FIXATION DES RITES ET DES CÉRÉMONIES PUBLIQUES
L’année 1269 Hou-pi-lïr ordonna à Hiu-heng de s’entendre avec le grand maître des rites pour fixer de concert avec lui tout ce qui concerne les cérémonies pour les sacrifices, pour les honneurs que les Chinois avaient coutume de rendre aux ancêtres, pour la réception des princes vassaux et des
(*) Voyages de Marco-Polo, publiés par la Société de géographie de Paris, 1S24, pag. 9a.
ambassadeurs des princes étrangers, peur déterminer une musique et des danses propres à ces cérémonies , pour fixer les dimensions des instruments de cette musique et la forme des habillements des danseurs; en un mot pour donner à la dynastie des Youan, un cérémonial propre, afin qu’elle ne le cédât en rien aux autres dynasties qui l'avaient précédée.
On dit que, dans une répétition générale de la grande comédie que Huupi-ub se proposait de jouer noblement devant le peuple chinois, cet empereur fut si charme de la majesté de l’appareil impérial , de la gravité des cérémonies, qu’il s’écria lorsque tout fut fini : « C’est d'aujourd’hui seulement ue je sais ce que c’est que d’être fils u ciel (empereur chinois). ■>
On ne peut s’empêcher de convenir ue la majesté et la gravité des attitues, l’appareil des cérémonies , imposent aux peuples, et leur inspirent généralement la soumission et le respect.
Quoique les peuples de l’Europe en soient moins frappés que les peuples orientaux , et que notre époque soit assez peu crédule, on sait cependant que l’empereur Napoléon eut les mêmes faiblesses ou la même politique ue Khoubilaï-khan, et qu’il prit e Talma des leçons de noblesse et de ravité, pour représenter dignement evant les Français et l’Europe la majesté impériale.
RÈGLEMENTS POUR OBTENIR DFJI CHARGES ET POUR FIXER L'AVANCEMENT DANS LES EMPLOIS PUBLICS.
La volonté du prince, déterminée par les avis des ministres et la protection des grands et des favoris, fixait, dans la cour des empereurs mongols, la distribution des faveurs, l’élévation aux dignités et aux emplois publics, et la promotion aux differents degrés de mandarinats. Cet abus fut senti par IIou-pi-lie, et il voulut le corriger. U chargea encore Hiu-heng de faire des règlements au moyen desquels on fût sûr, en quelque sorte, de ne donner les emplois qu'à ceux qui étaient en état
de les remplir, et les récompenses qu’à ceux qui , par leurs services éprouvés, s’en étaient rendus dignes.
Lorsque le sage chinois lui eut présenté ces règlements, Hou-pi-lie les approuva sans aucune réserve, et il dit : « J’espère qu’avec votre secours mon règne deviendra l’un des plus florissants qu’ait eu votre monarchie. Je vous donne le titre de grand maître de la doctrine de l’empire, et une inspection générale sur les mœurs publiques. » Ensuite il le mit a la tête du collège impérial, pour diriger l’éducation d'un grand nombre de jeunes Mongols choisis dans les familles les plus distinguées.
Dès le grand matin il assemblait ses jeunes élèves mongols, et ne les quittait pas de toute la journée, afin de les instruire parfaitement dans les usages chinois, et de les dépouiller complètement de leur barbarie. Il leur ap-
P renaît à parler le chinois, à le lire, à écrire, à expliquer les livres; il leur enseignait les différentes manières chinoises de se tenir debout et assis, de s'asseoir et de se lever, de marcher, de s'arrêter, de saluer, de manger même, et de prendre tous leurs divertissements en Chinois bien élevés, faits pour donner le ton à la société mongole de la cour cI’Hou-pi-ue. On peut juger parce seul fait combien le conquérant mongol avait à cœur de s’identifier, ainsi que sa cour, avec les mœurs et la civilisation chinoises (*).
