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L’UNI V K RS

Ce- même livre parle souvent d'ouvrages ou écrits plus anciens qu’il cite.

Les arts industriels, comme la fabrication des étoffes de soie, du vernis (p. 47 et 54), remontent à la plus haute antiquité, ainsi que la connaissance des propriétés de l’aimant (p. 28 et 87), qui a été connu si tard en Europe. Une autre connaissance des anciens Chinois, qui alieu de surprendre et qui surprendra les astronomes et les mathématiciens modernes , c’est celle de l’ aplatissement des pôles de la terre (voy. p. 2G). La première explication que l'on cherchera à donner de ce fait, sera d’attribuer celte notion vague à un emprunt fait aux sciences modernes de l’Europe. Mais l’explication deviendra nulle, si l’on prouve que la connaissance de l'aplatissement polaire de la terre est plus ancienne chez les Chinois que chez les Européens. Nous avouerons que jusqu’ici nous n’avons pas encore lu le fait dans des textes chinois de cette ancienneté, mais nous pensons qu’ils existent. Le passage suivant des Observations de physique de l’empereur Kang-hi , et la note qui y est (ointe du P. Amiot, ne permettent pas d’en douter :

« Figure de la terre. La tradition et « tous les monuments qui subsistent, « attestent que le pôle septentrional a « toujours été aussi élevé qu'il l’est « aujourd’hui. Les changements arri- « vés dans l’univers n’en ont pas « fait h sa' position. Mais quelle est « sa figure? Les Européens, qui ont « tant voyagé, nous disent qu’elle est « ronde et l’astronomie se range de « leur avjs. Tchoi-tseu l’avait dit il « y a bien des siècles (*), et il la

(*)7îous lisons dans la préface de l’édition ‘ des Sse-cliou, oïl Quatre Liens classiques, donnée par ce philosophe avec ses gloses et ses cmnnien'aires , et dont lions possédons une réimpression, ipi'il l'écrivit I année du cycle, Ki-yeou, de Chi n-r. correspondante i 1191 de nuire ère. Voir la traduction de cette préface dans le premier volume de notre édition de ces mêmes litres, avccs plusieurs commentaires.

« comparait à un jaune (Fceuf. Comx bien de choses que nous ne’ faisons « que rapprendre , et qu'on rnpprenx dra dans la suite des siècles! Nous x ne savons voir dans les livres des « anciens que ce que nous y monx trent nos connaissances ; il en sera « de même de noire postérité à l'èx gard de nos livres. »

Le P. Amiot , dont nous avons emprunté la traduction, ajoute en note:

« Kaixg-iu disait peut-être plus vrai u’il ne lé croyait. Si on avait parlé , e son temps, de r aplatissement de la terre vers scs pôles, i) l’aurait trouvé dans le Ti-ouang-chi-ki , qui dit que la terre a quatre-vingt-dix mille li de circonférence de l'orient à l’occident , et quatre-vingt-cinq milles du nord au sud (voyez Y-che, liv. 155, p. 6). Nous citons cet oüvrage qui n’est qu’une compilation , parce qu’il fut imprimé sous le règne de Kaixo-ih' , à qui il fut offert. Nous avons vu la même chose dans Hoaï-n'an-tsf.e (*) et dans plusieurs auteurs anciens. Les lettrés des dernières dynasties ont entendu bonnement ce texte de la grandeur de l’empire de la Chine; mais comment l’entendre autrement dans un temps où ils ne connaissaient que la Chine dans l’univers? » (Mémoires sur les Chinois, t. IV, p. 482.)

D’après les écrivains chinois , cités par le P. Amiot, dans son Supplément à l'art militaire des Chinois (Mém. , t. VII T , p. 33G), les propriétés de la poudre à canon et l’emploi des bouches à feu étaient déjà connus quatre cents ans avant notre

(*) Le prince philosophe Hoaï-w as-tseu vivait dans le milieu du second siècle avant notre ère. Le seul fait du principe de l’aplatissement de la terre -vers ses pôles , cotl- Iciiii dans ses écrits, détruit toute supposition de l'emprunt de celle notion, par les Chinois, ans Européens modernes. Ou ne peut alléguer une interpolation de ses è -rîls, car il faudrait supposer aussi l’interpolation de plusieurs autres dans lesquels il se trouve également, ce (pii sérail contraire à tout principe de certitude.'

en IN K.

