GEMENTS DONNÉS AUX TALENTS
Après de mures délibérations, l’empereur Tàï-tsoung porta plusieurs édits, par lesquels il assurait de la manière la moins à charge à l’État, une honnête subsistance à ceux même qui, par défaut de santé , ou parce que le travail leur manquait, vivaient dans la misère. Il enjoignit à tous les mandarins, grands et petits, de lui envoyer de temps en temps la liste de ceux qui , dans leur district, se seraient distingués dans quelque genre que ce fût, depuis l’homme de lettres, jusqu’à l’artisan et au plus vil manœuvre. Il assigna sur les deniers publics des fonds pour l’entretien des malades et des vieillards, pour l'encouragement des talents , pour le défrichement des terres. Il ordonna aux mandarins de proposer des récompenses pour exciter l’émulation, et pour occuper ceux qui n’avaient pas de professions déterminées; il fit dessécher des marais, .creuser des canaux pour l’arrosement; en un mot, il n’oublia rien pour procurer la fertilité et l’abondance.
RÉCOMPENSES DONNÉES AUX JEUNES GENS POUR LA PRATIQUE DE LA PIÉTÉ FILIALE] AUX FEMMES POUR ENFANTER DES GAR- ÇONS. SECOURS AUX VIEILLARDS.
Pour engager les pères de famille à bien élever leurs enfants, et pour inspirer de bonne heure aux enfants la pratique du plus essentiel de leurs devoirs, il exigea une liste exacte de tous ceux qui s’étaient déjà distingués , et qui se distingueraient dans la suite par leur piété filiale. Les mandarins eurent orure de donner, par provision, à ohacun d’eux, cinq grandes mesures de riz, et de leur permettre d’écrire en gros caractère sur le seuil de leur porte ces deux mots piété filiale (*), se réservant à lui-même le, soin de les récompenser plus libéralement après au’il se serait mis au fait de tout le détail de leur conduite.
Il assigna une mesure de riz à toutes les femmes , chaque fois qu’elles deviendraient mères d’un garçon, afin de leur faire entendre qu'il adoptait pour sien le fils qu’elles venaient de mettre au monde , et qu’il se regardait comme chargé du soin de pourvoir à sa subsistance. Il détermina pareillement qu’on distribuerait, en son nom , une certaine quantité de riz aux vieillards de différents âges; deux mesures à ceux qui étaient parvenus à leur quatre-vingtième année, trois mesures à ceux qui comptaient quatrevingt-dix ans , et trois mesures avec deux pièces d’étoffes à tous les centenaires (**).