OTAGES
Us aiment beaucoup à voyager, et ils te rendent souvent à des distances considérables de leurs résidences, et pour de bugs intervalles de temps (***). Le plus souvent leurs voyages ont pK)ur but quelque commerce; ils vont échanger des nattes^ des pounamous ou jades, contre des vivres , des armes, ou d'autres objcts{****). D'autres fois ces voyages ont une fin politique (****^. Ge sont des députés envoyés par leurs chefs pour soHiciter l'alliance d'autres tribus , et 1rs inviter à leur porter secours dans leurs projets de guerre; ou bien ils vont demander satisfaction pour des outrages commis par des membres de ces tribus , sur des individus appartenant à celle de l'envoyé ; ou bien , espions déguisas, ils vont pour examiner tes forces , les mouvements et les dispositions deTennemi. Enfin plusieurs de ces sauvages se décident à visiter des contrées éloignées, uniquement par des motifs de curiosité.
Malgré l'esprit soupçonneux de ces peuples , et l'état baoïtuel de guerre où ils vivent , les voyageurs sont ordinairement bien reçus, et même fêtés et régalés par les tribus dont ils tra-
(*) Nîcholas, t. T, p. 5a.
(•^ Cnjwc; a*Ur\ilïe, t. m, p. 6S6.
{*•*) Marsden ; d'Urville , t. ill , p. 34o. (•*•*) Kendali; dîUnille, t. IIÏ, p. ia6. (••^•) Manden; d'Ur>illc,t. ni,î>. 4^3.
versent le territoire. Les devoirs de l'hospitalité sont généreusement* accomplis envers ces étrangers ; on leur fournit des guides , mais on exige qu'ils ne séjournent pas plus de temps qu'il n'en faut pour terminer leurs affaires (*).
Plusieurs Nouveaux-Zeelandaîs, suivant l'exemple de leur chef Tepahi, se décidèrent à visiter Port -Jackson; quelques-uns même vinrent jusqu'en Angleterre pour voir cette grande ville. Leur vigoureuse constitution leur permettait aétre utiles à la manœuvre des vaisseaux dont les équipages avaient été très-affaiblis par la maladie, la désertion ou d'autres motifs. Un d'eux, particulièrement, nommé Moïangui , amené par un médecin de Port-Jackson, fut a son arrivée à Londres, présenté au comte Fitz -William. Ce seisrneur le traita avec la plus frande bonté, et au moment de son épart, lui ût donner tout ce nui potivait lu! être utile ou agréable à son retour dans sa patrie.
«Il serait à désirer, dit Tumbull dans son Voyatçe autour du monde, que tous les Nouveaux-Zeelandais qui retournent ainsi parmi leurs compatriotes , pussent rapiwrter avec eux des objets de leur goût; et c'est un acte de bienveillance publique de la part des gentlemen de l'Angleterre que de leur faire présent des articles qui peuvent inspirer à ces peuples une haute idée de notre supériorité nationale. C'est Tespoir d'améliorer leur situation qui les conduit à quitter leurs familles et leurs pénates. Les récits qu'ils font, les trésors qu'ils rapportent chez eux, produisent des imitateurs et font naître des dispositions amicales dans le cœur de leurs concitoyens. Ces rapports d'amitié auraient l'avantage de jfaire connaître en peu de temps les richesses cachées du pays, d'exciter chez les naturels un esprit d'activité et d'industrie, et les amèneraient au point de déployer leurs talents de manière à pouvoir se procurer les objets qu'ils désirent avec tant d*ardeur. »
O Cook, 3^ voyage , h I » p. 176, 177.