‹ L'Univers; histoire et description de tous les peuples (volume 2)Chapitre 3 sur 66 · OFFRANDE AU VOLCAN DB MOUNA-HOUA · texte numérisé non relu

OFFRANDE AU VOLCAN DB MOUNA-HOUA

RARAI PAR LE ROI TAMBA-MBA.

L'éruption à laquelle ce promontoire doit son existence est célèbre dans les fastes d'Haouai par les malheurs

L*UKIVBRS.

qtrélM dCèàsimma. Aprè^tfn afifreux trèNiblehient de terre, le volcan de M^na«Houa-RaraT vdiriit tout à coup des flots de lave et de bitume. Le torrent descendit de la montagne, grossi f ^r des couches successives, et marçjiant atecuné içtélSistible impétuosité. Des offrandes, des prières et des exorasiilës sans nombre furent impuissants pouf arrêter la lave. Des milliers de cbchons furent jetés inutilement dans la coulée , qui avançait toujours Impétueuse et terrible, tordant les arbres par le pied et renversant les cases. Dans sa route, elle rencontra plusieurs ravins et une énorme masse de rochers qu*elle fondit et entraîna avec elle.

La lave continuait toujours , malgré les exorcismes des prêtres : prières, holocaustes, tout était demeuré im-

£uissant pour l'arrêter, quand Tameatea parut accompagné de ses princi- («ux officiers; coupant une tresse de Oieveux qui étaient tabou , il marcha droit au volcan et les ieta dans la lave qui continuait à couler : deux jours après elle s'arrêta; car Tamea-Mea avait été plus puissant qu^elle , et les dieux étaient satisfaits de son onrande. Cet incident, dû au hasard, contribua ^nsulîèrement à affermir la puissance jié leur roi dans l'opinion de ces naïfs insulaire^ ; car, convaincus qu'il était en relation avec les divinités des volcans qui le protégeaient, il$ s*habituèrènt à l6 regarder comme un être |urnaturel , et cette idée, qu'il se garda bien d'étouffer en eux , ne contribua bas peu aux progrès rapides que firent les Haouaîens, Sous sa direction.

Oti ne trouve plus dans ce district que les yillages de Kou-Iko , de Lae- Mano etdeKinoro, tous peu importants et bâtis sur le bord de la mer.

blsnUCT DE K0HAL4.

Le district de Rohala occupe la

rinte septentrionale de l'Ile et confine ceux de Rona et de Hama - Koua, que nous avons déjà décrits. Le pretiiief village que l'on rencontre, en parum dtt distnot de Rona, est Pou-Aho,

petit endroit sans imporiance; puis

vient Rohaï-Haî, qui fut Ions-temps le village te plus Important ou groupe et servit de i-ésidence favorite, {Pendant plusieurs années, à Tamea-Mea.

Depuis que la résidence royale a été ti-ansférée àHono-Rourou , Robaî-Haï a perdu toute son importance, et n'est connu aujourd'hui qu'à cause de la grande quantité dé Sei que fouriiissent plusieurs lacs des environs , sans qu'aucune opération soit nécessaire, et par la simple évaporation de l'eau salée qu'ils contiennent.

Rahoua , Poua-Iki et Hihiob, petiis villages peu peuplés, se trouvent encore sur la c6te occidentale avant d'arriver à Oupoulou. Près de ce cap est fe Village de PauEpou, peu important oar lui-même, mais célèbre datis les tastes des Haouaîens par k vktûeux temple de Makini.

TBMPLE DR TAIÊI.

A quelques milles de Raoua, éur la côte orientale, en tirant vers le sud, on trouve Haloa , terre natale de Tamea-Mea, qui ne possédait, dans Torigine, que ce petit coin de terre, avec une propriété plus petite encore dans Le district de kaou. On montre près de là plusieurs arbres plantés de sa main , et un temple nommé ffare-o- Tairiy ou maison Je Taîri. Aujourd'hui . ce temple n'est plus qu'un amas de

Sierres entassées sur un rocher; mais u temps du grand roi , ce monument, le plus tabou de Itle , était tellement sacré que plusieurs insulaires avaient été brûlés sur la montagne voisine pour âvolV seulement touckw les pierres de l'édifiée taboue.

