Sur le devoir de rendre ses intentions pures et sincères
7. Sur le devoir de se perfectionner soi-même en pénétrant son ame de probité et de droiture.
8. Sur le devoir de mettre le bon ordre dans sa famille en se perfectionnant soi-même.
9. Sur le devoir de bien gouverner un état en mettant le bon ordre dans sa famille.
10. Sur le devoir d’entretenir la paix et la bonne harmonie dans le monde, en gouvernant les états selon la justice.
11 est bien évident que le but du philosophe chinois est d’enseigner les devoirs du gouvernement politique comme ceux du perfectionnement de soi-même, et de la pratique de la vertu par tous les hommes. Il se sentait une mission plus haute que celle dont se sont contentés la plupart des philosophes anciens et modernes , et son immense amour du bonheur de l’humanité qui dominait tous ses autres sentiments, a fait de sa philosophie un système complet de perfectionnement social qui , nous osons le dire, n’a jamais été égalé.
Un écrivain chinois dit du Ta-hio : « La doctrine de cet ouvrage est infinie et inépuisable. Les personnes les plus saintes et les plus divines des temps anciens et des temps modernes seraient incapables d’ajouter la valeur d'un cheveu à sa perfection. »
Nous avons déjà dit que du temps de Khoung-tseu l’empire chinois était partagé en un grand nombre de principautés, ou plutôt de petites royautés féodales , qui se déchiraient entre elles; c’était le peuple alors qui , là comme partout, payait les frais des ambitions, des querelles et des orgies royales. Khoung-tseu avait espéré ramener l’ordre dans ce grand désordre; mais il avait eu la douleur de voir presque partout sa sainte parole impuissante devant la dépravation générale, et il était mort sans avoir pu même entrevoir la réalisation plus ou moins prochaine de l’abolition de l’anarchie féodale, et de la réunion dans une seule et puissante main de tous
les membres dispersés du grand et vieil empire chinois. Il fallait pour cela que l’impuissante dynastie qui occupait alors le trône impérial, devenu un trône ducal , se retirât de la scène publique et fît place à des mains jeunes et viriles , capables d’accomplir -cette haute mission.
Ce fait eut lieu l’année 249 avant notre ère. Mais avant de rapporter les principaux événements de cette grande révolution , nous devons terminer l’aperçu historique de la troisième dynastie, que la grande et belle vie ae Khoüng-tseu a longuement mais utilement interrompu.
Pendant le règne des successeurs de King-wang (le roi vénéré), b la cour duquel nous avons vu le philosophe chinois, il n’y eut que troubles et confusion dans l’empire. La plupart des chefs des états feudataires se livrèrent des guerres acharnées. Sous Youenxvang ( roi originaire, 475 av. J.-C.), Kéou-tsien, prince de Youé, s’empara des vastes états du prince de Ou, descendant de Taï-pe , dont il a été question à l’époque de la fondation de la dynastie. Plusieurs membres de la famille dépossédée se retirent au Japon, où l’histoire dit que leur ancêtre s’était déjà retiré lui-même plus de six cents ans auparavant. En rapprochant ces faits de cet autre, que, selon les Chinois, les Daïris, ou empereurs du Japon, se disent descendants de Taï-pe, prince ou roi de Ou, on pourrait en conclure avec une certaine certitude historique l’origine d’une nation qui a tant d’autres titres de parenté avec la nation chinoise.
Le prince de Youé, après sa conquête des états de Ou, fut nommé chef de3 autres grands princes vassaux.
Revêtu de ce titre qui lui donnait une autorité supérieure a celle de ces derniers , il voulut les forcer à payer les tributs qu’ils devaient au roi leur suzerain. Le prince de Thsin continua de s’y refuser. Kéou-tsien se mit en marche avec une grande armée pour aller l’attaquer , et le premier se soumit à paver ses tributs.
L’histoire chinoise rapporte à cette
époque un fait qui confirme cet ancien et singulier usage précédemment cité parKHOUNG-TSEU. Leprincede Yods, ayant jugé qu’un grand de sa cour méritait la mort, et voulant le punir avec tous les égards que les services qu’il avait rendus pouvaient exiger, il lui envoya un sabre avec ordre de se faire mourir lui-même. Cet usaee rappelle d’une manière frappante celui d’une autre cour de l’Orient, dans laquelle il suffit que le sultan envoie le fatal cordon a un grand fonctionnaire pour que celui-ci s'exécute respectueusement lui-même, surtout s’il?
est forcé par la crainte d’une puissance matérielle supérieure à la sienne, et a laquelle il essaierait vainement de résister.
Sous le règne WEÏ-i,iE-WANG(feroi majestueux et imposant, 425 avant J.-C.), on voit encore une coutume originaire des Tartares, voisins du fleuve Hoang-ho^ et qui était passée aux princes de Thsin. Le prince choisissait une jeune fille que l'on disait parentedeh famille régnante, et on la regardait comme l’épouse de l’esprit du fleuve.
Les Chinois firent abolir cette coutume. C’est aussi à cette époque qu’on vit les habitants du royaume de Thsin porter l’épée au côté attachée à la ceinture. La famille de Thsin avait aussi emprunté cette coutume aux Tartares.
Ce royaume de Thsin semblait alors destiné déjà à recueillir l’héritage des Tchéou, par la puissance prépondérante qu’il acquérait sur les autres états.
Les princes de Weï et de Tchou firent construire de grandes murailles sur les frontières de leurs états , pour leur servir de barrière contre les Thsin.
Ce fut sous le règne de Hien-wasg (368 av. J.-C.) que parut le second grand philosophe chinois de l’école de Khoung-tseu. A une époque où l’histoire chinoise est si stérile en faits dignes d’être conserves, il est heure® et en même temps il est juste que h nature produise quelque genie extraordinaire pour rappeler aux hommes les vérités impérissables qui font la vie et la gloire des nations, toujours promptes à les fouler aux pieds clans les vie®
CHINE
de la corruption , ou sous la main de fer des oppresseurs.
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