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SONGES

Les songes, surtout ceux des prêtres, sont d'une haute importance pour les décisions de ces sauvages. On a vu des entreprises, concertées depuis longtemps, arrêtées tout à coup par l'effet d'un songe, et les guerriers reprendre le chemin de leurs foyers au moment où ils se repaissaient de l'espoir d'exterminer leurs ennemis et de se régaler de leurs corps. Résister à l'inspiration d'un songe serait une offense directe à l'atoua qui l'a envoyé (**).

(•) Nicholas, Marsden et d'Urville.

C*} Mandeo.

M. Dillon ne put se débarrasser des importunités d'un naturel qui voalait s'embarquer sur son navire pour se rendre en Angleterre, qu'en assurant à cet homme qu'un sonse lui avait annoncé qu'il périrait intailiibiemeQt sll entreprenait ce voyage.

FClfÉRÂIÙis.

Les Zeelandais rendent de grands honneurs aux restes de leurs parents, surtout quand ils sont d'un rang distingué. D'abord on garde le corps durant trois jours, par suite de ropinion que l'âme h'abandonne définitivement sa dépouille mortelle que le troisième iour après le trépas. Ce troisième jour, le corps est revêtu de ses plus wwi habits, frotté d'huile, orné et paré comme de son vivant. Les parents et les amis sont admis en sa présence, et témoignent leur douleur de la mort du défunt par des pleurs, des cris, des

{)Iaintes, et notamment en se déchirant a figure et les épaules de manière à faire jaillir le sang. Plus encore ^oe les hommes, les femmes sont assujetties à ces démonstrations cruelies de sensibilité. Malheur à celles qui viennent à perdre consécutivement plusieurs proches parents : leur figure et leur gorse ne seront durant longtemps qu'une plaie saignante; car ces démonstrations se renouvellent plusieurs fois pour chaque personne.

Au lieu de laisser le cadavre étendu tout de son long, comme en Europe, les membres sont ordinairranentployés contre le ventre et ramassa en paquet, le corps , et surtout celui d'un prêtre, artAt, est porté (v. pi. 186) dans un lieu palissade et taboue. Des pieux, des croix, ou des figures rougies à Focre et sculptées, annoncent la tombe d'un chef; celle d'un homme du commun n'est indiquée que par^n tas de pierres* Ces tombes portent le nom de oudoff^ maison de gloire.

On dépose sur la tombe du mort des vivres pour nourrir son waîdoua; car, bien qu'immatériel, il est encore, dans la croyance de ces peuples, susc^o^ de prendre des aliments. UDjctfos

OCÉAWIE.

^ homme à toute extrémité ne pouvait plus consommer le pain qu*un missionnaire lui offrait; mais il le réserva pour son esprit , qui reviendrait s'en nourrir, disait le moribond, après avoir quitté son corps, et avant de se mettre en route pour le cap Nord.

Un festin général de toute la tribu tennine ordinairement la cérémonie ; on s'y régale de porc, de poisson et de

Ktates, suivant les moyens du défunt.

s parents et les amis des tribus voisines y sont conviés, k Le corps ne reste en terre que le temps nécessaire pour que la côrrup^ tien des chairs leur permette de se détacher facilement des os. Il n'y a pas d'époque flxe pour cette opération ; car cet intervalle parait varier depuis trois mois- jusqu'à six mois et même on an. Ouoi qu'il en soit, au temps désigné, Ks personnes chargées de cette cérémonie se rendent à la tombe , en retirent les os, et s'appliquent à les nettoyer avec soin ; un nouveau deuil a lieu sur ces dépouilles sacrées, certaines cérémonies religieuses sont accomplies; enfin les os sont portés et solennelienient déposés dans le sépulcre de la famille. Dans ces sépultures, qui sont des grottes ou des caveaux formés par la nature, les ossements sont communément étendus sur de petites plates-formes élevées à deux ou trois pieds au-dessus du sol.

Il p^uralt qu'il y a des circonstances où les cadavres ne seraient point inhumés, et où ils seraient conservés dans des coffres hermétiquement fermés, ou déposés immédiatement sur des plates-formes, comme cela eut lieu pour le père de Wivia , pour cet enlaôtque M. Cruise vit à Covera-Popo, ' et sans doute aussi pour le corps que Koro-Koro montra a ce voyageur.

Probablement cela ne se pratique que pour les corps qui ont été préparés après la mort, et dont on- ne craint point la putréfaction , tandis que pour les autras on attend que la chair puisse se détacher des os par un séjour suffisant dans la tombe. '

Non-seulement les restes des morts iODt esseotiellement taboues, mais en

outre les objets et les personnes ero* ployés dans les cérémonies funéraires sont ^ujettis au tapou le plus rigoureux.^ Avant de rentrer dans le commerce habituel de leurs compatriotes, ils ont à subir des purifications particulières, dont la nature et lea détails nous sont encore inconnus.

La cérémonie de relever les os des morts joue le plus grand rôle chez ces sauvages. Les parents n'ont acguitté leurs devoirs envers leurs enfants, les enfants envers leurs parents, et les époux entre eux, qu'après avoir accompli cette indispensable opération. D'a- {)rès l'idée que j'ai pu m'en former, 'enterremeift ne serait qu'un état provisoire pour donner au corps le temps de se dépouiller de sa partie corruptible et impure ; pour le défunt , l'état de repos définitif n'aurait lieu ^ue du moment où ses os seraient déposes dans le sépulcre de ses ancêtres. Ces naturels bravent les périls les plus grands, les fatigues les plus pénibles, pour rendre les derniers devoirs h une personne qui leur est chère, quelle que soit la distance où elle aura péri , pourvu seulement qu'ils aient l'espoir de réussir. Les parents ont toujours eu soin de réclamer les os de leurs enfants qui sont morts pendant leur séjour à Port- Jackson , et la possession de ces dépouilles chéries apaise considérablement leurs regrets.

C'est faire un outrage sandant à une famille , à une tribu , que de violer la tombe et de profaner les restes d'un de ses memmres. Le sang seul peut payer une pareille insulte ; et l'on connaît la vengeance terrible que Chongui exerça sur les habitants de Wangaroa, qui s'étaient permis de violer la tombe de son beau-père.

Les cadavres des nommes du peuple sont enterrés sans cérémonie. Ceux des esclaves ne peuvent iouir de ce privilège ; ordinairement ils sont jetés à l'eau ou abandonnés en plein air. Quand les esclaves ont été tues pour crimes vrais ou prétendus , leurs corps sont quelquelois dévorés par les hommes de la tribu.

Une des coutumes les plus ext^aor-

tH

djnaires de la NonVeHe-Zeeland , c'est qu'à ]» mort d'un chef ses voisins se réunissent pour venir q)iiJer ses propriétés, et chacun s'empare de ce qui lui tombe sous la main. Quand c'est le premier chef d'une tribu qui vient à H mourir, la tribu tout entière s'attend à ^, être saccagée par les tribus voisines; aussi c'est pour eile un moment d'alarme et de désolation universelles. A moins qu'elle ne soit puissante et qu'elle ne compte un grand nombre de guerriers disposés à se défendre, la mort d'un chef entraîne la ruine de sa peuplade. Peut-être les ennemis ou les voisins d'une tribu choisissent-ils de préférence cette occasion pour l'opprimer, parce au'en ce moment, outre la perteoe son cnef, qui doit naturellement affecter son moral, un devoir religieux et indispensable commande à ses enfants et à ses parents de se livrer à un deuil absolu , et les empêche par conséquent de veiller à leur propre défense (*}.

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