres , et , ayant tué sa femme, il se tua lui-même de désespoir.
L’année 2G3 (quarante- unième du règne de Heou-ti ou Heou-tchou) , la racedes Han fut entièrement éteinte; l’armée impériale fut taillée en pièces, et le palais abandonné au pillage.