ÉriSODB DGS PREMltHES ANNÉtS DB * TAMBA-BIBALB.6IIAND.

Ce pays obéit aujourd'hui à Mio- Mioî, guerrier fameux, eompagnon d'enfance de Tamea-Mea, et qui , depuis, le seconda puissamment daas toutes ses guerres. Ce chef raconte avec plaisir aux voyageurs les traits d'audace et de persévérance qui signatèrent les

OCÉAAIÈ.

|MMlèrtB Attùén ÛÉ grflnd- imwiiim \ tù ^oibi miéIques-Qfiâ :

Associe à une tH>uM de Jeaties geoft

araVaieot boromé leur dief , il 1^ I «tee leur èecoars les enti-ëitrim Ite plus iueroyables. Gi'aces à Wl, léi (âuntmirnes d'Haiôa offraient m âfeeet admïrabte, de riciies plan^ Umm, <ft portaient partout PeMpreinte du travail. Taonea-Mea avait distribué ses possessions en autant de Jots qu'il avait d'antis. Chacun cultivait celui qui lui était échu , et luimême avait le Men comme les autre^ Par les améliorations qu'il introduisit dans les procédés de culture , l'ordre parfait et Tharmonie qui présidaient à ces travaux Y qu'il dirigeait lui-même, il préludait à des travaux plus vastes, • U préparait ses grandes destinées.

Aîaé de ses compagnons, il avait creusé dans une falaise taillée à pic un chemin ou pente dé cent pieds ae largeur, par leauel ils lançaient leurs bateaux de pécne.Non loin de ce chemin, ils avaient tenté de creuser un rocher

rir en faire jaillir de Teau ; et déjà avaient traversé plusieurs couches de lave , quand ils furent forcés d'abandonner un travail qui leur avait coûté déjà plusieurs semaines.

Le dernier village qui se rencontre sur cette cote du district de Kohala eçt edQÎ de Hono-Kea, qui en forme la limite au sed, en le séparant du district de Kama-Koua.

as OAiiOv.

Oalioo,f1fa la plus itApmtante du groupe «prètHao'uaî, en a été soroorhméi h fÊrdin par tes premiers navf-

Sieurs européena qui y ont abordé, premier às^t Jastiflê peu cette bHIfente dédomhiation.' Des rochers .

de» &laiae§ tdllléed à pic . des blocs de kre, partout sur la edte les traces d'une nature bouleversée, partout l'enp pretoté des volcans : niais une étpde

phn approimidie, une reecmnaissànce pins complète dans f intérienr 4 explt- «oeeoiDiDeiitdes narigateursi értigué* M lon|çues coursés, et privés depuis loD^teaipe 4e la tue de la terre, ont

^ii de dette tie titte délidèiiftê dttil. lai effet (je Tai souvent éprouvé) , qudHd on trouve le repos après la tempête i quand de riches paysages, une vigoureuse végétation , u« Peau , des collines , une nature belle et animée ont f^mpiacé le pont du navire et la Vue Imposante mais monotone de rOcéàrï:

Oh ! alors on est ^ngulièréltiëtit dispdM à l'optimisme.

CAPrrALÈ.

Hono-Houroa, capitale de 111e, ekk bâtie au fond d'une baie, sur lacdte ooci-' dentale (foy./j/. 137). Quelques habitationsdlspoléesirrégulièrçmem et entrecoupées de bosquets et de massif d'arbres, tel est l'aspect général de ce port; centre du commerce et leptus fréquents des Européens. Un fort eonstruft par les ingénieurs européens est le prenfler édifice qui frappe les regards : nâti sur la pointe de la jetée et bien armé, il peut défendre la ville contre des forces, même assez imposantes. Tout auptè s'élètêut un long bâtiment an pierre, servant de magasin général, et un arsenal avec un chantier sur lequel se trouvent sans cesse des bâtiments eii Construction et en réparation. Non loin de là, se trouve VHûtei de la BUmdé, ioll édifice en bois, servant aujourd'lnii de logement au gouverneur de rîle , et qui fut construit pour Sertir de résidence au capitaine l^ron^ lors He son séjour dans cette île. &ara1- Mokoe a foit4)étir cet hôtel à l'euro^: péenne, avec des contrevents verts, un papillon et on behréder. Depuis, on a construit une chapelle chrétienne; Viennent ensuite plusieurs habitations appartenant au consul anglais et 3 plusieurs négociants européens et amé* ricains. Enfin , l'un des principaux édifices est la demeure des missionnaires (vpy. fi* 124) qui ont converti les insulaires à hi religion chrétienne , et dont la puissance balance, si même elle ne surpasse celle du véritable sàuveMn.

