TENTATIVES D'ASSASSINAT SUR L'EMPEREUR TAÏ-TSOUNG
L’empereur Taï - tsoung , malgré toutes les grandes qualités qu’il pos-
(*) En chinois jgp hido. Ce caractère est composé de deux éléments ; l'un qui représente un vieillard, et l’autre un enfant , un /ils. La piété filiale est la vertu sociale la plus honorée par les Chinois.
(**) Aniiot, Mémoires sur les Chinois, I.V, p. i5g et suiv. — Conférez l'ordonnance dit meme empereur précédemment citée.
sédait et son ardent désir de faire le bien -de ses peuples, fut exposé plusieurs fois à perdre la vie par des conspirations. La première fois c’était un TarXare que l'empereur avait élevé au rang de capitaine des gardes de l'une des portes de son palais, et inspecteur de ses écuries, qui voulut attenter à sa vie ; la seconde c’était un de ses fils, son héritier présomptif qui, dans la crainte de perdre les bonnes grâces de son père, et par conséquent l’empire, à cause de sa dépravation et de sa mauvaise conduite , voulut attenter aux jours de son père, à la tète de quelques vils mécontents ses complices. Le premier, lorsqu’il fut interrogé sur les motifs qui l’avaient porté a commettre son attentat, et s'il avait des complices, répondit « qu’il n'avait eu d'autres motifs que ae venger sa nation, et qu’il n’avait d’autres complices que les quarante Tartares qui avaient combattu avec lui dans le palais; qu’il était inutile de pousser plus loin les interrogatoires , et qu’étant pleinement convaincu qu’il était digne des derniers supplices, il priait ses juges de le faire exécuter le plus tôt qu'il serait possible. • On lui accorda sa demande. Le second , étant le fils de l’empereur, ne fut pas condamné à la peine capitale comme ses complices ; sur l’avis de son conseil , l’empereur laissa la vie à son fils, en le dégradant de tous les droits et prérogatives de sa naissance, et en le réduisant au rang du peuple. Il fut de plus condamné à être renfermé le reste de ses»
jours.
L’empereur Taî-tsoung entreprit de soumettre les Coréens ; mais son expédition qu’il voulut commander en personne rte fut pas dès plus heureuses, quoiqu'elle ait été distinguée par de beaux faits d’armes.
Revenu de cette expédition qui avait duré un an, Taï-tsoung reprit les rênes du gouvernement qu’il avait laissées entre les mains de son fils , et s'appliqua plus que jamais à faire lleurir l’empire. Toutes les nations de l’Àsie lui envoyèrent des ambassa-
deurs pour lui rendre hommage. II continua à s’occuper de l’éducation de ses fils et à leur inspirer les principes d’un bon gouvernement. Un jour qu’il se promenait avec eux sur un fleuve, il leurdit: t'oyez, mes enfants, ce sont les vagues qui portent cette barque fragile, et qui peuvent la submerger en un instant ; sachez que le peuple ressemble à ces vagues et lempereur à cette barque fragile.