ère. Il est dit qu’ils se servaient du ho-rtto (feu dévorant), du ho-lounrj (boite à feu), du ho-toûng (tube ;i feu) , et du tien-ho-kieou (globe contenant le feu du ciel ).

Les monuments encore subsistants de l’ancienne civilisation des Chinois ne sont pas de la nature de ceux de IMÎgvpte , de l'Assyrie, de la Grèce et de Home, que le temps semble avoir épargnés par considération pour la poussière des anciens peuples de ces contrées, qu'il a depuis long-temps entraînés dans- la tombe. Là où la voix des grands peuples a fait silence dans le néant, là aussi semble s'être arrête le bras puissant de la destruction.

JMais en Chine, dans cet empire dont le berceau touche à l’enfance du monde, et où les siècles et les dynasties sc sont succédé sans interruption jusqu’à nos jours, les nombreuses et grandes révolutions que cet empire a subies ont détruit de sa surface presque tous les monuments qui auraient pu attester son antique splendeur. Cependant, c’cst.peut-étrc à une de ces grandes causes de destruction que l'on doit la conservation des monuments qui restent de ces temps reculés. Lorsque Thsin-chi-iioaüG-ti, dont il sera parlé ci-aprcs, occupa le trône impérial (240 ans avant notre ère), f! lit détruire tous les monuments qui témoignaient de la gloire et de la puissance des trois précédentes dynasties. Les tombeaux, les ruines dès villes, les canaux et les rivières sauvèrent des monnaies , des vases de bronze, des urnes et quelques autres objets de sa proscription. Un certain nombre en a été retrouvé depuis la chute de la dynastie de Thsin.

Ils ont été soigneusement recueillis et conservés dans des musées ou des collections particulières ; on en a fait des descriptions accompagnées de dessins figuratifs qui les reproduisent fidèlement avec leurs anciennes inscriptions. L’empereur Kif.n-i.oung, qui régna de 1730 à 1790, a fait publier en quarante-deux volumes chinois , in-folio, une description et la gravure do tous les vases anciens dé-

posés nu Musée impérial. Un exemplaire de ce magnifique ouvrage, qui n’a pas de rival en Europe," se trouvant à la liibliotliouue royale de Paris (*), nous avons lait un choix parmi les quatorze cent quarantequatre vases de differentes espèces qu’il contient , et nous en avons fait graver des fac-similé réduits, trèsfideies , que nous joignons ici avec la traduction de la description en chinois qui les accompagne. On verra par ccs planches de vases , dont quelques-uns , d’après une ' critique approfondie, remontent jusqu’aux premiers temps de la dynastie des Chang ( 1700 ans avant notre ère), à quel haut degré de perfection les arts étaient déjà parvenus, en Chine, à celte époque si reculée.

Quoique les historiens chinois nous apprennent ( vov. p. 50) que Yi; ,-plus de 2,200 ans avant notre ère, ait fait fondre neuf vases d’airain, sur lesquels était gravée la description des néuf provinces de l’empire chinois, cependant, soit par les ravages du temps, soit par les nombreuses révolutions qu'a subies l’empire, ou plutôt par l’effet combiné de ces différentes puissances destructives, il n’est resté aucun produit de l’art chinois, antérieur à la deuxième dynastie, qui commença à régner 1700 ans avant notre ère.’C’est à cette dynastie que les auteurs critiques chinois du grand Recueil de t'eues et autres antiquités du Musée impérial de Pé-king, dont nous avons parlé * ci-dessus, rapportent les plus anciens vases de la collection de l'empereur. Leur critique, basée sur la forme et le contenu des inscriptions que portent, ces vases , ne laisse au-

(*) Ce grand recueil qui a pour litre, Sithsing-kou-ticn , Mémoires des antiquités de ta pureté occidrntnle , jvnrrc que ces antiquités furent trouvées prinéipalrmrnt dans les provinces occidentales de la Chine, où les trois premières dynasties avaient leur cour, est fort rare. Cependant il en existe aussi à noire connaissance un exemplaire à la P.ibliutlièque principale de Milan. Il porte la date de la i r lune de la ii* année tienloung, 1749 de notre ère.

