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DÉCADENCE DE LA DYNASTIE MONGOLE

L’empereur Chun-ti (en mongol Tohoan - temour) fut le dernier des princes tartares de la dynastie mongole, qui ait gouverné la Chine (1333- 1 367). Il n’avait que treize ans lorsqu'il fut élevé au pouvoir souverain. Le caractère faible et insouciant de cet empereur, son amour des plaisirs, lui firent abandonner le soin des affaires de l’État à des ministres qui préparèrent sa ruine par leur mauvaise administration.

Les historiens chinois , qui ont écrit et mis en ordre l’histoire de la dynastie mongole, et qui vivaient sous les premiers empereurs de la dynastie des Ming, qui lui succéda , ont eu grand soin , ait Gaubil , de rendre odieux l’empereur Chun-ti, sous tous les rapports; ils ont fait voir ses vices et ses défauts dans tout leur jour ; ils ont marqué exactement les famines, les inondations , les maladies épidémiques, les tremblements de -terre, les chutes de montagnes, les comètes, les éclipses, et autres phénomènes qu’ils ont cru propres à faire voir que Chun-ti ne devait pas être empereur, et que ce fut avec justice que les Ming enlevèrent l’empire aux Mongols. Ces mêmes historiens ont flétri la mémoire de l’un des ministres de Chun-ti, nommé Pe-yen. C’était, disent-ils, un homme méchant, débauché, sans honneur; le ciel donna des marques de son indignation le jour même que cet homme

CHINE

fut élevé à la dignité de premier ministre, car la terre trembla, et une montagne s’écroula avec fracas.

Les mêmes historiens rapportent à l'année 1334 plusieurs présages du malheureux règne de Chun - ti , et disent que la famine et la misère firent mourir, dans les provinces méridionales , deux millions deux cent soixante et dix mille familles, c'est-à-dire plus de treize millions de personnes. Il y eut aussi un tremblement de terre dans la capitale de l'empire.

La rivalité de beaucoup de ces grands seigneurs tartares - mongols , qui s’étaient abattus sur les riches provinces de la Chine, comme sur une proie facile à dévorer, et l’élévation de nouveaux favoris à la place des anciens , furent la cause de plusieurs rébellions qui commencèrent à précipiter la chute de la dynastie conquérante.

Des intrigues et "des massacres de palais se joignirent à ces causes de ruine prochaine. Les Chinois éclairés et patriotes, qui n’avaient jamais désespéré de délivrer leur patrie du joug odieux des Tartares, surent habilement exciter l’esprit de leurs concitoyens contre leurs conquérants, en leur faisant considérer toutes les calamités qui venaient de la nature et de l’homme, comme des indices certains que le ciel avait condamné la dynastie mongole , et que le jour était proche où ils en seraient à jamais délivrés. Plusieurs partis de révoltés se formèrent et se grossirent peu à peu. L’année 1337 il y eut des troubles dans les provinces de Kouang-toung , du Ho-nan , du Sse-tchouan, trois provinces méridionales de l'empire, et dans le pays du Koko-noor. Le mécontentement allant croissant , on défendit aux Chinois d’apprendre la langue mongole, et d’avoir des armes. Dans l’année 1342, la famine fut si grande , que l’on mangea, dit-on, de la chair humaine.

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