En avant , se trouve leur temple , trop petit pour contenir la foule des assistants; à droite, leur salle d'études, vaâte et spacieose, et, à gauche, leur

impriflierie, ou un mvA nombre d'insulaires sont occupes h tirer une quantité immense de livres de piété.

À5PBCT DU SOL.

' Si Tde l'examen de la ville, on passe à celui de l'intérieur de i'tle, on trouve un pays coupé de montagnes , la plupart arides, ainsi que celles d^Haouaî, ce qu'on doit évidemment attribuer aux éruptions volcaniques. Dans les vallées où les laves sont dans un état de décomposition avancé (ici ces endroits sont plus fréquents que dans la principale île du ffrôupe) , une riche végétation couvre le sol ; et après une loi^ue course à travers les gorges sombres des montagnes , le voyageur éprouve une agréable surprise, en reposant ses yeux7ati£ués sur des champs fertiles et éouiilléi de verdure.

LAC SAlÈ D^GNOROUROn BT VIGNOBLE DE M. MAKim.

L'une des principales merveilles de l'Ile est un lac salé, situé à quelaues milles d'Hono-Rourou ; mais la difficulté des chemins et l'escarpement des montagnes que l'on est forcé de tourner doublent presque la distance. La route qui y conduit est belle et offre plusieurs points de vue très-curieux.

l>9on loin de la ville est la vigne de M. Marini, l'un des riches négociants de rtle. Une haie de cotonniers et de rosiers borde cette propriété, qui produit assez de raisin pour faire plusieurs iNUTÎques de vin. De plants d'ananas en fleur, en maturité, et présentant tous les états de croissance intermédiaires, jonchent le vignoble et ajoutent leur produit au produit principal.

Legoût d'expérimentation qui forme le principal caractère des insulaires, les portera, sans doute, à imiter l'exemple de M. Marini, et l'on peut espérer que, dans quelques années, les vignobles d'Oahou fourniront à la consommation du groupe, et, si leur exemple est imité dans. les autres îles, au ravitaillement des bâtiments en croisière sur ces parages. Gette supposition n'a rien cré-

tonnant, si l'on considère la marche rapide qu'ont suivie toutes les branches industrielles chez ce peuple, depuis 40 ans. Cook avait trouvé des sauvagei, et les Européens qui, sur la foi des premiers voyageurs , sont arrivés dans ces îles , croyant avoir affaire à des gens inexpérimentés, ont trouvé desli^mmes aussi positifs, aussi adroits et aussi fins qu'eux.

TORRBHT D'HONO-HOUEOn.

A peu de distance , on trouve un torrent qui, un jpeu plus haut, est partagé en deux nlets que l'on passe toujours à gué, quelquefois même à pied sec, et que les insulaires ont honorés au nom de rivière. Au reste, ce torrent d'Hono-Rourou est encore l'un des courants d'eau les plus considérables du groupe. D'après la grande quantité de montagnes et leur élévation, on serait porié à croire qu'elles doivent attirer les nuages et donner naissance à une grande quantité de rivières; mais, outre que le del est très-pur et la température modérée, il existe , vraisemblablement, entre les crevasses nombreuses des montagnes et la mer , des conduits souterrains par où s'écoulent les eaux.

AUTRES DÉTAILS SŒ L'ILE OAHOU. SUR LA BAIE DE WHTMEA BT LES PORTS DE HORO< BOUROU, 1WIM0MA ET AUTRES LIEUX.

