Hache de la dynastie des Tchkoo
« Sa longueur est de 5 pouces 3/io. — Sa largeur, 3 'pouces 4/io. — Son poids, i3 liang ( i3 onces). »
N® 29. Hache nommée Pian-tun , a tekore les
HT ARES, DE LA DTHASTIE DSS TcHEOU.
« Sa longueur est de 5 pouces 6/10. — Sa largeur est de 3 pouces 4/10.— Son poids est de 19 liang (1 livre 3 onces). »
N° 30. POIGNARD HOMME TOCAN , A VIO CEE D*OI- SEAU 7A RU LEUX , DE LA DTHASTIE DESTchÉOU.
« Sa longueur est de 9 pouces 5/io. — Colle de la lame est de 5 pouces a/x». — Le fourreau a fl pouces 4 de longueur. — Son poids total est de 20 lia h g (1 livre 4 onces). »
N° 3l. PoiOHAED SAHS FOURREAU, DE LA DTHASTIE DES TcHÉOD.
« Sa longueur est de 1 pied 3 pouces 4/*°. — Sa largeur, 1 pouce 4/*o. — Son poids est de a5 liang (1 livre 9 onces). »»
(*) Vase ou coupe employée dans les temples pour contenir une sorte île vin en faisant les cérémonies d'un sacrifice.
(*) Il est intitulé Tsi-kou-tchaï. Vey. le Mémoire de M. 1’. I’. Thonts , précédemment cité, n° i , p. ji.
nationales, qui se répandit à la renaissance des lettres en Chine, sous la dynastie des Soung (dans le XII” siècle de notre ère), donna lieu à ces sortes d’abus qui accompagnent toujours les grands mouvements de l’esprit humain. La cupidité spécula sur une passion généreuse; mais les véritables archéologues ne furent pas long-temps dupes de cette fourberie, qui n’atteignit point les cabinets des savants et des antiquaires éclairés.
11 faut avouer que jamais champ plus vaste et plus intéressant n’a été offert à l’investigation de la pensée; cherchez ailleurs un peuple qui remonte aussi haut dans le passé , qui embrasse un horizon aussi vaste, dont, l'histoire et les traditions renferment une aussi longue série de siècles ! Comment n’aurait-il point d’immenses antiquités et de nombreux antiquaires?
Une autre cause qui a contribué puissamment à développer, chez les Chinois éclairés, le goût des antiquitésde leur pays, c’est l’admiration profonde et pour ainsi dire fanatique qu’ils ont pour les choses du passé.
Cet excès d’admiration et de respect leur ôte presque tout désir d’avancement et de progrès, et il nrrêîe aussi fatalement le développement de leurs facultés scientifiques. 11 faut convenir que ce profond sentiment de respect pour l’antiquité est bien légitimé dans sa partie morale; car deux à trois mille ans ne lui ont apporté aucun perfectionnement; et il serait même heureux pour l’humanité qu'elle en fit partout sa loi souveraine.
Le grand Recueil impérial des antiquités chinoises renferme la descrip tion de plus de douze cents vases, elassés sous la seconde et la troisième dynastie; c’est-à-dire, depuis 176fi jusqu’à 250 avant notre ère. 233 sont désignés sous le nom générique de ting , tripode , ou vase de métal a trois pieds, dont on faisait principalement usage dans les sacrifices, comme on le trouve aussi dans l’antiquité grecque, puisque Hérodote rapporte qu’il en vit dans le temple de Delphes, sur lesquels étaient gravées
CHINE
des inscriptions en lettres cadméennes. 168 vases portent la dénomination d ctsûn , honorifiques , ou honorant ( le donataire ). C’etaient des marques d’honneur que l’empereur ou un prince accordaient à ceux qu’ils croyaient les avoir méritées par de grands services rendus à l’état, dans les différentes fonctions publiques, ou par des talents supérieurs. Ces vases nonorifiques étaient conservés soigneusement par ceux qui les avaient reçus et par leurs descendants. Il n’est donc pas étonnant que ces deux premières classes soient les plus nombreuses et qu’il s’en soit conservé un plus grand nombre que des autres classes, qui sont désignées par les termes de /oui , « vases pour contenir du vin , ayant des nuages et le tonnerre peints sur leur contour » [ ils sont au nombre de 17); j, vase ou trépied pour contenir le vin dans les grands sacriliees [67];
Tcheou , vase en forme de vaisseau [5]î
YeoUj vase de moyenne grandeur , employé dans les cérémonies et les sacrifices, pour contenir le vin [95];
Hou , vase pour contenir du vin ou du thé [173];
Tsio, vase ou coupe employée dans les temples pour contenir une sorte de vin , en faisant les cérémonies d’un sacrifice [4];
Kia , vase ou coupe faite de pierre précieuse, pour contenir du vin [13] ;
Kou, coupe pour contenir du vin , faite de corne , et que l’on employait dans les fêtes de village [126];
Tchi, espèce de coupe, faite de corne, employée dans les villages pour boire le vin [42]; etc.
