COUTUMES ET USAGES AHCIEHS
Avant de retracer l'état moderne de Taïti tel que l'ont fait les missionnaires anglicans , il est important de peindre les mœurs anciennes de cette reine de la Polynésie. Ces mœurs s'effacent chaque jour, et bientôt elles n'existeront plus que dans les livres des écrivains.
Les Taîtiens ont le te/nt de oou/eur olivâtre tirant sur le cuîvre; ils sont
§énéralement d'une haute taille et 'une obésité remarquable, surtout ' les personnes appartenant aux premières classes. Les femmes ont été beaucoup trop louées par Wallis, Boagainville, Cook et quelques autres navigateurs ou voyageurs; elles sont bien faites, mais bientôt fanées, et leur beauté est bien inférieure à celle des femmes de Nouka-Hiva. Après six mois de navigation sans relâche, ou quelquefois après une ou deux relâches chez des Mélanésiens , on conçoit que les marins les aient prises pour des Vénus.
Naguère les jeunes gens des deux sexes étaient absolument nus. L'habillement des hommes et des femmes était gracieux et ne manquait pas de noblesse :
il.était fait d'une pièce d'étoffe blanche que leur fournit l'écorce de l'arbuste nommé mûrier à papier, et qui ressemble beaucoupau gros papier deChine. Deux pièces de cette étoffe formaient leur vêtement: Tune, avec un trou au milieu pour y passer la tête , pendait depuis les épaules jusqu'aux jambes, devant et derrière ; l'autre avait six ou sept pieds de longueur, et environ un et aemi de largeur : ils l'enveloppaient autour de leur corps sans la serrer. Cette étoffe n'était point tissue; elle était fabriquée comme le papier, avec les fibres ligneuses d'une écorce intérieure, qu'on faisait macérer, qu'on étendait ensuite, et qu'on battait les unes sur les autres.
Les phimes, les fleurs, les coquillages et les perles faisaient partie de leurs ornements. Les femmes surtout se paraient de perles d'une couleur assez brillante, mais écaillées par les trous
OCEANIE.
qu'on y faisait. Elles arrangeaient, {>our leur commodité, de plusieurs manières différentes , suivant leurs talents et leur goût, une simple étoffe blanche, dont elles se drapaient avec beaucoup de goût. Une ^râce naturelle accompagnait leur simplicité.