Nous empruntons lesdétails survanti au capitaine P. Gorney, capitaine en second d'un navire de commerce :

« Nous restâmes à Oabou jusqu'au 17 mars 1818, que nous reçûmes alors de Tameahmean l'ordre de nous rendre àrîled'Atouî,pour y prendre une cargaison de bois de sandal. Le lendemain, nous mouillâmes dans la rade de TVhymea. A un mille du village, nous vîmes flotter le pavillon anglais sur un très-lieau fort, armé dune trentaine de bouches à feu. Ce fort avait été construit par les Russes ; mais ils avaient été obligés de l'abandonner et de quitter le pays, par suite des discussions qu'ils avaient eues avec les indigènes. Tamouri, roi d'A-

OCÉANIE

teai, atatt fixé sa résidence dans ce fort;.il y entretenait 150 hommes, sans compter un certain nombre de blancs qui aervaient les pièces.

«Lesdiefe qui nous accompagnaient se rendirent à terre, et furent très- Imn accueillis par Tamouri. Le lendanun,des canots indiens, au nombre d'environ cinq cents, nous apportèrent Bùtre première cargaison de bois de sandal, que nous allâmes décharger dans nie de O^ou. Nous prîmes notre seconde cargaison dans la baie de Whymea,et nousla déposâmes au port de uonorourou. Enfin, le 4 mai 1818, les conditions de notre marché ayant été remplies, nous hissâmes le pavillon de Tameahmeah, que nous saluâmes de sept coups de canon ; et après aroirmia la Cohmbia à la disposition de Karaîmokou, nous nous rendîmes à terre dans les maisons qu'on nous aTait préparées.

«Elles étaient les plus bdies et les mieux situées de tout le yiUage : on les avait placées devant le port. Chacune d'elles avait été bâtie et meublée par la population entière de Fendroit, et termmée en trois jours. Elles se composaient de deux dortoirs et de deux réfectoires, dont un pour les femmes.

Les deux dortoirs et le réfectoire des femmes étaient entourés d'un enclos formant un carré de cent cinquante

S'eds. L49 réfectoire des hommes n'éit {MIS compris dans cette enceinte , mais il avait son enclos particulier, et une porte de communication avec le dortoir. Voici comment on s'y prend dans ce pays pour construire une maison : on commence par enfoncer en terre, à trois pieds de distance l'un de l'autre, des poteaux de huit pieds de hauteur, terminés en fourche; on place horizontalement dans ces fourches de belles perches bien droites.

Les chevrons se terminent aussi en fourche à la partie inférieure, et posent sor les fourches des poteaux verticaux; les extrémités supérieures des chevrons seturoisent au-dessus du faite qui, pendant la construction, est soutenu par des étais provisoires. On lie fortement ensemble ces chevrons

aTcc le faite; on place ensuite un second faite au-dessus des bouts croisés des chevrons, et on attache fortement le tout ensemble; on recouvre ce toit de rameaux ou de cannes , faisant office de lattis , et on finit par une couche d'herbes ou de feuilles.

«Notre dortoir était éclairé par deux fenêtres. Dans l'intérieur le sol avait été bien battu ; il était jonché de roseaux recouverts d'une natte grossière, sur laquelle on avait mis d'autres nattes

5 lus artistement travaillées. A un bout u bâtiment était un grand lit , garni d'herbes sèches et recouvert de nattes; de chaque côté se trouvaient des espèces de sofas garnis et recouverts de même, et cachés par une petite cloison. Devant la maison on avait ^ construit un raini ou hanear, couvert ' de branches de cacaotier, et ayant aussi son sofa. Tous les matins , le devant ' de notre habitation était jonché de roseaux fraîchement coupés. Tameahmeah avait placé auprès de nous un homme chargé de veiller à ce que nous ne manquassions de rien ; nous avions en outre une garde qui veillait la nuit autour de nos maisons, afin de nous prévenir en cas d'incendie.

