‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuples (volume 2)Chapitre 11 sur 66 · UI · texte numérisé non relu

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A Yat demeareat toaa ka pilailpaai I TOMea ; Togoja, Stpé,llfaa, Sjgki-

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C'eat le prenUer TiUage a« and da ; Ica aatrea solTcataaaard.k roiieat. etaiBai 4a aom tMl«

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Mlamolchon.

A en juger d*après ce qu'il eut Toccasion de voir , le commandant du Seniavint dut croire à l'exactitude du

nombre d*habitants indiqué. Le nom de quelques villages qu'il rencontra n est pas mentionne dans cet état: peut-étrt

A>t4t<w(bHJ^, ou \Àen, peut-être, Kaki ne désignait- il pas les villages séparément, mais les arrondissements en gros. Ainsi , par exemple , Ouégat et Hélo ap- IKifiiennent au même arrondissement , et sont compris sous le nom d'Ouégat.

£n ajoutant ce qui peut avoir été oublié , ainsi que les urosses et leurs femmes , qui ne sont pas compris dans cet état , on peut porter la population entière dTIaian à nuit cents âmes, des deux sexes j sans compter les enfants, dont le nombre est proportionnellement très-grand.

«Les cliefs ou urosses, ajoute Lûtke, •ontdivisés en deux classes : les principaux, auxquels appartiennent toutes les terres, et qui vivent tous ensemble sur nie de Lella, et ceux de la seconde classe qui demeurent dans les villages. Mous nepdmes reconnaître exactement le d^ré de dépendance et les rapports réciproques entre ces deux classes.

Chaque urosse de la première a sous lui auelfjues urosses de la seconde; œs aermers montrent autant de respect pour les premiers, que leoommun du peuple en a pour eux-mêmes : il semble qu'ils ont très- peu de propriétés indépendantes des chefs principaux. Il n'était pas rare de voir, Tinstant d'après , entre les mains de ces derniers, les objets que nous venions de donner aux autres ; et un jour notre ami Kaki se plaifnait de Sipé , son chef, en lui reprootant d'aimer à tout enlever à ses inférieurs. Malgré tout cela , ils sont beaucoup plus riclies que le commun du peuple. Celui-ci n'a rien en propre. Il peut consommer des cannes a sucre autant qu'il en a besoin pour vivre; il a quelquefois des fruits a pain, mais il n'oserait élever ses prétentions jusqu'aux noix de coco, he peuple est a cet éfi^ard très-fidèle aux urosses* ?ios officiers , dans leurs promenades , demandaient souvent des cocos , dont les arbres étaient chargés ; mais ils recevaient toujours pour réponse urosse Sipé, urosse Seza; et jamais aucun des insulaires n'osa en cueillir un seul , quoiqu'il etU été très-facile de rejeter tout le tort sur nous. Des pirogues chargées de fruits passaient journelle-

|)CÉÂNtB. ISO

ment devant nous , se rendant des vîl« lages voisins à Lella ; elles abordaient souvent devant notre camp , mais nous ne pûmes jamais rien recevoir d'elles.

C'est pourcpioi nos échanges furent toujours très-bornés ; toUt ce que nous eâmes nous vint des urosses, et surtout de ceux de la seconde classe.

« Nous ne remarquâmes point de subordination entre les principaux urosses. La seule exception est celle de Turosse Togoja;» devant lequel les gens du commun et les urosses s'humiliaient également. Nous ne pûmes comprendre sur quoi se fondait la considération dont il éUit l'objet. S'il eût été reconnu pour chef de tous les autres cliefs , ce que dans les autres îles les Européens appellent roi , il eût eu, sans doute , un peu plus de pouvoir que les autres; un signe quelconque reût distingué d'eux , et du moins il n'aurait pas été plus pauvre. Nous ne vîmes rien de tout cela. Personne hors de sa présence ne s'occupait de Togoja, et ce ne fut que par hasard que nous apprîmes son existence. Les biens qu'il a sur l'île sont de moindre importance que ceux de presque chacun des autres; sa maison est masquée \}bt les autres , dont n'en ne la distingue, et à laquelle on n'arrive que par une ruelle fangeuse. La seule différence, c'est qu'aie a une large porte basse en ro« seaux donnant sur la rue, tandis que dans les autres maisons, l'entrée est tout simplement par une ouverture dans le mur. Je ne sais si cette différence est un effet du hasard , ou si elle a quelque rapport à son rang.

« Il ne se présenta pour noasauenne oociision de connaître l'étendue du pouvoir des urosses sur leurs vassaux, sur quoi ce pouvoir est fondé , et quels sont les moyens qu'ils ont à leur disposition pour contenir ceux-ci dans l'obéissance. Il nous sembla que tout allait de soi-même. Comme dans la famille tous écoutent la voix du clief , de même ici tous obéissaient aux urosses, sans la moindre apparence de contrainte et de déplaisir. Je ne vis pas une seule fois qu'un individu du commun réfusât , en quoi que ce fût.