Nous n’avons reproduit que quatre vases appartenant à la seconde dynastie, quoiqu'il y en ait lûngt-sept dans le Recueil ( M. Thoms en a reproduit 29, d’après le Po-kou-tou), parce qu’ils ne diffèrent pas assez de formes pour que nous ayons cru devoir en donner un pins grand nombre.
Ceux de la troisième sont plus élégants et plus nombreux. Le n° 5 est un des plus importants sous le rap-
port de l'art et de l’histoire. Il porte une inscription en caractères anciens, qui signifie : lu phi n cb de Lou a FAIT HOMMAGE A 'WBN-WAKG I)F. CE vase HOKOKiFiQiR : [ I.o u koung tso IVen-wang tsun »]. AVen-wang est le nom du célèbre fondateur de la troisième dynastie ; le prince de l’état de Lou était Tciiéoc-koung , son fils ( voy. p. 70, 85, 86), qui vivait douze cents ans avant notre ere. Nous avons ici une date positive qui place la fabrication de ce vase à une époque presque contemporaine de la guerre de Troie. Ainsi , en laissant de côté les vases de la dynastie Chang, qui se placent entre 1700 et 1200 avant notre ère, on 11e pourra s’empêcher de reconnaître qu'il subsiste encore dans le cabinet des antiques de l'empereur de la Chine, des objets d’art qui datent de plus de trois mille ans, et qui peuvent rivaliser avec ce que la, Grèce et l'Êtruric nous ont laissé de plus beau en ce genre , sans toutefois que l'on puisse assigner une antiquité approximative analogue aces derniers.
Il s'élève même ici une question aussi curieuse qu’importante, et que nous n’essaierons pas de résoudre : il existe sur le vase chinois qui nous occupe, et l'on peut ajouter, sur tous les objets d’art chinois, un ornement qui est aussi un ornement européen, et que l’on nomme une grecque, comme si on avait voulu indiquer par là sa prétendue origine. Cet ornement, en forme
de méandre
plus ou moins compliqué, se retrouve sur les plus anciens vases étrusques, qu’il entoure comme d’une ceinture, au-dessus et au-dessous de la panse.
Il ne paraît pas que la nature en ait donné l’idée, comme les calices de certaines (leurs ont pu donner aux artistes l’idée de certaines formes de vases. Chez les artistes grecs et étrusques ( en supposant que ces derniers n'afeut pas été également grecs), cet ornement 11’est pas prodigué comme chez les artistes chinois : chez les premiers il n’est qu’un ornement ac-
céssoire; tandis que chez les seconds il fait le plus souvent l’ornement principal, et quelquefois même l’ornement unique des vases et autres objets d'art ; il est tellement répété et varie de mille manières, qu’il constitue véritablement l’essence de l’art du sculpteur d’ornements. Nous venons de voir qu’il se trouve gravé sur un vase chinois du douzième siècle avant notre ère , par conséquent sur l’objet d’art le plus ancien connu. Il est vrai qu’en s’en rapportant aux récits homériques , les héros de l’armée grecque qui assistèrent au siège de Troie , avaient des ornements sculptés en.
méandre. Dans la description du bouclier d’Agamemnon ( II. , ch. 1 1 , v. 32), ce boucher est nommé à.<rr.{Sa. ■ on y voyait aussi trois dragons azurés, et' d’autres figures fantastiques, comme on en voit sur les .anciens vases chinois , sur leurs armes et leurs boucliers. Mais nous avons aussi les vases de la dynastie Chang, qui remontent bien plus haut oue le siège de Troie, et sur lesquels on retrouve le même ornement. L’induction, qui est souvent appuyée sur des bases aussi sûres que les faits historiques les mieux constatés , ferait penser que l’ornement en question vient des Chinois, et qu’il aura été importé en Europe dans des temps reculés , comme la soie que les anciens reconnaissaient unanimement venir de la Sérique ou du pays de la soie (*), qui n’était que la Chine.
Cependant quelques antiquaires , qui ignoraient les produits de l’art chinois, ont voulu trouver une explication naturelle à l’ornement en question.