(*) Il n’était aucune science, dit le P. Àmiut (*), à laquelle Hiu-atuo ne se fût appliqué, et il avait réussi dans tonies, parce qu'il avait un esprit supérieur el qu’il était d’une application que rien n’était capable d’interrompre. Il fit des commentaires sur les K>ng ; il travailla sur les caractères , sur les rites , sur la musique , sur la chronologie et l’iiistoire. Il était géomètre et astronome , et fut l’un des savants qui travaillèrent à la réforme du calendrier chinois, sous le premier des empereurs mongous. Il entendait très-bien tout ce qui concerne la direction des eaux. Il était versé dans les
PSrifllt Inédit d« lliu-htng (Bibl. roy.).
« En très-peu de temps , dit un écrivain chinois, Hiu-heng eut formé tous ces jeunes Mongols à la civilité, aux mœurs et aux manières chinoises, de telle sorte qu’il n’y avait plus de différence entre eux et les véritables Chinois; et, dans l’espace de trois années, il leur inculqua si bien les trois kang, les cinq Ichang, et toutes les obligations qu’ils imposent , qu’ils furent en état de les enseigner à leur tour à tous ceux de leur nation ; » c'està-dire qu’il leur apprit tous les devoirs de la vie civile , et qu’il les rendit capables de civiliser les autres. Gtr, par les trois kang, l’on entend ici les sujets d’attribution auxquels se réduisent
antiquités de sa nation ; il savait les lois et les coutumes , et les expliquait avec tant de clarté que Hou-ri-ui crut devoir lui confier le soin de faire le code qui devait être celui de sa dynastie. Il joignait à toutes ces connaissances celle de la langue des Mongous, dans laquelle il composa plusieurs excellents ouvrages , sans compter les traductions des meilleurs livres rhinois. Ses mémoires de littérature qu'il intitula : Lou-tchai-wr.n-ki , sont encore aujourd'hui très -estimés. On ajoute, pour terminer son éloge, qu'il possédait le talent d'instruire dans un degré éminent ; que sa conienauce, quoique toujours grave, n’avait rien qui approchât de la sévérité ou de l’alîecialion ; qu’en quelque temps et quelques circonstances que ce fût , il avait un visage épanoui et parlait avec une bonté qui lui gagnait tous les cœurs. Ng**-toui»g, que la supériorité de ses talents et de son mérite avait élevé à la dignité de ministre d’état, disait en parlant aux mandarins el aux savants qui étaient alors à la cour : « Nous ne sommes par rapport à Hiu-heng que ce que le nombre dix est à celui de cent. »
Il reçut de grands honneurs après sa mort, qui arriva l’an 1281 de notre ère. En i3og, l’empereur Wou-tsouko lui donne le litre de prince de Wei; en «3i3, l’empereur Jih-tsouho le plaça dans le temple de Khooho-tseu. Le portrait de ce sage qui eut une si grande influence sur la civilisation des conquérants de la Chine , est gravé pt. 66 , n° 2, où l’on voit le génie barbare (no» i,4), et le génie civilisé (n°« 2 , 3), avec les propres traits que leur donnent Mt Chinois.
les obligations des souverains envers leurs sujets, et des sujets envers leurs souverains ; des pères envers leurs enfants, et des enfants envers leurs pe- res; des maris envers leurs épouses, et des épouses envers leurs maris; et l’on entend , par les cinq tchang, les cinq vertus capitales d’où découlent toutes les autres , et qui sont le véritable lien de la société : ce sont l’humanité ou la bienfaisance , la justice , les cérémonies ou le savoir-vivre, la droiture, la sincérité ou la bonne foi.
CANONS, CATAPULTES Oü MACHINES A LAN- CER l)ES PIERRES , EMPLOYÉS DANS LES SIÈGES.
Parmi les ofGciers généraux qui commandaient au siège de Siang-yang, était un Oigour appelé Ali-yaya, qui avait une grande connaissance des pays occidentaux; il savait la manière dont on y faisait la guerre. En 1271, il proposa à l’empereur Hou-pi-lik de faire venir de l’Occident plusieurs de ces ingénieurs, qui savaient, par le moyen d’une machine que le chinois nomme fti (machine à ressort imprimant un mouvement) , lancer des pierres de cent cinquante livres pesant.