LTJNIVERSL

d'obéir à uH urosse , ni qu'an urosse f!t sentir, en aucune manière, à un inférieur le poids de son pouvoir, qu'il exigeât de lui Fimpossible, qu'il s'irritAt contre tui,qu il l'injuriât, et bien moins encore, qu*il le batttt. En général, pendant le temps de notre séjour, je n'entendis, dans aucun rang ou dans aucun âge , ni un seul mot dit avec colère , ni ne vis aucune main levée pour frapper. S'il s'agissait d'écarter la foule, un seul signe de la main suffisait pour cela; un seul shid d'un urosse , et tous ses rameurs accouraient se précipiter dans sa pirogue.

En vérité, lorsque je me rappelais avec quelle inhumanité les chefs se conduisent envers le peuple dans les autres fies de la mer du Sud , les coups de bâton qu'ils distribuent de toutes leurs forces sur la foule pour faire plaisir à leurs hôtes , et que je comparais cette façon d'agir avec les mœurs d'Ualan , j'étais souvent prêt à douter si j'étais parmi des sauvages. Il semblerait, a'après tout cela, que la base de leur édifice social est le bon et paisible caractère du peuple : le pouvoir des urosses est purement moral, l'obéissance des vassaux toute volontaire, et comme il ne vient point à la pensée des chefs d'opprimer le peuple plus 'lu'il ne l'était du temps de leurs aïeux, le même il n'entre point dans l'idée du peuple qu'il puisse étendre ses droits jusque sur les noix de coco. Là où il ny a pas de résistance , il n'est besoin ni de force ni de lois. »

Lùtke remarqua que les principaux urosses n'habitent pas leurs possessions dispersées dans l'île d'Ualan, mais qu'ils vivent tous ensemble sur la petite Ile de Lella, et le plus grand nombre d'entre eux dans le viUage de Yat, appartenant à l'urosse Sipé. Lella est comme la capitale d'Ualan. Il est probable que c'est une mesure politique prise dans le but de maintenir dans rile une paix perpétuelle; car des idées ambitieuses ne peuvent pas naître là où tous les chefs, se trouvant toujours ensemble , s'observent sans cesse mutuellement. Daus toutes les hautes îtei de l'archipel des Caroiines, une guerre

continuelle, suivant Chamiiio, ngne entre les divers villages, etlesUabnais ne savent pas ce que c'est qu'uoe arme. C'est peut-être au même priacipe qu'il faut rapporter la singoliôe distribution des villages sur lUe, où ceux qui dépendent a'un même possesseur ne sont point situés conjoJDtement , mais dispersés, de sorte quoD ne trouve nulle part réunie plus de deux biens du même propriétaire, ainsi qu'on peut le voir dans réUtdesriilages et des urosses.

I^ous apprenons de Lûtke que la nation est divisée en trois tribus cm portent le nom de Pennemé, delooe et de Lichenghé ; à la premièw appartient une grande partie des principaux chefs : Sipé, Sighira, Alik- ^éna, Kanka , Simonarka, Selik,Sfza et Néna; Togoja et Séoa appartiennent à la seconde. Sitel-I^azueiiziap, qu'ils invoquent dans leurs prières, compte dans la tribu de Pcnaerné. Les urosses de la seconde classe et les individus du peuple sont toujours de la même tribu que l'urosse principal dont ils dépendent; ce qui rappelle le gouvernement patriarcal qu'on lro«w parmi plusieurs tribus errantes L« Russes ne rencontrèrent dans latnni de Lichenghé que des urosses de la seconde classe et des individus du coinmun , et pas un des principaux diets- Parmi les Ualanais, les marques ext^ rieures de respect sont très-simpl«- S'ils rencontrent un chef, ils s'assejfw; s'ils passent devant sa maison , ijss inclinent ; ils ne lui parlent gu'à voit basse et sans le regarder en race. Rester debout en société, est regarde par eux , à ce qu'il semble , comme un manque de savoir-vivre aussi grand que»

serait chez nous celui de se couci|^' Pour témoigner de l'amitié ou de 1 •>: mour, ils embrassent leur ami, tu' frottent le nez et flairent forteroen sa main. Quant aux urosses, ilsooDi rien à l'extérieur qui les distingue d0 autres habitants. Une chevelure m soigneusement tissée , uneoeinturepntf neuve, le corps plus propre, unelw^ fraîche et odorante à l'oreille, ou une feuille dans le chignon, et ud« pl<^

grande aisance dans les maoières, sont les seules marques auxquelles on puisse connaître un urosse; et s'ils n'avaient pris la précaution , lorsque nous les rencontrions pour la première fois, de dire urosse, en se désignant eux-mêmes, nous les eussions souvent confondus avec les individus du commun; mais les pirogues des principaux urosses ont une distinction qui consiste en une pyramide à quatre races, en forme de toit chinois, tressée avec des cordes de fibres de cocotiers, et ornée de petites coquillages qu'on nose sur une plate-forme placée sur le oalancier. Ils abritent ordinairement sous cette pyramide les fruits qu'ils prennent avec eux.«