« Le méandre était un ornement fort usité, dit Millin (Monuments antiques inédits, t. I, pag. 132), sur les vases et les vêtements. C’est une ligne, qui revient plusieurs fois sur elle-même :
son invention était due aux récits des poètes (?) sur les sinuosités de ce fleuve si célèbre dans leurs, écrits. Au rapport de Strabon, tout ce qui était tortueux
(*) Voyez sur la culture très-ancienne de la soie en Chine , les pages 47 et suiv.
et enlacé avait reçu le nom de méandre. Les artistes employaient cet ornement pour les bordures de vases et d’habits. Le bord supérieur des vases est toujours décoré d’un ornement pareil à celui-ci, ou d’une couronne, et le méandre occupe le bas. Par une allégorie ingénieuse, la couronne indique le faîte, et le méandre isole entièrement l’ouvrage à sa partie inférieure, où il semble couler. On sent combien il serait peu naturel d’intervertir l’ordre de ces ornements , et c’est une attention que les artistes modernes n’ont pas toujours eue. »
Si cette explication de l’ornement appelé méandre était vraie, les artistes chinois devraient être placés sur la même ligne que les artistes modernes. Les uns et les autres n’ayant plus le sens primitif et 'traditionnel de cet ornement, ils l’auraient employé au hasard, à tort et à travers, comme ou fait généralement de tout ce que l'on ne, comprend pas; et c’est là ce qui distingue si profondément les époques complexes d’imitation des époques simples d’invention, où tout a sa place et sa destination.
On trouve dans le Tchutir-tsieou , ouvrage historique de .Khoutxg-tseu (Confucius), un passage qui confirme d’une manière bien évidente la haute antiquité de la fabrication des vases en Chine. Lin-tseu y répond au roi Tsun-hoan , qui s’eriquérait de l'origine des vases et autres objets d’art de l’antiquité ; « Lorsque le fondateur de la dynastie Ilia (l’empereur Yu, 2,250 ans avant notre ère ) fut en possession de l’empire, il envoya différentes personnes dans toutes les directions , pour recueillir ce qui était rare et curieux. Ayant reçu comme présent, un lingot' d’or, du prince Kikou-mou , il le fit fondre et en fabriqua des vases qui furent, consacrés à des divinités ou esprits imaginaires.
Les princes de la dynastie Chang les copièrent de lui , comme ceux de la dynastie Tché.ou les copièrent des Chang. »
Le vase n° 6 offre des ornements riches et variés. Ses anses sont sculp-
fées en méandre , ainsi que la ceinture du milieu , posée sur une couronne de feuilles, aussi en méandres, dont la»
pointe est tournée en bas. Les lises • nos 7 et 8 sont à couvercles; ils sont du même stvle que le précédent , mais ils ont chacun deux ceintures au lieu d’une.
Les vases n'“9, 10, 11, 12 sont à belles formes allongées , couverts d’ornements en méandres; la coupe a toute l’élégance que l’on peut trouver dans les vases des artistes grecs ; mais les ornements sont essentiellement chinois.
Les n0’ 13 et 14 sont de la même classe que. les précédents , et donneraient lieu aux mêmes observations.
Mais le n° IG , qui appartient à une autre classe de vases, par ses ornements de formes bizarres et fantastiques, a beaucoup plus de rapport , dans sa coupe élégante , avec les beaux vases grecs , que tous les autres vases chinois. Il v en a sept de la même espèce dans le recueil d'où nous l’avons tiré. Sa composition , formée d’un mélange d’or et d’argent , est ici d’une grande importance , parce qu’elle prouve qu’à l’époque ancienne de sa fabrication , l’art de combiner et de fondre les métaux était déjà arrivé à un haut degré de perfection. L’ancienne - inscription de ce vase porte un souhait de bonheur : Dix mille années sans violence, sans troubles! Les autres vases portent aussi presque tous des inscriptions que la nature de cet ou; vrage ne nous permet pas d’expliquer ici , de même que de rapporter les dissertations archéologiques qui les accompagnent souvent. Nous réservons ces développements pour un Mémoire spécial.
Les vases n°’ 17 et 18 sont à couvercles et à poignées mobiles; leur forme a aussi beaucoup de grâce et d’élégance. Les nM 20 et 22 sont également à couvercles et d’une coupe délicate. Le vase n° 21 a une forme particulières il offre des figures d’animaux et cinq belles ceintures composées de divers ornements. La forme du vase n" 23 est très-remarquable :
il ne porte pas d’inscription ; mais il appartient également , d’une manière certaine, à la dynastie des Tchéou.
Le vase n° 25 a une forme particulière très-élégante. Il porte pour inscription le caractère khi, qui signifie élever, révérer, tuer des victimes pour un sacrifice, ce qui le désigne suffisamment comme un ustensile employé dans les sacrifices. La gravure d’un vase à peu près pareil a été donnée. par M. Thoms, dans son mémoire précédemment cité.
Les haches, poignards et autres armes, qui sont représentés dans la 44' planche, révèlent aussi un art déjà très-avancé sous la troisième dynastie chinoise. Le poignard surtout (n” 31), et son fourreau , dont on se servait dans les cérémonies, sont des objets d’art qui indiquent une civilisation déjà bien avancée ; et quand il n’y aurait pas d’autres preuves de l’état où elle était parvenue en Chine dans les dix derniers siècles avant notre ère, ce poignard suffirait seul pour le démontrer.