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curie prise à a critique européenne qui serait tentee de mettre en doute l'antiquité de ces curieux produits de Part et la science des antiquaires chinois (*). Il faut savoir que dans aucun

(*) Ces vases diffèrent tous de ceux que M. P. P. Thoras a décrits et publiés dans les trois premiers numéros du Journal de la Société asiatique de Londres, d’après un autre ouvrage chinois que celui de la Bibliothèque rovale de Paris, et intitulé ; Po-koti-tou ,

« Figures d'un grand nombre d’ antiquités » , composé sous la dynastie Soung (1200). Les antiquaires auront ainsi la gravure et la description d’un plus grand nombre de vases chinois, empruntés à des autorités différentes.

Voici la traduction fidèle de la description des vases que nous avons choisis, telle qu’elle est donnée par les auteurs chinois :

38e Planche.

N® 1. Vas* di la dynastie Chaso (de 1766 A

1121 av. j.-C.) (avec l'inscription FOU* Y).

u Ce vase a 5 pouces et 3/io de hauteur ( le pied chinois, tefti, équivaut à 11 pouce* 10 lignes et 4/io de ligue de notre pied de roi; le pouce chinois, U*n , est la 10* partie du pied ; la ligne chi* noise, ftn t est ta 10* partie du pouce. Vojr. ci-dessus, pag. a8), — a pouces et 7/to de profondeur.

— Les oreilles (ou anses) ont 1 pouce 4/*o de bouteur ; leur largeur a la même dimension. — A l'ouverture , son diamètre est de 5 pouces 1/10. — A la pause, -sa circonférence est de 1 pied 6 pouces

‘ 6/10 de pouce. — Son poids est de 6x liang ou onces chinoises (*) (3 liv. 7 onces). *»

Sont. Le texte chinois ajoute que les vases qui représentent gravés sur leur circonférence les caractères Fou-r , ont dù être offerts au Ciel et aux Ancêtres.

N° %. Vas* d* la dynastie Chano (av*c lSb-

t SC AIPTION FOU-Y).

<1 Ce vase a 7 pouces 8/10 de hauteur. -.4 pouces 8/10 de profondeur intérieure. — Ses anses ont 1 pouce 5/io de hauteur. — 1 pouce 8/10 de largeur.

— A l'ouverture, son diamètre est de 7 pouces 2/10.

A la panse , sa circonférence est de a pieds 3

pouces et 3/io. — Son poids est de i53 liang ou onces chinoises (8 livres ia onces). — Les vases formés d’un mélange d'or et d’argent portent , selon le Pu hou-tou (voy. ci-dessus), les caractères fou -y ; et ils ont chacun trente caractères gravés sur leur circonférence (**). Celui-ci n'en a que trois; le caractère supérieur est iuconnu ; lus deux inférieurs se lisent fou-y, et sont identiques avec ceux du vase précédent. »

(•) La livre chinoise* kim est égale à 18 onces de France; il y a 16 onces chinoises [liang) à la livre.

(“) Voy. ,1e n® x de M, Thoms.

pays le goût des objets d’art antique»

n’a été plus en honneur et plus ré-

N° 3. Vase di la dynastie Chang ( avec l'inscription FOU-TING , A FOIUE CAERE*).

«< Ce vase a 6 pouces de hauteur. — 3 ponces de profondeur intérieure. — Sesoiisesont 1 pouce 4/ 10 de haut. — Leur largeur a la même dimension. — A l’ouverture, sa dimension transversale est de 4 pouces 3/io. — Sa dimension longitudinale est de 5 pouces 7/10 — A la panse, sa largeur est de 3 pieds g/10 de pouce. — Sa longueur transversale est de 5 pieds a/10. — Son poids est de 99 liang ( 5 livres b onces). — Le premier caractère à droite (de l’inscription) n’a pu être expliqué. La forme de ces caractères se rapproche beaucoup de celle des vases portant l’inscription fou -y. »

N° 4. Vase de la dynastie Chano (avec l'inscription FOU-KOUEI ).

u Ce vase a 5 pouces 3/io de hauteur. — 3 pouces en profondeur intérieure. — I.e$ anses ont î pouce j/io de hauteur. — . i pouce 4/*° de largeur. — A l'ouverture, il a 5 pouces 3/to de diamètre. — A la panse, sa circonférence a i pied a pouces 4/m.

— Son poids est de 5o liang ( 3 livres 7 onces). — Le caractère Sun , petit-Gls, est renversé dans l’inscription. Les traits n'en sont pas identiques avec ceux de la première espèce. »

3g® Planche.

K° 5. Vase de la dynastie Tcnéou (de ma a a48 avant J.-C.); a® vase de Wen-wano (a

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