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ENQUÊTE CONCERNANT LA NATURE ET LE PRODUIT DES'TERRES

Il ordonna au tribunal des ouvrages publics de faire choix de personnes intelligentes, et de les envoyer dans différentes provinces pour examiner la nature du terrain de chaque localité, et de lui en faire ensuite le rapport sincère, afin qu’il pourvût aux moyens de ne laisser aucune terre en friche. Il apprit que dans les provinces du Honan et du Chan-toung, les populations ne s’étaient point encore entièrement défait de cette ancienne licence des guerres passées, qu’elles étaient paresseuses et indociles , et qu’elles aimaient mieux vivre d’industrie que de cultiver leurs terres. Pour les faire rentrer en elles-mêmes et les ramener à leurs devoirs, il choisit parmi les mandarins ceux qu’il crut les plus capables de s’acquitter avec succès d’une si importante mission. Il les envoya dans ces deux provinces, avec ordre de ne rien oublier pour que toutes les terres fussent cultivées , de commencer eux-mêmes par faire planter des mûriers, des jujubiers etdès cotonniers dans tous les terrains secs ou sablonneux qui appartenaient à l’Etat, d’employer-pour cela les gens du pays, et de leur en céder la jouissance gratuite pendant un certain nombre d’années ; et enfin d’enjoindre aux mandarins locaux de faire usage de tous les moyens possibles pour ne rien laisser d’inutile dans leurs districts respectifs. Il fallait à ces mêmes mandarins des motifs assez forts pour pouvoir les empêcher de se négliger sur cet article. Comme l’intérêt personnel est ordinairement celui qui a le plus de pouvoir de faire agir la plupart des hommes , ils furent

pris par l’intérêt personnel. On assigna des punitions et des récompenses , les premières pour ceux qui manqueraient à leurs devoirs , et les secondes pour ceux qui , dans les comptes qu’ils devaient rendre chaque année à la cour, annonceraient des défrichements , et une augmentation dans le produit des denrées. Il n’en fallut pas davantage pour exciter l’émulation. Le zèle des mandarins fut excité ; ils favorisèrent en tout les cultivateurs; ils les aidèrent de leur crédit et de leur argent, et firefft si bien qu’au bout de quelques années toutes les terres furent remises en valeur.

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