D'après ce que nous apprend le capitaine Lntke, on voit oue le pouvoir des chefs est fort grana ; mais nous aurions désiré savoir quelle puissance maintient l'ordre établi parmi ce peuj^le isolé; quels peuvent être les châtiments infligés à ceux oui manquent à l'obéissance aveugle qu'ils exigent; comment il se fait que des hommes toujours portés à iranchir les bornes de leurs devoirs, soient si soumis devant quelques hommes ^i se transmettent le pouvoir. Les idées religieuses y ont-elles quelque part, et les chefs sont-ils en même temi^ les ministres du culte? Cette dernière opinion serait très-fondée; car les urosses, même après leur mort, paraissent être l'objet d'une vénération profonde et d'une espèce de culte ; c'est du moins ainsi que 1 on doit interpréter les soins que les naturels apportent à leur élever des mausolées, la répugnance qu'ils témoignent à en laisser approcher l'étranger, et le respect avec lequel ils en parlent.

La couleur du corps des deux sexes, est châtaine , mais plus claire chez les fèfnmes que chez les hommes. La taille de ces derniers n'est pas au-dessus de la moyenne. Liitke trouva que Sipé, un des plus grands , n'avait que cinq pieds sept pouces et demi ( mesure anglaise) : mais ils sont bien faits, sans avoir rien d'athlétique, et ils sont maigres pour la plupart. Quoique

36* UvraùQn, (Ocbaiiis.) t. it.

OCÉANIE. 161

les urosses, dit le navigateur russe, soient ici aussi indolents que dans les autres endroits, ils n-acquièrent cependant pas, à cause de leur nourriture presque exclusivement végétale, le même embonpoint démesuré que les chefs des autres îles du grand Océan , et surtout des îles Sandwich.

Le vieux Togoja était le seul qui eût un sros ventre. Les hommes sont en général assez forts. Sipé, qui n'avait pas l'air d'être un des plus robustes, prit un jour, en badinant; entre ses bras et tourna de tous côtés , comme un enfant, un de ses compagnons, qui, à répreuve faite ensuite , se trouva peser plus de cent quatre-vingts livres. Le calme et la bonté sont peints sur leur physionomie, mais leurs traits sont en général insignifiants; leurs yeux manquent de toute expression : ce qui est assez naturel, le visage n'acquiert de l'expression que là où les passions sont en jeu , et ils semblent en être exempts. Les jeunes gens ont les yeux gais, et quelques petits garçons auraient pu fournir l'idéal de la franche gaîté.

N Les femmes en général ne sont pas jolies ; le défaut de couleurs, qui , suivant nos idées , sont l'attribut indispensable de la beauté , le lustre artificiel que l'huile de coco donne à leur corps, desseins pendants, tout cela les rend laides. Mais parmi les filles, il y en a quelques-unes dont les veux grands et pleins de feu , les dents blanches et jolies comme des perles , les membres arrondis , mais par dessus tout, l'air de bonté et d'amabilité, la franche gatté sans effronterie , et la modestie sans timidité, les rendent attrayantes. Les Russes les trouvèrent très-sales; ce vice les distingue à leur désavantage des autres insulaires de cette mer, dont la propreté corporelle surpasse ordinairement la pureté des mœurs. Ces jolis visages, pour la plupart, étaient couverts de crasse. Ce qui ne s'accorde guère avec la propreté qu'elles observent dans leurs maisons. Je crois , dit Lutke , que Sipé dut nous prendre pour de grands cyniques avec nos bécassines

Mt

et not pîftoiifl. Apereavant un jour deft pluniM et autres débria, dans un coin de la petite cour où nous demeurions « il en témoigna assez ouvertement son déplaisir, et depuis ee temps, nous Teiiléroes plus soigneusement a la propreté.

Leur souplesse est si grande qu'ils s'asseyent en pliant leurs jambes, de manière que la partie inférieure de la jambe, depuis le genou jusqu'à la plante des piedS) est |)arailèle a la cuisse. Lorsqu'ils s'a{H»uient de la main par terre, la jointure du bras opposée au coude se courbe en dehors, au point de former un angle saiîiant , au lieu d'un angle rentrant. RL Postais, minéralogiste et dessinateur de l'expédition, ne voulut pas les dessiner dans cette posture, dans la crainte que les connaisseurs ne prissent cette position pour une faute grossière de sa part.

Les Ualanais sont extraordinairement frileux, quoi(]u'il8 soient presque toujours exposés à l'air. A la moindre pluie, ils tremblent de froid , et cherchent à se mettre partout à Tabri du vent <i Dans une de mes excursions à Lella, dit le capitaine Lûtke, un çrain de pluie nous surprit sur le récit dans nn endroit découvert; la plus grande partie de ceux (j[ui m'accompagnaient se mirent aussitôt à courir, et, parmi ceux qui restèrent, quelques-uns se cachaient derrière moi et derrière le docteur Merlens; l'un d'eux même, qui ne savait 6ù se mettre, ramassa deux pierres plates et les tenait, en guise d'écran, devant sa figure, pour préserver du moins de la pluie une partie quelconque de son corps.