«Oahou, la plus considérable des lies de Sandwich, est précieuse surtout à cause de la sûreté de ses ports et la bonne qualité de ses eaux. La culture y est portée à un haut degré de perfectionnement ; on y trouve en abondance des légumes et des fruits de toute espèce. Le pays est bien pourvu de bétail , de chevaux, de chèvres, de moutons, de cochons, etc.

Ordinairement les bâtiments relâchent d'abord à Haouaï, pour obtenir de Tameahmeah la permission de mouiller à Oahou. Cette lie a trois ports excellents sur la côte méridionale , entre la montagne du Diamant. On découvre le village de Waîtecti , au milieu d'un vaste TOis de cacaotiers et d'arbres à pain; il est situé dans unfi immense plaine, cultivée avec le plus çrand soin , et présentant le plus magnifique coup d'œil; les montagnes qui l'entourent sont couronnées de forêts. A un quart de mille du riyage, s'étend un

L'UNIVEAS.

r^f de eorail qui MCftsionat de forte brisants. Cé village était autrrfois le Heu de résidence du roi, qui se Fa quitté que depuis quelques années, pour aller Habiter Haoual, son tie natale.

A environ quatre nailles à l'ouest de Wattecti, on voit le villaf^e et le port de Hohorourou : c'est le point le plus important et le plus peaplé de 111e. On reconnaît aisément le port à la vallée profonde où il est situe, et oii le veot alizé de nord-est souffle avee violence. t>M le n'a pas plus de dnc| lieues de large en cet endroit. I^es bâtimeats peuvent amarrer contre le rivage, où ils sont aussi bien abrités que dans les meil* leurs bassins formés. Une'beUe batterie circulaire, placée au sud-est, e< eom* posée d'une soixantaine de boucbes à feu, protège le village et le port. Le fort occupe environ douze arpents dé terre; les retranchements sont revêtus de pierres : ils ont dix-huit pieds de haut, autant d*épaisseur à la partie supérieure, et une trentaine de pieds à la base; ils sont construits d'argile, de sable et de gazon bien cimentés. Les embrasures sont faites de même, mais elles ne sont pas revêtues de i)ierres. Le magasin est souterrain. Au milieu flotte le pavillon des Iles Sandwich ou Haouai, composé d'une raie rouge et bleue, pour chacune d'elles. Tout à l'entou^ Sont construits les logements des chefii de la caserne. Le village contient à peu près trois cents maisons régulière»

ment bâties ; celles des chefs sont plus

Sandes et entourées d'une clôture, laque famille a trois maisons, l'une qui sert de dortoir, une autre de réfectoire pour les hommes , et la troisième de rérectoire pour les femmes. Le vii^ lage est séparé de la chaîne de montagnes qui règne du nord -ouest au sud-est par des bois délicieux de cacaotiers, d'arbres à pain et de ricins.

Le terrain est divise en champs carrés, où ccpît le taro, et qui sont entourés de cannes à sucre et de mais.

L'tle possède en outre une grande ouantité de très-beaux étangs ou l'onpêche des mulots et de petits poissons Que les habitants appellent avaa. Vers le nord-ouest du port , coule une ri-

vière que les (Dhalonpie peuvent eè^ monter juson'à la distanee de deiir milles , et ott les bâtimeata se pr^ici^ rent de l'eau douce.

«On tnmve, à trois millei à l'eutet de Honorourou, un autre port dHia eocè»

plus facile et peut-être préffiraUe» fm^ où l'eau douce manque. C'est m oMt raison qu'il est peu foéoi^ente, et qa^t l'on ne voit sur la edte qu^q petit nombre de maisons de oultifatems Et de pêcheurs.

