ÉTAIENT SOUMIS
Sous le règne du dernier empereur, un Chinois, nommé Kia-tan, qui fut oflicier militaire, ministre dÉtat, financier, et de plus habile géographe, fit une carte géographique de trente pieds de largeur et de trente-trois pieds de longueur,Nou de trois cent trente pouces chinois sur trois cents, le pied chinois u'avant que dix pouces de longueur. Cette carte était construite sur une échelle de un pouce pour cent li; elle comprenait donc trente-trois mille li en longueur et trente mille en largeur (ou cent trente-deux degrés sur cent vingt, de deux cent cinquante li ou vingt-cinq lieues au degré).
La carte de Kia-tan comprenait tout l’empire de la Chine et 1rs pays étrangers qui lui étaient soumis; il joignit à sa carte des explications détaillées. Ce savant était fort riche; il avait fait une étude particulière de l’histoire et de la géographie; les grands emplois qu’il avait occupés l’avaient mis en état d’être bien instruit sur les pays qu’il plaçaitdanssa carte, èt il n’épargna rien our la rendre le plus exacte et le plus étaillée qu’il put. Cette carte et les explications qui l’accompagnaient devaient sans doute contenir des choses fort curieuses; mais elles n’existent plus. Toutefois, elles sont souvent citées dans les ouvrages de géographie :
- dans lescartes qui passent pou ries meilleures on a imité ia méthode, de Kiatan, qui consistait à faire des carrés de cent, de deux cents, de quatre cents et de cinq cents li. Pour ce qui regarde la Chine, à l’exception de la partie occidentale du Yün-nàn , il y a des cartes faites sur le modèle de celle de Kiatan et qui sont assez exactes , soit pour la distance du nord au sud, soit pour celledel’est à l’ouest (*).Lepied qu'em-
(*) Onubil, Hist. de là grande dynastie Tang.
ploya Kia-tan parait avoir été celui dont Y-hang s’était servi. Kia-tan connaissait aussi la hauteur du pôle des villes de la Chine, des capitales du Tong-king, de la Corhinchine, de plusieurs lieux de la Tartarie et de la Corée. Il devait avoir une connaissance assez exacte du Japon, de la Tartarie, vers les 50 et 56 degrés de latitude des Indes, de tous les pays occidentaux jusqu’à la mer Caspienne; il devait aussi avoir des notions sur la situation de l’Arabie, de la Perse et de Constantinople. Il paraît que les Chinois n’avaient d'abord que des idées fort confuses sur les pays placés au sud de l’équateur et à l’ouest de la mer Rouge. Il y avait des cartes de la Corée et du Tong-king.
MORT DE L'EMPEREUR HIAN-TSOUNO.
La faiblesse que l’empereur IIiantsoung montra pour scs favoris et pour les eunuques a terni sa mémoire; éclairé enfin sur les intrigues et les menées de ces derniers, il en fit mourir un assez grand nombre. Cette sévérité tardive fut la cause de sa perte ; ils l’empoisonnèrent à l’âge de quarante-trois ans, et ils répandirent le bruit qu’il s’était lui-même empoisonné en buvant le prétendu breuvage de l’immortalité fort à la mode en Chine à cette époque.
Le règne de son successeur Mootsoiing (821-824) ne fut pas plustranquilleque les précédents. Seulement cet empereur se distingua par une grande passion pour la chasse et pour les comédiennes. Les gouverneurs des provinces, voyant en quelles mains le pouvoir était tombé, cherchèrent pour la plupart à se rendre indépendants. Cette absence d’une bonne et forte direction gouvernementale fit naître partout le désordre et. l’anarchie; prélude de la ruine plus ou moins prochaine de cette dynastie tombée aux mains des comédiennes et des eunuques. Mou-tsoung aimant aussi peu les périls de la guerre qu’il était passionné . pour les plaisirs de la chasse et de la. comédie, licencia une grande partie des troupes qui
CHINE
étaient entretenues sous le règne précédent. Ce licenciement impolitique grossit le nombre des rebelles de tous ceux qui n’avaient d’autre moyen de vivre que celui de servir dans les armées de l’empereur ou de se mettre à la solde du premier mécontent qui voudrait les employer. Mou-tsoung but aussi le breuvage de l’immortalité , et il mourut empoisonné en 824 après avoir régné trois ans et demi.
Pendant sa maladie, les eunuques allèrent trouver l'impératrice mère, et l’invitèrent à prendre les rênes du gouvernement. Mais cette princesse renvoya les eunuques en disant : » Je ne veux pas faire revivre les temps de l’impératrice Wou-héou ; dans ma famille nous ne pensons qu'à suivre les voies de l’honneur et de la droiture.
Ce n’est pas aux femmes à gouverner l’État; mon petit-fils a des ministres et des grands, retirez-vous.»