COSTUMCS DES VALANAIS. .

Les Ualanais sont toujours nus ; seulement ils se servent d'une ceinture occoiDpagnée d'un petit sac, qu'ils mettent en guise de suspensoir, et qui satisfait à tous les besoins de convenance. La ceinture, ainsi que le tissu d'écorce de bananier dont elle est faite, s'appelle fol C)- lU respectent pourtant les lois de la pudeur.

(*) Le lecteur voudra bien te souvenir que loraque nous parlons des Ualanais , nous

Les femmes portent poor eeiatu»

un morceau de ee même tissu de la largeur de dix pouces. Elles serrent si faiblement cette demi-jupe en l'attachant autour de leur corps, quelles sont le plus souvent obligées de se courber ea marchant, afin que cet article indispensable puisse se soutenir à la chute des reins. Hais ce qui rend œtle posture encore plus bizarre, c'est lanalte servant de coussin pour s'asseoir, qui est attachée par son milieu au derrière de la ceinture, et qui, pendant la marche, leur bat les jambes en se balançant par les deux oouts. U est in> possible de s'imaginer une GgareMus comique. Au reste , ce n'est que aaus leur maison qu'elles portent ce si^e niobile , pour ne pas avoir à s'en occuper toutes les fois qu'elles changent de place.

Les Ualanais attachent leurs clicveux comme on attache quelquefois en Europe laqueue des clievaux,eD temp de pluie. Les uns laissent croître luturellement une barbe courte, Ici autres Tépilent. Ils se laissaient mser avec plaisir par le barbier du iV* niavine, lis portent très-peu d^ornemeuts ; le plus ordinaire est une fleur ou une feuille fichée dans un trou perce dans l'oreille , ou bien placée dans le chignon. Lorsqu'ils ne oortent rien à Toreille , ils en replient le bout et fintroduisent dans le conduit auditif. I|^ font aussi en haut de l'oreille un petit trou dans lequel ils mettent queiqu^^ graines odorantes. Lûtke en vit quelques-uns qui avaient à cette place une longue paille au bout de laquelle ét;>it une croix que le vent faisait tourner avec unegr;inde rapidité ; quelques-uns portaient au cou des colliers de /leur:;; d'autres de grains de gousse de coio et de coquillages, ou de morceaux d>caille taillés en long, etc. Quant a ces derniers , Lûtke pense qu'ils servent moins d'ornement que de' niaîques pour distinguer la trmu à laqui iit^

ooroprenons les habilanis de la pelit< ^ Lella qui est aUenante à Ualan , «l où V» voyageurs oot nlus iongten^ séjourut- f{^''^ dans la grande lic

appartiennent les indigènes. Son wA Kaki portait tooiours à son cou un morceau d'écaillé long de quatre pouces et large etaviron d*un pouce et demi.

La toilette des dames n'est guère

λlus soignée; elles laissent quelquefois eurs cheveux dans l'état naturel ; d'autres fois elles les rassemblent et les lient, non pas sur la nuque, comme les hommes, mais de cdté, et sans les serrer aussi fortement. Les trous de leurs oreilles sont toujours remplis de fleurs et d'herbes odorantes , ce qui fait qu'elles finissent par avoir deux pouces de longueur; et quand les ornements n'y sont pas, cette ouverture pendante est désagréable à voir. Une des preuves des bonnes dispositions d'une dame en faveur d'un bomme, c'est lorsqu'elle lui offre une /leur de son oreille. Elles^ se percent aussi le cartilage entre les narines ; mais on n'y voitque très-rarement des ornements ; el les ne manquent pas cependant d'y ficher les aiguilles que les Russes leur donnèrent, ainsi

Î|ue les petits morceaux de papier qu'eles roulaient en cornet. Mais la partie la plus remarquable de leur toilette, c'est le collier. Ce collier a environ neuf pouces de tour, et se compose d'une infinité de petits cordons de ûbres de cocotier fortement liés entre eux.

Cette cravate ne s'ôte jamais. On peut 8*imaginer quel fatras de toutes espèces doit s'accumuler là avec le temps , chez despersonnesaussi malpropres....

Les cous des femmes s'accoutument à cet ornement, comme les pieds des hommes à marcher sur les pointes de corail. Lûtke remarqua que la grandeur du collier était proportionnée à l'âge de l'individu : celui des filles en bas âge n'avait que quelques rangées , dont le nombre doit probablement aiigroenter dans des temps déterminés.

Elles portent un de ces cordons à la jambe au-dessus de la cheville. Elles ont aussi une natte qui leur tient lieu de parapluie et de parasol, et dont elles se couvrent la tête et le dos pour se mettre à l'abri de la pluie et des ardeurs du soleil.