«A six milles environ h Pouest deHoe norourou, on trouve un troisième |0v% connu sous le nom de Wv-Moma: La baie,qui n'aqu'un demi-mule à l'entrée, se prolonge à cinq lieuee vers le novd, el a environ quatire milles dans sa plus grande largeur; au n^ilieu est une tte de deux milles de circonférence, qui appartient à M. Maning (^, Espagnol, fixé depuis plusieurs années dans le pays. Au fond de la baie est un excdlent cours d'eau qui va se jeter dans la mer; un grand nombre de plongeurs y sont constamment employés à la

riche des perles. Nous fîmes présent Tameahmeah d'une drague à huîtres, afin de faciliter leur travail. Au delà de la pointe de Barb^, vers le nord, sont situes la baie et le village de Y-£ni ; et un peu^plus loin , vers le nord-ouest, on trouve te village de T-Roua. La baie et le village de Whymea sont à l'extré* mité occidentale de l'Ile. 8ur la cdtt du nord-est, il y a deux grands villages, mais point de port.

« Cette petite île, située au milieu de la baie de Wv-Moma, est habitée par oae seule famille, composée d'un homme, de sa fomme, de trois enfonts, et par deux domestiques de M. Maning; nons passâmes deux jours entiers avec eux.

L'homme nous raconta une aventure

3ui lui était arrivée au commencement eson s^our dans l'île. Une nuit il fut éveillé par une voix ^i l'appda peT son nom , en lui enjoignant oe prêter la plus grande attention à ce qui allait lui être dit. Mais quel fut son eit9(À^ en ouvrant les yeux, de voir devant

y) Je pense que M. Ooraey detnX dire Màrmi. 0. 1*. D. &.

OCÉANIEN

' loi le mctre liyide dtf roi Péréorani ! Ce ^imrne lui ordonna, sous peine dé la vîe^cTaller dans un souterrain oui se trouvé au milieu de l'tle , d*y prendre les os du roi , et de les mettre hors de Tatteinte d'un certain dief nommé Téréaoou, qui devait descendre dan^ Vt\e pour s'en emparer et en garnir ses flèdvB. Les insulaires des tles Haouaî attribaeqt aui os humains une es-

^ pèce iB pouvoir n^agique , et ils n'en erapioient point d'autres pour armer iears flèches. Le lendemain, suivant la prédiction du spectre; Téréacou vint visiter l'tle; mais rinaien lui dit qu'elle appartenait à un homme blanc , protégé par Tameahmeah^ et qu'il lui conseillait de respecter sa propriété.

Téréacou , sans l'écouter , enleva de la grotte plusieurs paquets d'ossements ; mais îJ n'y trouva point ceux du roi Péréorani, ni ceux d'aucun chef. La nuit suivante, le roi et les autres chefs vinrent remercier l'Haouaîen et lui prédire que sa conduite serait récompensée par l'homme blanc, et qu'il ferait nn jour une brillante fortune.

M. Maningy presque aussi superstitieux que son fermier , m'assura qu'il avait entendu parler dans le pays de beaucoup d'a[)paritionsdu même genre.

« Apr& avoir visité la propriété, nous nous remîmes en route pour voir le reste de l'tle. 3ç remarquai, dans cetto excursion , que la plupart des crevasses des rochers étaient remplies d'ossements humains soigneusement enveloppés dans des morceaux d'étoffes.

jJes Haouaîens avaient mille attentions pour nous , et nous apportaient à Tenvi des cochons, des chiens rôtis, et du

• porvie. Ils ont une manière de préparer leurs aliments , qui leur donne un £oût excellent : jls les enveloppent de feuilles de banane, les mettent dans un trou creusé en terre , et les font cuire au moyen de pierres rouges dont ils les recouvrent. \jt porvée n'est autre chose que le taro cuit de cette manière, battu ensuite sur une grande pierre, et mêlé pendant le battage avec une quantité d'eau nécessaire pour lui donner la consistance de l'empois. Dans cet état pâteux » on le tonserve un

ou deux mojs dans deiB palebasses. Le grapd régal du pays est dé manger oq poisson cru en le trempant dan§ d^ porvée; on en mange aussi san^ auti^ assaisonnement aue de la saumure. L^| habitants aim^nf beaucoup les plant^ marines et fes mangent avec du sel'; ils ne font pas cuire Tes chevrettes , Iê| crabes, ni aucune espèce de petita poissons; la viande oé chien passi pour le mets le plus délicat; ce qui peut fort bien être , attendu qti'on n'è les nourrit que de ¥égétaux. »

