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LE BREUVAGE DE I/IMMORTALITÉ

La dynastie mongole ayant disparu de la Chine, et avec elle la puissance des lamas, les Tao-sse s’efforçèrent de

gagner la confiance du nouvel empereur, pour acquérir une prépondérance religieuse sur tous leurs rivaux. Un de leurs principaux docteurs composa un livre dans lenuel il donnait la recette infaillible du breuvage de l’immortalité, et se fit introduire près de l’empereur pour le lui présenter. L’empereur demanda au Tao-sse si le livre et le secret qu'il renfermait pouvaient servir à tout le monde, ou s’il n’y avait

Îrue lui seul , empereur, qui pût en proiter. « C’est uniquement pour Votre Majesté, répondit le Tao-sse, et le commun des hommes n’a pas droit à un aussi grand avantage qu’est celui de l’immortalité.

— Cela étant, reprit l’empereur, je ne puis accepter votre livre; il ne me serait d’aucun usage, parce que je ne veux me procurer de bonheur que celui que je puis partager avec mon peuple; tout avantage exclusif n’est pas pour moi. Remportez votre livre, et occupez-vous désormais à quelque chose de mieux. Le vrai secret de J’immortalité est de pratiquer la vertu, de faire du bien aux hommes et de remplir tous ses devoirs. Ce secret est à la portée de tout le monde; je tâcherai d’en faire usage. »

Le conseil qu’il donna au Tao-sse de s’occuper à quelque chose de mieux qu’à chercher des recettes pour l’immortalité, il le donnait à tous les gens de lettres qui perdaient leur temps, selon lui, à composer des ouvrages sur des sujets stériles ou de pur agrément. Ces sortes d'ouvrages , leur disait-il, ne sont propres qu'a amuser les oisifs et à les entretenir dans leur fainéantise; et, parce qu’un auteur chinois (Yang-hioung) n’en avait frit que de pareils, à ce qu’il croyait, il fit ôter son portrait du temple de Khoungtseu, et le remplaça par un autre plus digne d’occuper cette place immortelle.

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