Siuë foung chan
Ce pic garde de la neige pendant une grand partie de l'année, et il y fait toujours froid.
CHINE
que les rivières qui en partent sont sans communication avec la mer, et vont former des lacs sans écoulement.
La Chine proprement dite offre trois grands bassins , l’un au sud des monts Nân-ling, où toutes les rivières vont, au midi , se jeter dans la mer qui baigne le Kouàng-toung et le Fou-kian; le second , au nord de cette chaîne , renferme le bassin du Kiang et du vaste système des rivières qui s’y rattachent ; il est terminé au nord par les monts Pe-ling, qui le séparent de celui du Hoang-ho. Ce dernier enfin s’étend au nord jusqu’aux montagnes Yan , branche peu élevée des monts Yin, dans la Tartarie. Le prolongement de ces dernières, du côté du nord-est, sous le nom de Iling-’an, forme un quatrième hassin , dont les eauxs'écoulent à la fois au sud et à l’est, dans la mer Jaune et dans la mer d'Okhotsk ; il est séparé de la Corée par une chaîne qui vient se rattacher a celle des monts Yan, au nord de Pe-king.
« Les deux chaînes désignées par les Chinois sous les noms de Pe-ling et Nôn-ling ( chaîne septentrionale et chaîne méridionale) sont deux branches détachées de l'immense nœud des montagnes du Thibet. La première part de la partie septentrionale de cette grande chaîne de montagnes que les Chinois regardent comme étant les plus hautes du monde, et qu’ils appellent A'an-ti-sse. La chaîne des Yun-(ing, qui faitpartiedecesdernières,courtdunord au sud , et constitue une véritable barrière naturelle entre la Chine et le Thibet. Au nord elle forme une bifurcation , en envoyant au nord-ouest urje forte chaîne qui s’étend à l’ouest de la mer Bleue ( Kôke-Noor ) , et dont les diverses ramifications déterminent toute la première partie du cours du Hoang-ho. Au nord-est elle donne naissance à la chaîne des montagnes du Chen-si , dont les hauteurs vont en s’abaissant successivement du sud au nord , dans cette contrée qu’habitent les Ordos, et qui est comme dessinée par la grande courbure des Hoane-ho.
Les Pe-ling , qui s’en séparent à l’est,
courent dans cette direction sans presque s’en écarter, marquant la distinction entre le bassin septentrional et le bassin moyen , côtoyés au nord par le Hoang-ho’, et s’abâissant insensiblement jusqu’au rivage de la mer, où leurs dernières hauteurs viennent se terminer entre les embouchures du Hoang-ho et du Kiang. La chaîne des Nün-ling, naissant de l’extrémité méridionale des Yun-ling, et fort éloignée en cet endroit de l’origine des Pe-ling , s’en rapproche en courant à l’est, et en envoyant vers le nord-est plusieurs rameaux qui semblent accompagner les circonvolutions du Kiang , et le suivre jusqu’à son embouchure.
« Les monts Yan, au nord-ouest de Pe-king, séparés des Pe-ling par le bassin du Hoang-ho, paraissent tenir plutôt à la grande chaîne des monts Yin, qui forme la limite entre la Chine, le pays des Mongols et le désert. Une chaîne de communication , qui les réunit au nord , produit, en s’avançant à l'est du golfe du Liao-toung , la chaîne connue autrefois sous le nom de Sianpi ; et son prolongement, qui se continue avec les montagnes de la Corée, donne naissance à cette longue montagne blanche (Go\m\n chanvan alin) si célèbre dans l’histoire des Mandchous.
« On voit par cet aperçu que les principales chaînes de la Chine vont en s’abaissant, d’après le mouvement général des bassins, vers l’est, le nordest et le sud-est, et que trois lignes qui en marqueraient l’inclinaison , à partir de la mer Jaune, des embouchures du Hoang-ho et du Kiang, et de la baie de Canton , viendraient se réunir au faîte commun des montagnes du Thibet oriental, connu des Chinois sous le nom de Kouen-lun, et dont ils ont fait, dans leur géographie mythologique, le roi des montagnes, le point culminant de toute la terre, la montagne qui touche au pôle et qui soutient le ciel, et l'Olympe des divinités bouddhiques et tao-sse. C’est aussi le point qui marque la direction des grandes vallées. On va donc en s'élevant , à mesure que l’on se dirige vers ce
point , et ia rapidité de cette élévation augmente considérablement quand on s’en rapproche dans les parties montagneuses des provinces ae Yun-nan, de Sse-tchouan et du Chen-si ; le cours des eaux y est plus impétueux, et dans beaucoup' d’endroits les passages sont interceptés par des escarpements à pic et par des vallées presque inaccessibles. »