LES WEI SEPTENTRIONAUX
Nous voici arrivés à l’époque où finissent les six petites dynasties (lou tchao, comme les nomment les historiens chinois) , pour faire place à la grande dynastie des Thang. Pendant la durée de ces six petites dynasties, l'empire chinois fut presque toujours agite par des guerres intestines, qui lui firent perdre une grande partie de son éclat et de sa prépondérance sur les destinées de l'Asie. Le démembrement de l’empire en deux parties, l’une méridionale et l’autre septentrionale, depuis l’année 386 de notre ère jusqu’à l’avénement de la dynastie des Soin (581), détruisit celte unité imposante d’une grande nation, sans laquelle il lui est difficile d’exécuter de
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CHINE
grandes choses. La partie méridionale fut le théâtre où se passèrent le plus grand nombre des révolutions, et où se succédèrent les six dynasties dont uous avons esquissé l’histoire. La partie septentrionale fut moins agitée; l’histoire, moins connue, n’y place pas tant de révolutions, quoique située dans le voisinage de ces Hioung-nou ou Tartares, dont la destinée semble avoir été de menacer incessamment le grand empire jusqu’au jour de la conquête, qui fut pour eux leur dernier jour comme nation barbare. Cette partie septentrionale fut gouvernée par les H 'et, depuis l’an 398 jusqu’en 534; ensuite par les Pe thsi, ou les Th si du Nora. Les tt'cï régnèrent en même temps sur la plus grande partie de la Tartane. « Les princes de cette nation, dit M. Abel Rémusat(‘), originaires de la Sibirie, avaient conservé des relations avec toutes les tribus qui habitaient au delà du lac Baïkal, jusqu’à l'Obi, et jusqu’aux contrées voisines de la mer Glaciale. Jamais le nord de l’Asie ne fut mieux connu des Chinois. Un grand nombre de tribus sibiriennes furent alors décrites avec beaucoup de soin. Celles du Nordouest , en tirant vers l’occident , le furent aussi, quoiqu’avec moins de détails. On eut ues rapports multipliés avec les pays de Schash, ou de Aoueïchan, avec les Sou-te, ou Alans, avec les Persans, les A-si de Boukhara, les Ou-siun, les habitants de Balkhetde Kandahar, et plusieurs autres peuples de l’Ouest. Des officiers envoyés par Taï-wou-ti dans les contrées occidentales, rapportèrent qu’elles étaient partagées en trois régions, dont la première était comprise entre la partie du Gobi que l’on nomme les sables mouvants ( cha-mo ), et les monts Bleus ou la chaîne de Kasrhgar; la seconde comprenait le pays de Bischbalikh , et s'étendait au midi jusque chez les Youé'-chi ; et la troisième, comprise entre les deux mers ( la mer Noire et la mer Caspienne), n’était
(*) Mémoire sur l’extension de l’empire chinois du côté de l’Occident,
bornée au nord que par les vastes marais que les géographes chinois placent dans la partie septentrionale du Kaptchak. »