Les deux sexcft s'oignent le corps d*hiiile de oooo; coutume généralement

OCÏAJ^IE. 163

établie dans les tles du mnd Océan.

Les urosses emploient l%uile fratchement exprimée; les gens du peuple se frottent tout uniment avec un torchon dans lequel a été pilée ta noix de coco. L'odeur de cette onction n'est pas désagréable, mais elle est extrêmement forte, et si durable qu'un peigne des Russes conserva cette odeur pendant plusieurs mois, quoiqu'on le lavât souvent. Il en rut de même des ha* macs en toile des matelots, sur lesquels les insulaires s'asseyaient sou* vent.

Les deux sexes se tatouent d*nne manière irrégulière : ils tirent dans la longueur des bras et des jambes de longues lignes droites, et, perpendiculairement â celles-ci, d*autres lignes courtes , etc. La figure la plus constante doit représenter un oiseau ; eile est placée au-dessus des autres lignes, par une, par deux et par trois, et en nombre inégal sur les deux bras. Quelques officiei:s du Séniavine pensaient que leur nombre avait rapport à rimportance du raoe; Lûtke ne remarqua cependant pas cela. Il paraît qu'ils raclent répiderme avec une coquille, et frottent ensuite Tégratignure avec une plante.

ARCHTrECrURB.

Leor ardiitecture rustique est convenable au climat. Quatre grands piliers sont liés en haut deux à deux , BOUS un angle aigu, à une plus oo moins grande hauteur de la terre, suivant la grandeur de la maison. On place dessus un chevron de trois solives liées entre elles, de manière que les deux bouts s'élèvent d'environ dix

Sieds au-dessus du milieu; ce qui onne au toit la forme d'une énorme selle. Les maisons d'Ualan ont par là un caractère particulier. Aux piliers et au chevron sont assujetties en long et en travers des perches , autour desquelles on tresse, en feuilles de vaquois, le toit qui descend jusqu'à quatre pieds de terre. Cet espace vide est garni de cloisons tressées en réseaux et en bambous fendus. 11 n'y a point d'ouverture particulière pour lais-

rUNIVERS.

8er sortir la ftusée; elle s'échappe par la pcnle, ou se perd dans la partie supérieure du toit. L'élévation des maisons fait gue l'air n'y est jamais comprimé, et qu'il s'y maintient toujours pur et frais (voy. pL 103.)

Telle est, en général, la construction de toutes les maisons, qui ne dififiàrent entre elles que jpar la grandeur ou par quelques variations dans leur disposition mtérieure, suivant leur destination. La piunart de ces cases ont deux toises carrées et autant en hauteur ; mais les grandes maisons à manger ( et chaque village en a une) ont huit toises en carré et de trente à quarante pieds de hauteur. La partie antérieure de ces salles est entièrement ouverte ; il y a encore une [)orte de côté à droite, et dans le coin à gauche est une tablette sur laquelle sont posées la baguette et les trompettes marines consacrées à Sitel -Kazueuziap , des feuilles de séka dont on lui fait hommage , etc. Une ou deux pierres plates sont enfoncées dans la terre au niveau du sol , avec un creux au milieu pour briser les racines de cette plante. Dans les maisons où ils couchent , il y a deux portes sur le devant , une haute de deux pieds, et l'autre de toute la hauteur du mur. Ceux qui ne sont pas riches et qui vivent dans une seule maison, séparent par une cloison de nattes l'endroit ou ils couchent. Le plancher est ordinairement couvert de nattes. La demeure des principaux urosses se compose de plusieurs maisons ordinairement réunies.

INDUSTRIE, BOISSON BT AUNENTS.

Un peuple si simple et peu industrieux doit avoir un petit nombre des ustensiles déménage. Au milieu de chaque maison pend , du haut du plafond, une es[)èce de grande et mince caisse entourée de petits rebords , servant à mettre a l'abri des rats les provisions, etc. Dans deux autres endroits sont suspendues d'autres petites caisses, ou simplement des perches avec des crochets^ auxquels on suspend de menus^ articles de toutes sortes, tels que les cos-

ses de cocos, dont ils se servent pour boire , et qui sont quelquefois garnies d'un tissu très-propre; les^, les petits instruments de pêche, etc. Une au» en bois d'arbre à pain , de trois pieds de long sur environ deux pieds et demi de large, faite en forme de nacelle, dans laquelle ils apportent l'eau pour préparer le séka, est un meuble indispensable dans chaque maison; quand lis ne l'emploient pas à cet o&a^e, il leur sert de siège. Quelques baouets pour divers , emplois , et des métiers pour tisser les tols, complètent l'ensemble de l'ameublement de leurs maisons. Les tols sont tissus de fibres de bananier ; les fils se teignent en noir, en blanc, en jaune ou en rouge.