Ces pierres faisaient, dit-on, des trous de sept à huit pieds dans les plus épaisses murailles. Deux de ces ingénieurs européens furent appelés en Chine sur l’ordre de l’empereur. Les machines qu’ils construisirent furent employées dans plusieurs sièges, et contribuèrent beaucoup au succès des assiégeants. Ces catapultes, ou d’autres machines à peu près semblables , avaient déjà été employées auparavant par des Chinois au siège de Kai-foung-fou et d’autres villes. Le P. Gaubil , dans son Histoire de la dynastie des Mongous, déjà citée, en rapporte plusieurs exemples, qu’il a tirés des historiens chinois. Lorsque les troupes deTcHiNGGis-KHAN assiéeaient Kai-foung-fou, la capitale de empire des Kin, «Kiang-chin, dit-il , qui en était gouverneur, rendit son nom immmortel par la défense de cette place (1132). 11 demanda aux marchands uns grande Quantité ds
pièces de soie , et en fit faire des bannières, qu’il arbora sur les murailles. Il inventa des machines à jeter des pierres, et elles. pouvaient être servies par un petit nombre de personnes. Par ce.
moyen, il jetait des quartiers de pierre jusqu’à cent pas, et si juste, qu’il atteignait où il voulait. Les flèches vinrent à lui manquer, il se servit de celles que les ennemis lui lançaient ; il les faisait couper en quatre, et, les ayant armées avec des deniers de cuivre, il les mettait dans un cylindre, ou tube de bois , d’où il les lançait sur les ennemis comme des balles 'partant d’un mousquet. Ce général fatigua si fort les Mongous durant trois mois , quoiqu’ils fussent au nombre de trente mille hommes, qu’ils furent obligés de lever le siège. »
Cependant les Mongols revinrent à la charge , commandés par un autre général, qui attaqua vivement Kaifoung-fou (nommée alors Pian-king).
« Les assiégés continuèrent à se défendre vigoureusement. Us jetaient sur les assiégeants des boulets faits de toutes sortes de pierres. Les Mongous n’en avaient pas de cette forme ; mais ils faisaient briser des meules en plusieurs quartiers, et, par le moyen de plusieurs pao ou catapultes, ils lançaient aussi jour et nuit des pierres contre les murs delà ville. Us renversèrent les tours des angles et les créneaux; ils rompirent même les plus grosses pièces de bois des maisons voisines. Les assiégés, pour les préserver, les enduisaient de fumier de cheval et de paille de blé, recouvraient le tout de feutre et autres matières molles, pour amortir les coups de pierre.
« Les Mongous se servirent alors de pao (ou canon) à feu. Le feu se communiquait avec tant de vitesse, que l’on avait beaucoup de peine à l’éteindre... Dans ce temps-là, on avait dans la ville des pao à feu qui jetaient des pièces de fer en forme de ventouse. Cette ventouse était remplie de poudre.
Quand on y mettait le feu, cela faisait un bruit semblable à celui du tonnerre, et s’entendait de cent H (environ cinqlieues). L’endroit où elle tombait se
CHINE
trouvait brillé, et le feu s’étendait à plu* de deux mille pieds (c’est-à-dire qu’il brûlait une circonférence de deux mille pieds). Si ce feu atteignait les cuirasses de fer, il les perçait de part en part. Quand les Mongous se furent loges au pied de la muraille pour la saper, iis se tenaient à couvert dans des mines creusées sous terre. Les assiégés , pour ies déloger, attachaient de ces ventouses dont j’ai parlé à des chaînes de fer, et les faisait descendre du haut des murailles. Quand elles parvenaient ou dans les fossés ou dans les chambres souterraines, elles prenaient feu par une mèche, et désolaient les assiégeants. Ces ventouses de fer, les hallebardesà poudre et volantes qu’on jetait, étaient ce que les Mongous craignaient le plus. En seize jours et seize nuits d'attaques continuelles, il mourut, dit l’histoire, un million de personnes tant assiégeants qu’assiégés. Ensuite la peste se mit dans la ville , et dans cinquante jours on fit sortir plus de neuf cent mille cercueils , sans compter une infinité de pauvres qui n’en pouvaient avoir (*). »
(*) Gaubil , lieu cité , page 68 et suiv. Ce savant missionnaire ajoute en note : • Je n’ai pas osé traduire par canon , les caractères pao et ho-pao ; un de ces caractères a à côté le caractère cite, pierre, et c’était une machine à lancer des pierres. L’autre caractère est joint au caractère ho , feu, et je ne sais pas bien si c’était un canon comme les nôtres. De même, je n’oserais assurer que les boulets dont il est parlé se jetaient comme on fait aujourd’hui.
