CÉRÉMONIES APRÈS LES FUNÉRAILLES
Voici en quoi consiste la cérémonie solennelle de relever les os des morts, ou du moins ce que Touai vit dernièrement pratiquer aux obsèques de son frère, le fameux Koro-Koro.
Cinq mois après les funérailles , et souvent davantage, on retire les os du tombeau où le corps avait été dé-
Sosè, pour les placer définitivement ans la sépulture de la famille. Le plus proche parent est ordinairement chargé de cette fonction; et, par son contact avec un corps taboue , il devient nécessairement tapou liii-niéme au degré le plus éminent. Tant qu'il se trouve en cet état , personne ne peut le toucher; et si, par mé^arde ou autrement, quelqu'un venait a le faire, il serait tué sans pitié si c'était un esclave , et son corps, comme tupou, serait abandonné à la voirie. Un Kangatira , coupable de ce sacrilège, serait au moins exposé à être dépouillé de ses biens ou de son rang (**).
(*) Cook , Grozet , Kendall , leigh , Cruise, M arsden , comp. par d'Urrille.
(**} Kendall, Cruise, Marsden et dUrville.
SACRIFICBSi
Après la mort d'un chef tué dans un combat, il est d'usage que lo parti vainqueur procède au sacrifice 'u'il doit taire à ses dieux. Le chef es prêtres, de Concert avec les chefs civils, apprête ensuite le corps du défunt, tandis que la prêtresse et les femmes des chefs sont diargées des mêmes fonctions sur le corps de la femme. Ces corps sont dépecés, placés sur les feux et rôtis ; certaines parties sont réservées pour être oflf^rtes aux dieux avec des prières et des rites particuliers.
De temps en temps les arikîs prennent de petits morceaux de cette chair sacrée, et la mangent avec beaucoup de recueillement; cependant ce temps
3u1ls consultent les aïeux sur l'issue e la guerre actuelle. Si les offrandes sont accueillies favorablement, le combat recommencé; sinon, quelle que soit sa supériorité, le parti vainqueur renonce à combattre davantage, et reprend le chemin de ses foyers.
Tandis que les arikis accomplissent leurs cérémonies, les chefs sont assis en cercle autour des victimes , la tête cachée dans leurs nattes, et gardant un profond silence pour éviter de troubler ces augustes mystères ou de jeter sur eux un regard profane. Ils sont convaincus que 1 atoua punirait sévèrement le moindre acte de mépris ou de négligence de leur part.
Quand les cérémonies sont terminées, les restes des corps sont distribués entre les chefs et les principaux guerriers , suivant leur nombre. Tous mangent de cette chair avec une satisfaction visible.
Le premier chef réserve aussi des morceaux de chair pour les distribuer h son retour à ses amis ; car c^est la plus haute marque de distinction , la faveur la plus signalée qu'il puisse leur faire (*).
rakâu tapou.
Lorsque la distance est trop granda
(*) BCanden, I>inon et d'Urville.
OCÉAT^IE.
I poor^'onpinsseeqiérerdenipixnier b chair humaine sans être gâtée, les Zeeiandais, dît M. d'UrrUle, ont imagmé une sorte de sobstitutioi^ ou ph»> tôt de transsahstantiatioa « d'uœ nature fort remarquable. Le prêtre met ea eontactareclacnaîrdescheâcoasacréeb an raorœBa de bcus nommé rakau to».
pouy et l'y laisse un certaki temps , durantiequel îlrécîtediverses prières; puis il retire ce bols, Tenveloppe soignl&unraent dans une natte,, et, durant tout le temps qui doit s^éconler jusqu'au retour, une personne tabouée est eoflimiseà la sunreillance de cet objet sacré. Lorsque la troupe se trouve de.
retour dans ses foyers, or apporte soit «morceau de porc, soit aes patates ondes pommes de terre; Tariki retire le rakau tapou de ses enveloppes, le I met de nouveau en contact avec ces i ' Titres, en répétant ces prières mystiaues. QaaMtd tout est terminé, le ralau tapou est jeté dans les broussailles, ou daos UD lieu où il ne soit pas exposé aux regards ni au touclier des profa* Des. L^ vivres ont reçu la vertu des viandes sacrées, et les naturels qui soDt restés au village 8*en régalent avec autant de ioie et de satisfaction mentale, que s ils se repaissaient de la chair mène de leur, ennemi; du moins, ^oute d'Urville , c'est ce que m'assurait gravement Toual, quand il me domiait ces détails.