Ils ont, pour former la chaîne, un petit métier sur lequel ils disposent les fils autour de auatre petits Mtontf , de manière qu'un ni puisse successivement passer un autre, comme dans nos métiers. Lorsque la chaîne a atteint la largeur voulue, on l'attache par les bouts, et on la retire de dessus le métier. Quand le toi doit être d*une seule couleur, la tâche est bientôt achevée; mais quand il doit être avec des dessins, chaque rang de la chaîne se compose d'autant de différents fils liés ensemble, qu'il doit y avoir de changements de couleur: on peuts'ima* giner quelle peine et quelle attention exige cette besogne, pour que tous les différents fils forment dans la largeur de la chaîne une seule li^ne régulière, et combien un pareil travail doit être fatigant. La manière de tisser ressemble beaucoup à la nôtre :

on passe un petit bâton dans diacuii des oouts de la chaîne; un bout est fixé à un point Quelconque, l'autre à la ceinture de l'ouvrière, et, de cette manière , la chaîne s'étire et s'allonge. Leur navette, tout à fait semblable à la nôtre , est afternativement lancée d*un cété à l'autre de la chaîne, etc. Il est remarquable que le nœud même par lequel ils lient les fils est absolunieot pareil à celui que font nos tisserands. Dans les maisons des urosses de la seconde classe, dans le coin où est placée la baguette de Sitel-Nazueoziap>

on conserve de grandes haches , qui , à ce qu'i] paraît, sont considérées comme propriété commune: elles sont faites de grosses coquilles, travaillées et afQIées avec des pierres de corail en forme de demi-cylindres , assujetties avec des cordes à un manche de bois.

L.a partie appliquée au manche est tout à fait ronde, afin qu*en tournant la hache, on puisse lui donner la position la plus avantageuse pour couper le bois. Les plus grandes liaches ont vingt pouces de longueur et environ quatre d'épaisseur. Il v en a de toute grandeur; mais les plus petites sont en partie des hachereaux en fer, pour la confection desquels ils s'efforcent de façonner tout morceau de fer qui leur tombe entre les mains. Le savant et consciencieux navigateur russe auquel nous empruntons la plupart des détails sur l'industrie ualanaise, ne vit point de haches en pierre , quoiqu'elles y soient cependant en usage , puisque les indigènes appellent teûa le basalte et autre pierre dure dont on peut faire des haches.

I^es Ualanais remplacent le couteau ordinaire par une coquille affilée quMIs portent à la ceinture ou à la lèvre mférîeure , ce qqi leur donne une drôle de 6gure. L'expédition ne trouva parmi eux aucun instrument de musique, pas même un simple tambour. Il parait qu'en général ils n'ont pas de grandes dispositions musicales; ils écoutaient avec attention le forte -piano et la note des officiers, mais ni l'un ni l'autre de ces instruments ne produisit, en apparence, une grande impression sur eux.^

Au nombre'de leurs meubles 11 faut compter leurs pirogues, dont ils soignent tellement la conservation , que plusieurs les tiennent dans leurs maisons. Les grandes pirogues des urosses ont de vingt-cina a trente pieds de long, et pas plus d^un pied et demi de large ; elles sont creusées dans un seul pied de l'arbre à pain. Soit qu'ils manquent de gros arbres, soit qu'ils veuillent les épargner , leurs pirogues ont toujours des bordures larges . environd*UDpied,etenvirondeuxpiMS

0GÉAI9IE. 165

aux extrémités; ces bordures sont attachées avec des cordes. Les Ualanais incrustent des boquilles blanches dans les petits trous , et ils enduisent les joints avec quoi que ce soit; ce qui fait qu'à la moindre boule, ou lorsque la pirogue est trop chargée, l'eau y ruisselle, et qu'il faut sans cesse s'occuper à la vider. Souventces insulaires s'efforcent d'arrêter une voie d'eau en enduisant les trous avec du fruit à pain (comme les Aléoutes bouchent les trous de leurs baîdarkes avec de la chair). Une mince poutrelle est placée au bout de légères traverses parallèlement à la pirogue pour la soutenir; huit ou dix rameurs entrent dans une de ces embarcations. Elles sont travaillées et polies très-uroprement, et enduites d'une terre glaise rouge , à laquelle ils savent donner un beau luisant. Les

Eirocues ordinaires sont en tout semlables aux pirogues de parade, mais elles sont plus petites et travaillées moins proprement. Il y en a qui n'ont 'pas plus de six pieds de long et un pied de large ; ils rament avec des pagaies qui sont partout les mêmes, et, sur les hauts-fonds, ils poussent avec des gaffes ou avec ces mêmes pagaies tournées le plat en haut. Ces pirogues sont très-bien calculées pour leur destination ; elles sont légères et tirent trèspeu d'eau ; elles peuvent donc traverser les hauts-fonds où croissent les mangliers, pour se rendre dans les villages , et , au besoin , elles sont traînées ou transportées sans peine. La navigation bornée des Ualanais n'exige pas qu'elles aient d'autres qualités; ils ne vont jamais au delà des récifs. Ils n'ont ni l'occasion ni le besoin de se servir de voiles; c'est pourquoi ils ne les connaissent pas: c'est, peut-être, le seul cas qu'on puisse citer dans • toute la Polynésie. Pour les attirer au delà des récifs, il faut quelques occasions extraordinaires, comme, par exemple, l'apparition d'un navire ; mais ils sont alors assez maladroits, et s'embrouillent entre eux. En un mot, ce sont de très-mauvais marins. Lorsqu'ils étaient à bord du SéniavinCy la plupart souffraient du mal de mer

au monvement presque insensible de la corvette. Les urosses tiennent fortement à la conservation de leurs srandes pirogues. Sîpé, avec tout son bon cœur, se cacba pour ne pas prêter la sienne.