« Pour ce qui regarde les pièces de fer en forme de ventouses , je n’ai pas osé également mettre le mot bombe; il est cependant certain que les Chinois ont l’usage de la poudre depuis plus de 1600 ans, et jusqu’à ce temps-ci on ne voit pas trop l’usage qu’ils en faisaient dans les sièges. 11 pourrait se faire que les Chinois aient quelquefois perdu l'art de servir l’artillerie; ou peut-être les boulets et les ventouses dont il est parlé , a’étaient que de l’invention de quelques particuliers, et n’était pas transmise à d’autres. » Dans la seconde partie de cet ouvrage , à l'article Ârt militaire des Chinois, on verra que les Chinois ont connu les armes à feu
On peut être surpris de l’apparente contradiction que présente ce rapprochement; mais on peut facilement l’expliquer par cette considération que les ingénieurs qui savaient construire ces machines de guerre étaient rares, et que le général étranger au service de Hou-pi-lie préférait employer des ingénieurs européens, au heu d’ingénieurs pris parmi les Chinois, qui étairnt scs ennemis , et dans lesquels il aurait eu moins de confiance. Si les deux étrangers européens dont parle l’histoire chinoise, qui furent appelés par Ali-yaya pour construire des machines de guerre propres à lancer des pierres , portaient d’autres noms que Jlaouating et Yesemain (*), on pourrait supposer que ces deux étrangers occidentaux n’étaient que le père et l’oncle de Marco-Polo, Vénitiens; car ce dernier raconte ainsi , dans la Relation de ses voyages , un fait semblable : « Or sachiés que quant les host (armées) dou grant khan fu demorés à l’ascie (siège) de cest cité deSaianfu ( Siang-yang-fou ) trois anz et il ne la povoient avoir ; il en avoient grant ire. Et adonc meser Nicolau et meser Mafeu et meser Marc (le père, l’oncle de Marco-Polo, et lui-même) dirent:
Nos vos troveront voie por coi la ville se rendra maintenant ; et celz de l’host (armée) dirent que ce volent-il volontier. Et toutes cestes paroles furent devant le grant Kan , car les mesajes de celz de l’host estaient venus por dire au grant sire cornant il ne povoient avoir la cité por ascie (siège).
de guerre depuis une haute antiquité. O11 a vu précédemment, p.3i6-3i7, qu'il en avait déjà été fai t usage sous le règne de Sou-tsoüsg. On les voit encore employées (ia7J)au siège de Gan-lo. « Le soir, disent les historiens , un grand vent s’éleva; Pe-yeh, par le moyen de ses kin-ehi-pao (canons en métal fondu), brûla les maisons et la ville fut prise ; ensuite on assiégea Kin-chi-pao... Piak-mu (le commandant chinois de la ville) par ses armes à feu ht reculer les assiégeants... ; mais ceux-ci, montant de tous côtés à l’escalade, se rendirent maîtres de la ville. Pisn-xin se perça de son épée , etc. »
(*) Gaubil, lieu cité, pag. 157.