yj^UàR OTTORESQUJ^ |^KS ÇQpQTIfl^

Une plaine aride, nue, et n*ofiran| pour abri que quelques arbustes râr Dougris, succède aux plantations de, taro. Un chemin rocailleux et légère;ment ascendant, d'environ deux milles de longueur, conduit à un endroit oq le terrain, coupé brusquement à pic^ domine une riche vallée, couverte dp cocotiers et arrosée par plusieurs rai^ seaux. Un chemin, pratiqué dans VesT carpement, conduit aans la vallée rianî^ et féconde. La vallée des cocotiers , c'est la Limagne au milieu des monts pittoresques et volcaniques de l'Auvergne. Des blocs de lave calcinée et des rochers granitiques noircis témoignent de l'existence antérieure d'un volcan non loin de ces parages, tt, de chaque côté de (a route, des pitons volcaniques et des parois basaltiques, offrant toutes Ips apparence^ d'une nature en ruine, forment avec la verdure d^ la campagne un contraste des plus piquants. Au bout de cette vallée, un nouvel escarpeipep^ ^e présente, l:^aucpup plus difficile à gravir que le premier, et au pied dur quel est un lac salé : il conquit sur une plate-forme, d'où la vue embrasse un des plus beaux tableaux dont i^ soit donné à Tbomme de jouir. En face, se déroule toute la partie de l'Ile située sous le vent, tantôt riche dé végétation et de culture, tantôt alpestre et rocailleuse; ici, couverte de cocotiers et de champs, là, sillonnée de rochers et de laves ; d'un côté la pâture animée et vivante; de l'autre ^ If

rtJNIVEAS.

nature morte et décrépite; Tabondanoe et la stérilité en présence; la vie et la mort se donnant, pour ainsi dire, la main. Ce vaste et magnifique tableau est encadré , d*un côte par des montagnes escarnées , de l'autre par Fimmensitéde rOcéan, TOcéan sublime, et mystérieux qui, sur la côte, parsemée d*écueiis , offre une ceinture blanche d'écume , et , plus loin , la couleur bleu- • foncé d'une mer profonde.

LàC SALÉ.

Vu de loin, le lac salé gui termine la vallée des cocotiers, onre l'aspect d'un étang elacé dont les cristallisations réflecnissent, sous toutes les formes , les ra}^ons du soleil. Il a environ deux milles d'étendue ; mais . l'eau est , en général , peu profonde. Les bords et le fond sont couverts de nombreuses incrustations salines qui s'attachent aux cailloux, aux plantes et à tous les corps placés à la surface ou au fond de ses eaux. Comme dans les salines des départements du midi de la France, l'évaporation seule, rapide et facile, suffirait pour donner une grande quantité de sel, dont on trouve, principalement sur le rivage méridional, les plus belles cristallisations en cubes.

VAtLÉB D'OUA.

Un site délicieux est celui que présente la vallée d'Oua. Cette vallée est une terrasse au fond d'un ravin entouré de montagnes, dont la pente vient

a terminer eii mourant. De trois ^, l'œil rencontre des montagnes; mais , dirigé du côté d'Hono-Rourou, une échappée lui permet d'apercevoir la ville , le port et les bâtiments de la rade. Une ombre constante entretient la fraîcheur et garantit la végétation, qui est partout belle et vigoureuse.

Du sommet des monts qui encaissent la vallée et la surplombent de mille pieds, on jouitd'un spectacle non moins Deau et aussi varié que l'aspect que présente celle des cocotiers.

BfilAU ou TBMPLB CONSACRÉ AUX SAC&I- FICES HUMAINS.

Au sud-est d'Hono-Rourou, près de la pointe du Diamant, on rencontre

la baie de Waî-Titi , peu importante par elle-même , mais fameuse par les ruines d'un héiau , le plus célèbre de toute l'île, et qui avoisme cette baie« Ce temple, dont il ne reste phis que des pans de murailles, est bftti au milieu des bois qui couvrent le pied du cap du Diamant. L'aspect morne et sévère des laves, et la présence d'arbustes rabougris et dietifs, semblent avoir voulu sliarmoniser avec la sombre majesté de l'édifice. L'enceinte du temple avait environ vingt toises de longueur sur dix de largeur, et trois pans de. murs subsistent seuls, hauts de six pieds sur trois d'épaisseur. Les pierres lancées parles volcans, et d'une teinte sombre, étaient disposées avec ré^larité. C'était vers l'occident qu*était tournée l'entrée principale du temple, où l'on arrivait par trois larges terrasses disposées à intervalles ^iix.

