‹ L'UniversChapitre 302 sur 348 · RÉVOLTES DE OU-SAN-KOCEI · texte numérisé non relu

RÉVOLTES DE OU-SAN-KOCEI

En 1 073 , ce fameux Ou-s an-koueï , qui avait en quelque sorte livré l’empire aux Tartares-Mautchous , était de-

(*) Voy. AI. Abel Remusat, Nouveaux mélanges asi.it qiivs, I. II, p. a',.

venu prinee du Yun-nân et du Koueîtcheou. Les précautions qu’il semblait prendre dans sa principauté contre les Mantchous, le leur rendirent suspect, et la défiance devint réciproque. L'empereur le fit inviter a venir à sa cour. Il répondit aux députés qui lui avaient porté cette invitation : « Je me rendrai a Peking si l’on continue de me presser, mais ce sera à la tête de quatrevingt mille hommes. »

Ses menaces ne furent pas vaines.

Aussitôt que les envoyés de l'empereur furent partis, il quitta l'habit tnrtare, et reprit l'habit chinois. Il défendit le calendrier des Thsing , et en lit distribuer un nouveau. Ce qu’il y avait de national dans cette révolte pouvait la rendre universelle. Quatre provinces se déclarèrent pour lui ; et si Kiianghi n’edt été qu’un prince ordinaire, la dynastie' des Tartares- mantchous expirait pour ainsi dire en naissant; et le même qui lui avait ouvert les voies à l’empire, allait le lui ravir.

Le fils de Ou-san-koueï, qui était à la cour, avait cherché à favoriser les desseins de son pere eu soulevant les esclaves chinois réunis à Péking. La conspiration, qui avait pour but de s’emparer de la personne de l'empereur, ayant été découverte par la trahison d'iin esclave, la veille du jour oè elle devait éclater, il eut la tête tranchée, ainsi que les autres principaux conjurés.

Peu de temps après , on apprit à Péking la révolte des provinces du midi.

Trois nouveaux ennemis, les princes de Kouang-toung, du Fou-kian et de Formose se joignirent à Ou-s.ankoueï , déjà maître des quatre grandes provinces du sud-ouest; et un prince de la famille de Tchinggis-khan , jugeant cette occasion favorable pour ressaisir le sceptre de ses ancêtres, se forma dans la Tartarie un parti qui, seul , eût pu suffire pour renverser un pouvoir bien affermi. Khang-hi, à l’âge de vingt-deux ans, n’ayant qu’un petit nombre de troupes à sa disposition , sut les mu tiplier en quelque sorte par son activité. Il lit marcher sa garde sous la conduite de généraux

L’tJNIVERS.

dont il avait deviné les talents. Ces généraux commencèrent par attaquer îe prince mongol, qui fut fait prisonnier. Les autres confédérés se divisèrent, abandonnèrent la partie ou se soumirent ; et Ou-san-koueï lui-même se vit contraint de rentrer dans ses États. Il mourut bientôt après (1679), accablé de vieillesse et de chagrins; son plus jeune fils fut proclamé, empereur.

Page 1