MS
Le grant sire dist : Il convient que il se face en tel mainère que cel cite soit
f irise. Adonc dirent les deux frères et ors (ils meser Marc: Grant sire, nos avon aveke nos en nostre mesnée (ménage, famille) homes que liront tielz mangan (machine de guerre propre à lancer des pierres) que giteront si grant pieres que celes ae la cité ne po~ rontsoffrir, mès se renderont maintenant... Le grant sire (Hou-pi-lie) dit à meser Nicolau et à son frère et à son fils que ce voloit-il moût voluntier, et dit que il feissent faire cel mangan au plus tost qu’il poront. Adonc n:eser Nicolau et sez frère et son filz que avoient eu lor inasnée (mesnage) un Alamainz (Allemand) et un Christien Nestorin que bon mestre estoient de ce faire , lor dirent que il feissent deux mangan ou troiz qui gîtassent pierres de trois cents livres. Et cesti deus firent biaus mangan. Et quant il furent fait, le grant sire les fit aporter dusqe à sez host (armée) que à l’ascie (au siège) de la cité de Saianfu estoient et que ne la poient avoir. Et quant les trabuc (machines) furent venus à l’host, il les font drizer, et aux Tartars sembloie laplusgrafitmprvoilledou monde.. .(*)»
Cet Allemand et ce chrétien nestorîen de la suite des Polo étaient sans doute les deux ingénieurs Alaouating (A lla-Eddin) et Yl-semain (Isinaël) dont parle l'histoire chinoise. Cette concordance de l’histoire chinoise et de la Relation de Marco-Polo est une nouvelle preuve de la véracité de ce dernier, qui avait été si longtemps mise en doute (**).
(*) Édition citée, p. 161.
(**) Dans cette hypothèse l’ingénieur allemand ne pourrait être que Ismaél ou Y t semai n , car Alaouating ou Alln-Eitd'm est un nom oriental que pouvait porter forl bien le chrétien nestorien. Une autre Relation ou description de la Chine sous le premier empereur mongol, par l’historien persan Raschid-Eddin , dont il sera question eiaprèt, s’accorde aussi parfaitement avec la Relation de Marco-Polo et les historiens chinois.
BÉTABLISSEMBHT DES COILÉOES DAKS TOUT U’EMPIBB.
C’est au commencement de l’année 1277, ou à la fin de 1276, que les lettrés chinois soumis à Hou -pi -lie députèrent un d’entre eux pour prier ce prince de faire reconstruire, dans tout l’empire, des collèges publics afin d’instruire dans les sciences et les bonnes mœurs des jeune» gens dirigés par les hommes les plus savants et les plus sages que l’on pourrait trouver.
Ces lettrés composèrent un mémoire pour être présenté à l’empereur à ce sujet. Voici Hmalyse qu’en a dounée le P. Gaubil :
<■ Ils commencèrent par rapporter ce que les traditions chinoises disent du soin que Yao, Chun , Yu, et les plus illustres empereurs des dynasties Ilia, Chang et Tchéou, ont eu de faire fleurir les sciences , et exposent ensuite le détail de ce que firent les empereurs de la dynastie des II an , pour la recherche des livres et le rétablissement des sciences dans tout l’empire. Ils louent extrêmement l’empereur Taowou-ti des Ouet, et iis parlent du collège où le prince entretenait trois mille lettrés qui travaillaient sur toutes sortes de matières. Ils ne font qu’indiquer ce qui se passa ensuite sous les Tsin, et ils parlent du grand collège que fit bâtir l’empereur Wou-ti; ils font aussi mention des grandes choses que fit l’empereur Ven-ti des Soung, pour les sciences (*). Ils s’étendent beaucoup sur ce que fit l’empereur Taï-tsoung de la grande dynastie des Thang. Ce prince, disent-ils, fit bâtir un collège magnifique, où il y avait douze cents chambres pour la demeure des lettrés. On y enseignait toutes sortes de sciences , et on y voyait des jeunes gens de toutes les nations , et des familles les plus distinguées; les rois et les princes étrangers envoyaient leurs enfants pour être élevés dans cette académie , qui était à Si-nganfou, et l’empereur allait lui-même quelquefois entendre les leçons publiques
Yoy. ci-devant p. 374.
CHINE
des docteurs , interroger les écoliers , et récompenser les maîtres et les disciples. Kao-tsoung imita son père Taï-tsoung, et il établit des écoles publiques jusque dans les villages. »
L’empereur Hou-pi-lie fit exécuter successivement presque tout ce que lui proposaient les lettrés chinois.