Il y a trente ans que, dans ce temple, furent en un jour immolés dix hommes , pour obtenir des dieux la gaérison de la reine Keopou-Olani qui, depuis, a abjuré sa religion pour embrasser le christianisme, et est devenue l'un des plus fermes appuis des missionnaires ; sans doute aans Tîntention de laver par les prières le sang innocent qu'elle a fait couler. Qua^ le temple était encore debout , (les diapelles et des autels s'élevaient sur plusieurs points de son enceinte: mais tout a été renversé depuis, et Ton ne trouve plus sur le sol que des débris de noix de cocos et des ossonents humains , dont la présence accuse la destination primitive du temple et les inf&mes sacrifices que des prêtres fanatiques y faisaient au nom de leurs j dieux.

MACNn^IQUE PAKOaAMA. I

Du haut des terrassesde ce héîau, un magnifique panorama se déroule sous les yeux du voyageur. Du côté du nord, on découvre Hono-Rourou, avec sa rade animée, ses cases, ses cocotiers et le mouvement de son port, et, commo contraste, la baie de Waî-Titi avecsetf campagnes silencieuses; puis, comme un amphithéâtre de gradins , les sam«

bres eotêailx qui entourent le lac salé , et enfin la erande chaîne de montagnes qui forme le rideau de la partie septentrionale de l'île. A l'est, le spectacle change de caractère. A la nature animée et pmx plaines en culture , succèdent ks âpres et sauvages beautés d'un sol calciné et dépouillé de végétaux. Le promontoire du Diamant se présente arec ses vastes déchirements et (a montagne morne et bizarre qui Je borne de ce côté. A l'aspect de ces beautés sauvages, de cette scène majestueuse, i'o&ervateur est saisi d'un recueillement religieux ; et le souvenir des sacrifices qui se pratiquaient dans cette horrible enceinte , serre le cœur et inspire une sorte de mystérieuse terreur dont il est difBcile de se rendre niaître.

VALLÉE DB irOUOU-AKOn/ CASCADES ET MAISON DE PLAISANCE DE BOKi.

La vallée de Nouou-Anou est belle et très-fertile. Après l'avoir traversée, on entre dans la région des montagnes, région accidentée et coupée à chaque pas de torrents et de ravines.

Le chemin rocailleux et inép;al, sou* vent presque impraticable, est lonede plusieurs milles. A mesure que l'on avance , le pavsage prend plus d'étendue et de développement. La*vallée d'Hono-Rourou reste derrière, avec SCS plantations et la ville qui forme le fond du tableau. Un vaste plateau, au milieu de ces gorges et de ces précipices , est le champ de bataille où , par une dernière et éclatante victoire, le grand Tamea-Mea défit Taî-Ana, le plus brave et le plus redoutable de ses ennemis. Quarante ans se sont écoulés depuis, et le souvenir de cette vietoveest encore fameux dans les fastes de Tardiipel, et restera un des plus beaux £dts d'armes qui ont illustré le nom du Pierre (*) haouaïen.

A quelques milles plus loin, dans onsite ag;reste,dont l'air est embaumé, au milieu d'une petite vallée entrecou-

n Nous Tavons déjà comparé à Pierre I*' âc Russie.

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OCÉANIÊ. , . 3S

pée de massifs d'arbres , de jardins et de vergers, et sillonnée par de nombreux ruisseaux, qui, tantôt calmes, roulent en bruissant sur leur lit rocailleux, tantôt arrêtés tout à coup par des accidents de terrain,tombenten cascades, et font pleuvoir au Join une humide poussière, s'élève la maison de plaisance de Boki , gouverneur de l'tle.

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