VII* DYNASTIE
LES TCIN, bi a65 a 428, x55 années et
l5 EMPEEEDES.
Le fils du général qui avait renversé le dernier et faible rejeton de la race des Han , est le fondateur de cette nouvelle dynastie. II prit le titre de Wouti , empereur guerrier ou conquérant , titre qui convient à presque tous les fondateurs de nouvelles dynasties en Chine , où le droit du plus fort , comme ailleurs, légitime souvent des actes qui n'ont pas d’autre sanction. C’est ainsi que les destinées des peuples se jouent le plus souvent dans tes batailles. Que de fois la force et l’adresse ont décidé du sort des nations ! N’en doit- il pas être ainsi dans toutes les luttes sanglantes des hommes, tant que d’autres éléments de solution ne seront pas trouvés aux querelles politiques et religieuses qui les agitent ? tant que la plupart de ces éléments seront de nature brute et irraisonnables? Les changements de dynasties sont nécessaires quand ces dynasties ne remplissent plus les conditions de leur existence, quand les éléments qui faisaient leur droit et leur force sont en dissolution. La chute de la dynastie des Han était prévue, était dans l’ordre des choses naturelles, était nécessaire; celle des Tçin lui succède
avec moins d’éléments de force et de durée : ce n'est pas une révolution désirée et consommée; ce n’est presque qu’un changement de personnes. Le pouvoir souverain est tombé dans des mains plus fermes, plus habiles, plus jeunes; mais les principes de gouvernement, les éléments d’existence restent à peu près les mêmes. Le nouvel empereur fut droit, sincère et magnanime; ces qualités lui gagnèrent bien des cœurs. Il tint sa cour à Lo-yang , dans la province du Ho-nan. Sous son règne (265 - 290), dix-huit petits souverains se disputèrent la dignité impériale ; mais ceux des provinces méridionales furent le plus souvent vaincus par ceux des provinces septentrionales, plus robustes et plus endurcis aux fatigues de la guerre, en même temps qu’ils étaient soutenus par lesTartares, leurs alliés.
L’année 267, des barbares (étrangers) de l’orient, hommes de Weï (ou Japonais), vinrent apporter des tributs ae différente nature au fondateur de la dynastie de Tçin. L’histoire chinoise rapporte à l’année cyclique qui correspond à celle de 268 de notre ère, un événement météorique trop extraordinaire pour être passé sous silence : « En automne, à la septième lune, une multitude d’étoiles filèrent à l’occident et tombèrent comme de la pluie (*).
Le nord étant soumis, l’empereur avec deux cent mille soldats envahit l’Etat du roi de Ou, traversa le grand fleuve A iang et prit la ville de Banking. Le roi de cet Etat, le dernier représentant des trois royaumes , détesté de son peuple pour avoir introduit de nouveaux supplices, et qui entretenait dans son palais cinq mille femmes pour jouer la comédie , sortit de la ville et se rendit au vainqueur, qui lui donna une petite souveraineté où il finit misérablement ses jours.
Ce fut ainsi que la dix-septième année de son règne (281), Wou-ti conquit un État qui contenait cinq cent
(*) Thsieou tsi y oui tchoung singsi Ut ou yun jou yu.