Les urosses ualanais passent leur yie dans une oisiveté complète ; ils dorment fort longtemps, et sont paisibles, parce que leurs passions sont assoupies; ils passent aeux heures à se frotter le corps d*huile de coco; ensuite le feu s'allume dans la maison à manger , et tout se prépare pour la cuisson des fruits à pain.

A neuf heures on se rassemble pour boire le séka {piper metht/sticum). La mattRe prend la plante de ce nom , telle qu*elle a été tirée de la terre, et, s'asseyant en face du convive le plus distingué, lui adresse quelques paroles, comme s'il le priait de donner son assentiment ; après Tavoir reçu , il détache la racine et pose quelquefois sur la tablette dressée dans un coin, le feuillage consacré à Sitel-Nazuenziap.

Pendant ce temps , celui ou ceux qui sont chargés de la préparation , se font une ceinture de feuilles de bananier, délient leurs cheveux , et les lient ensuite de nouveau, non plus sur la nuque, mais sur le haut de la tête. Ils con^mencent leur besogne par laver Ixis cierressur lesguelleson bat le séka ; ils l'rappent ensuite vingt-six ou trente fois de la paume de la main ; prennent, après cela, les pierres servant de pilons, et en frappent les crosses pierres de dix a dix-sept fois. Ils battent alors les racines jusqu'à ce qu'elles ne forment plu;^ qu une masse ulandreuse. Us frappent ensuite pendant quelque temps, avec précipitation, du pilon sur la pierre, et commencent l'extraction. Après avoir versé un peu d'eau sur cette masse ainsi pilée, ils la pressent avec les mains contre la pierre, pour en faire sortir le suc, et en forment une pelote qu'ils expriment de toutes leurs forces entre les mains, dans les cosses de cocos qu'on a déjà préparées. Après cette première extraction , ils versent encore de l'eau sur la masse, la pressent et l'expriment de nouveau , con-

tinaant ainsi jusqu'à ce que le Dombre nécessaire de cosses de oocoi soit rempli. En attendant, les fruits à pin , déjà cuits et retirés de dessus les pierres, sont présentes ensemble avec la racine de katak , le» cocos, etc., sur des plateaux tressés en rameaux de cocotier, devant le convive, dont on semble de nouveau demander la décision. Le convive coupe un des pains, et c'est là le signal quecbaaui peut se mettre à manger. le grand ëchanson présente alors au convive une des cosses de cocos remplie de séka. Us ne s'offensent point lorsque, ce qui arrivait le plus souvent, on vefuse ce nectar. Celui qui boit porte la coupe à sa bouche, murmure une prière «n s'inclinant , et après avoir soufflé l'écume, prend une bouchée de séka : quelques-uns avalent le tout; d'autres, après^-l avoir gardé dans U bouche, en avalent la moitié et rejettent le reste ; tout cela est suivi de râlements, de crachements et de coqtorsions dont Lûtke ne comprit pas la cause , «parce que cette boisson lui parut sans gpût et peu échauffante.

Après le séka , vient le dessert. Chez l'urosse Togoja, on mettait devant chaaue convive, sur un plateau particulier, un coco et un fruit à pain; ensuite le convive retourne chez lui, et tout ce qui reste du festin est emporté chez lui , comme nous l'avons vu nous-méme dans Ttle Maîndanao.

C'est exactement de cette manière , excepté cette partie de la cérémonie relative au convive, que les urosses boivent chaçiue matin le séka , qui leur sert de déjeuner. Quelquefois cette cérémonie est répétée le soir; mais il paraît que c'est une exception , et le véritable fouk touk séka n'a lieu que les matins. Outre le séka , les chefs emploient quelquefois, et de la même fa- Î;on , la racine d'une autre plante appelée kaoua ; ils se servent alors d'autres pierres , d'autres pilons, et même d'autres baquets pour l'eau. On ne prépara pas, une seule fois le kaoua devant les Russes. -

A part le séka du matin, oui correspond entièrement au kava qu on lK>it

OGÉANIE.

aussi le matin àTaîti, et dans les autres îles, ils n*ont guère des heures fixes pour les repas : ils mangent quand Tidée leur en vient, assez souvent, mais peu, et même, à ce mi'il parait, dans la nuit-, du moins r«ena, lorsqu'il couchait à bord de la corvette russe , avait toujours soin que Ton mtt près de lui une assiette avec des fruits à pain, etc., qu*il expédiait ordinairement pendant la nuit. Us boivent très-peu : la nourriture végétale les dispense sans doute de ce b^in.

