COLON. N ES MÉTALLIQUES. GRANDS VASES D'AIRAIN
L’impératrice Wou-héoü aimait tendrement un de ses neveux, nommé Wou-san-sse. Ce jeune homme avait le titre, l’apanage et le cortège de prince. L’année 695, il fit faire deux colonnes , l’une de fer , l’autre de cuivre. Leur hauteur était de cent cinq pieds, leur diamètre de'douze. Le piédestal était en forme de petite montagne, de fer et de cuivre, haute de vingt pieds; le contour était de cent soixante-dix pieds. Il composa l'éloge de l’impératrice , sa tante, et le fit graver en beaux caractères sur ces colonnes qui furent placées de chaque côté de l'une des portes du palais impérial. L’impératrice y fit placer une inscription qui disait : Colonnes célestes élevées en l'honneur de la puissance. et des vertus de la grande dynastie Tchéou (*), souveraine de tous les royaumes. *
L’année 696, on plaça aussi h une des portes du palais neuf grands vases ou ting de cuivre, à deux anses, et en forme de trépieds, faits à l'imita-
(*) C’est-à-dire des Thang. L'impératrice Wou-héou avait voulu changer le nom de celle dynastie en celui de l’ancienne des Tchéou ; mais ce changement n’a pas prévalu chez les historiens chinois.
tion de ceux du grand Yu (voy. pag.
50). On y voyait la description de Fempire partage en neuf parties, conformément à l’ancienne division. On y avait ajouté les noms des capitales et des principales villes, le détail de ce qu'elles produisaient, et la nature des subsides particuliers qu’elles fournissaient au trésor impérial et aux magasins publics. Ces neuf parties s’appelaient aussi Tchéou. Le vase qui représentait Yu- tchéou, avait dixhuit pieds de hauteur, et pesait dixhuit cents tan ou quintaux de cuivre.
Les autres vases avaient quatorze pieds de hauteur , et pesaient chacun douze cents quintaux. On employa, pour fondre ces neuf ting ou vases , cinq cent soixante mille sept cents livres de cuivre.
Outre le nombre considérable de statues qu’elle avait fait ériger dans les différents temples qui s’étaient multipliés d’une manière prodigieuse sous son règne, l’impératrice Wou- héou en fit encore ériger un très -grand nombre pour représenter, disait-elle, ceux qui avaient bien mérité de l’empire sous son règne.