RÉVOLTES
Dans l’année 1509, les Tartares ravagent et dépeuplent de nouveau les provinces septentrionales de l’empire, et dans l’année suivante, un prince du sang royal , gouverneur-roi d'une province, s'étant révolté, fut pris dans un combat, amené à la cour et puni de mort. En 1511, la famine qui désolait les provinces du Chan-toung et du Ho-nan , et les impôts dont le peuple était surchargé, le réduisit à un tel excès de misère que beaucoup de malheureux se réunirent en troupes , et formèrent divers corps de révoltés qui s’avancèrent jusque sur le territoire de Péking. On les appelait l.ieoutseu, parce que, semblables à un torrent rapide et impétueux, ils se répandaient tout à coup dans les provinces , où ils portaient la désolation et le ravage.
On envoya contre eux des armées qui ne firent qu’arrêter leurs efforts, et assoupir pour un temps leur rébellion.
L’imbécillité de l’empereur tVoutsoung le portait à faire mille extravagances que nous ne croyons pas nécessaire de rapporter ici. Il mourut eu 1521 de notre ère.
Chi-tsoung (1522-1566). Son second fils lui succéda sous le nom de Chitsoung. Les commencements de son long règne donnèrent des idées favorables de la sagesse de son gouvernement.
, Il lisait de temps en temps lui - même les suppliques qu’on lui adressait; mais
on lui reproche d’avoir trop aimé la poésie. Dans un temps de aisette, il voulut qu’on l’avertît de ses fautes s’il en avait commises, et il fit tirer du trésor impérial des sommes considérables pour soulager les populations. Il fit réparer la grande muraille. Les bonzes s'emparèrent bientôt de son esprit, et il se livra tout entier aux rêveries et aux fourberies des deux sectes qui régnent simultanément en Chine ; il envoya même des exprès dans toutes les provinces pour lui chercher le breuvage de l’immortalité. L’année dix-huitième de son règne (1538), il eut l'intention d’abdiquer le pouvoir souverain en faveur de son fils ; mais les grands de sa cour l’en détournèrent, et lui représentèrent vainement, dans différentes suppliques, de détruire entièrement les sectes de Fo et de Lao-kiun. Loin de se conformer à ces conseils, l’empereur, sans doute à l’instigation des stupides bonzes, renouvela l’édit du fondateur de sa dynastie, qui ordonnait de ne donner au grand philosophe Koung-tseu que le titre de Sian-sse , c’est-à-dire, de maître ou docteur des temps passés. Il ordonna en outre que les statues de ce sage fussent réduites en cendres, et que l’on ne pût conserver que ses seules tablettes mémoratives.
Dans le même temps, deux jeunes filles qui s’étaient aperçues que leur père pensait à les vendre et à les prostituer à cause de sa grande misère, se jetèrent toutes deux dans un fleuve. L’empereur, pour rendre hommage à leur chasteté et à leur dévouement, leur fit ériger un mausolée avec cette inscription : Aux deux illustres vierges.