Les poissons et les écrevisses sont la seule nourriture animale dont ils fassent usage. Ils n^out point de quadrupèdes domestiçiues; mais leurs bois abondent en pigeons et en poules, et leurs rivages en bécassines, qu'ils ne mangent cependant pas. Leur princijiale nourriture consiste en fruits a pain, cocos, racines de katak, de taro {àrtim\ en bananes , cannes à sucre , etc. , qu'ils mangent en partie crus ou cuits simpteihent , et en partie diversement mélangés. Leur art culinaire est plus compliqué qu'on ne pourrait le penser.

Sipé , qui aimait beaucoup à parler , expliqua aux ofEciers du Séniavine la manière d'apprêter les mets , et surtout une infinité de préparations de eooo, en relevant, à la manière de leurs cuisiniers, son dugnon sur le haut de la tête, et en leur montrant, par signes, comment tout cela se faisait.

De tous ces mets ils ne firent connais- , sance qu'avec le seul «aoua, qui leur pkit beauooup.Afin de tairedurer la provision du fruit à pain, qui ne se conserve pas longtemjps, ils Tenfoyissent sous terre pour le faire fermenter, et ils rappellent alors houro. Us font cuire les fruits à pain, le katak , etc. , dans la terre, ^solument comme dans les autres lies. lis se procurent du feu en frottant une planche de bois mou, dans le sens des veines, avec une baguette de bois dur; ce frottement, qui s'opère d'abord lentement, ensuite par degrés de plus en pku vite, et trèsvite lorsque le bois commence à s'échauffer, produit au bout de la planchette , en détaduot les fibres du unis, une espèce de charpie qui finit par

s'enflammer. Toute l'opération ne dure pas plus d'une minute, mais il faut en avoir l'habitude pour y réussir.

Les femmes des urosses ne mangent pas avec leurs maris ; il parait qu'elles sont soumises ici aux mêmes interdictions que dans plusieurs autres fies, si ce n'est pour la qualité de la nourriture, comme là. parce qu'ici il n'y a pas à choisir. Elles n'ont pas le droit non plus d'entrer dans la malson à manger; la femme du chef Togoja ne put que se montrer a la dérobée par la porte de côte, pour recevoir les cadeaux des ofQciers russes.

Les hommes , au reste , ne mangent pas exclusivement dans cette malson. La nourriture du commun du peuple est naturellement encore plus uniforme : une espèce de banane d'un eoût insipide, ou' ils appellent cafache, le coriace et désagréable fruit du va-

?|uois, la canne à sucre, quelque peu de ruit à pain, et le poisson nue refusent les urosses, est tout ce qui lui revient. La meilleure espèce de bananes, le katak, les cocos qui sont peu communs à Ualan, et probablement aussi plusieurs sortes de poissons, sont la propriété exclusive des urosses.

Les cens du peuple sont peu délicats, dit Lûtke, et ils mangeaient avec plaisir de tous nos mets. Lorsque nous dînions à terre, ils s'assemblaient ordinairement en troui^s à la porté de la tente, tant par curiosité, que pour attraper quelque chose à manger. Les urosses sont beaucoup plus difficiles ; ils aimaient tous cependant notre viande salée, qui passait naturellement sous le nom de cocho:

ils se firent bientôt au vin de (jtnii; mais ils rejetaient l'eau-de-vie avec dëgodt. Nous n'edmes pas occasion de connaître a quoi ils employaient les oranges.

PHTHlROniÀGlB.

Nous allons parler de l'affreuse j»AMfrophagle {*) , coutume qu'on croyait n'exister que parmi les Hottentots, depuis que les missionnaires l'ont in-

(*) De fOttp , pou , «t 5r«7«> d^^voricr , c'e!>t-à-dire Taction de manger des pom.

terdite aux dames de Taîti. Cette coutume, que le docteur Mertens regardait avec raison comme le premier pas vers Tanthropophagie, n^appartient pas ici , comme elle appartenait à Taïti , exclusivement aux droits d'une certaine classe. Tous la pratiquent entre eux , ditLùtke, sans craindre la disette. Nous leur en manifestâmes si souvent notre aversion , qu'ils s'abstenaient un peu de satisfaire en notre présence leur appétit perverti ; mais quelquefois ils se moauaient de nous , en faisant semblant ue jeter sur nous certains petits animaux. Dans notre visite à Togoja , Sipé s'imagina de répéter ce badinage; mais je me levai, et dis que s'il faisait encore cela une fois , je me retirerais sur l'heure. Il n'eut pas de peine à m'apaiser , pendant que Togoja , selon son habitude de ne rien comprendre, se contentait de répéter : Mea inghéf ËnGn Sipé lui expliqua, ainsi qu'il l'assemblée, ce dont u s'agissait, et il excita par son récit un profond étonnement sur la bizarrerie et les préjugés des Européens.

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